Plusieurs affrontements à caractère confessionnel ont opposé en ce début de mois d’août, deux communautés à l’est du Tchad, occasionnant plus de 37 morts en trois jours de combats : les communautés de cultivateurs à dominance chrétienne contre des éleveurs nomades et à dominance musulmane. Le président Idriss Déby a promis vendredi de mener une “guerre totale” contre les fauteurs de troubles.

Depuis des dizaines d’années, la province du Ouaddaï, zone de transhumance à la frontière avec le Soudan, est en proie à des conflits entre éleveurs nomades arabes et cultivateurs autochtones ouaddaïens. Les seconds reprochent aux premiers de détruire leurs récoltes par le passage de leurs bétails vers les pâturages.

Ces affrontements ont commencé lundi dans un village de la sous-préfecture de Wadi Hamra, où “le corps sans vie d’un jeune éleveur” a été retrouvé, entraînant des affrontements entre sa communauté et celles des agriculteurs ouaddaïens. La mobilisation des deux camps a été rapide et ils ont combattu avec des armes de combats. Le lendemain, d’autres combats ont éclaté dans un autre village du Wadi Hamra. Un chef traditionnel de la région estime à 25 morts le nombre de morts, tandis que le milieu médical assure qu’il y en aurait au moins 44. Des forces de sécurité, dépêchées sur place, ont essuyé de tirs, a expliqué le président Déby, qui a promis de se rendre prochainement sur les lieux.

Au départ confiné au Ouaddaï, l’animosité entre les deux communautés s’est déplacée depuis le début de l’année à d’autres régions “où la cohabitation était (autrefois) exemplaire”, a déclaré le président Déby. Selon lui, le regain de tension s’explique principalement par les nombreuses armes à feu en circulation au Tchad venues de pays voisins en proie à de graves conflits armés, comme la Libye, la Centrafrique ou encore la province du Darfour au Soudan.

« Le gouvernement a créé des unités spéciales pour le désarmement. Nous récupérons des armes mais (…) le lendemain, d’autres entrent encore », a déploré le chef d’État tchadien.

Dans l’est du Tchad, la multiplication des tensions s’explique également par la sécheresse et la pression démographique.

Ce genre de conflit est récurrent en Afrique centrale et occidentale, récemment, en début d’années, a eu lieu au Togo. A Lomé, un séminaire sur la conciliation des communautés peulhs nomades et cultivatrices locales est tenu dans le but de trouver des solutions idoines aux conflits entre ses communautés en Afrique. En République Centrafricaine, la disposition sur la transhumance a réglé en partie cette question en précisant les périodes de récoltes et de semence et les corridors de circulation des animaux d’élevages.

Le Phénix de DRN depuis Ndjaména.