Zoom sur le programme de la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie

Élue  par consensus, dit-on, et à huis clos le 12 Octobre dernier à Erevan en Arménie par les chefs d’États et de Gouvernements de l’Organisation Internationale de la Francophonie, la rwandaise Louise Mushikiwabo, ex ministre de l’information et ministre actuelle des affaires étrangères de son pays avait depuis bien avant reçue les soutiens de la France et de l’Union Africaine malgré les critiques à son égard dues notamment par sa promiscuité avec le président Paul Kagame, critiqué pour ses atteintes au respect des droits de l’homme mais aussi en raison de ses considérations francophiles jugées trop faibles (au Rwanda l’enseignement en français a été abandonné en 2010 en faveur de l’anglais).

Alors que nombre d’observateurs internationaux et d’analystes voient en son élection un compromis et des intérêts politiques, notre rédaction s’interroge toutefois sur le programme de cette nouvelle secrétaire générale de l’OIF, qui est devenue la seconde femme à occuper ce poste. Nous aborderons deux points essentiels à savoir celui relatif à la jeunesse et l’autre sur le rayonnement de la langue française.

La jeunesse (« c’est l’avenir », a-t-elle martelé)

« Le thème de la jeunesse et de son plein emploi est un thème qui me tient particulièrement à cœur […] La Jeunesse, c’est l’avenir’, ce n’est pas un slogan, mais bien une réalité concrète à laquelle il faut prêter une attention particulière. » Par ces mots de présentation publiés sur son site de candidature, Louise Mushikiwabo fait explicitement part de son intérêt pour les jeunes.

Dans une interview accordée en août dernier à l’AFP, elle exprimait déjà sa préoccupation concernant l’accès des jeunes du monde francophone à l’emploi et son inquiétude quant au taux de chômage élevé chez la jeunesse africaine.

Afin d’éviter que cette jeunesse « désespérée » et en proie à l’inactivité ne tombe dans la « radicalisation », ou « qu’elle en arrive à se jeter dans la Méditerranée », la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie compte tabler sur l’éducation et la création d’emploi. Le but : lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Plus concrètement, dans sa feuille de route, Louise Mushikiwabo dit vouloir renforcer « l’accès des jeunes aux activités visant à faire de l’innovation technologique, ainsi qu’aux nouvelles technologies de l’information et de la communication » et s’engage à « accompagner tous les pays qui le souhaitent à renforcer leur politique en matière de formation professionnelle et technique ». 

Promouvoir la langue française

Alors que, depuis 2010, au Rwanda les cours ne sont plus enseignés en français, mais en anglais, Louise Mushikiwabo estime que la visibilité de la langue française sur la scène internationale a encore du chemin à faire. Tout en admettant à l’AFP que « la Francophonie, c’est également le français dans sa cohabitation avec d’autres langues », et que, à l’instar du Rwanda, beaucoup de pays membres de l’OIF sont multilingues. Convaincue que la prépondérance de l’anglais n’entre pas en contradiction avec l’usage du français, Louise Mushikiwabo ambitionne de faire « valoir les avantages et les atouts » du français à l’international. Pour concrétiser ses aspirations, la nouvelle secrétaire générale de l’OIF entend accroître les actions et les initiatives visant l’enseignement et l’usage du français au sein des pays membres.

« Relever le niveau de cette organisation sur l‘échiquier mondial », est un des autres défis.

En somme, la nouvelle SG de l’OIF a lancé et réaffirmé sa volonté à poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, nous espérons toutefois que les enjeux politiques qui l’ont placée où elle est, n’entraveront pas ses idées et son programme pertinent, social et altruiste. Seul l’avenir nous le dira.

 

Kota Wali et Le Phénix