Acclamé lors de leur départ de Bangui, c’est finalement le jeudi 21 juin 2018 que ce convoi des FACA est entré dans la ville de Bangassou située à l’est de la République Centrafricaine. Ces dernières ont été escortées par les forces onusiennes de la MINUSCA.

Il s’agissait d’une mission de déploiement des FACA. Non sans difficulté, elle a dû franchir des obstacles pour atteindre sa destination finale, notamment la traversée des villes de Bambari (ou elle y a séjourné quelques jours) et d’Alindao réputées bastions des groupes armés dont le plus important étant UPC du mercenaire nigérien Ali Darassa, membre de l’ex coalition séléka.

Bambari, située au cœur du pays, aurait dû être choisie comme capitale par le père fondateur de la République Centrafricaine. Elle apparait encore comme le carrefour incontournable de la RCA, permettant d’accéder à la plupart des grandes cités que compte le pays. Elle est devenue depuis 2014 un centre où transite armes et munitions des bandes armées.

C’est justement à Bambari que lors de leur passage pour se rendre à Bangassou par la voie terrestre que le convoi des Forces Armées Centrafricaines avec quelques instructeurs Russes a été pris à partie par les éléments du chef rebelle Ali DARASSA.

Selon les informations en notre possession, les véhicules de convoi des Forces Armées Centrafricaines avaient été interceptés sur une barrière sous le contrôle des casques bleus du contingent mauritanien pendant un long moment ce 10 juin 2018 et ce n’est qu’après échange que cette barrière a été levée pour laisser passer le convoi. Juste à quelques distances, les éléments de l’UPC de Ali DARASSA avaient ouvert le feu sur les militaires en partance pour Bangassou.

Durant cet accrochage, deux soldats Centrafricains et un instructeur Russe ont été atteint par balles dont la gravité serait minime selon le Ministère de la défense national. Lors de la riposte, l’on a enregistré plus de six morts du côté des assaillants selon les sources locales de la ville de Bambari.

Mme la Ministre de la Défense Nationale, Marie-Noël KOYARA condamne cette attaque avec la dernière rigueur avant de souligner que les autorités judiciaires s’y pencheront pour établir la responsabilité des uns et des autres avant de saluer la détermination des Forces Armées Centrafricaines malgré qu’elles aient été lâchement attaquées. Pour elle, cette attaque ne va en aucun cas raccourcir la mission qui est déjà engagée dans le cadre de la sécurisation de la population civile qui souffre sous le joug des tortionnaires. Elle a aussi rappelé tous les groupes armés au respect strict des accords du DDRR dans le but de faciliter la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué publié le 11 juin 2018, les instructeurs Russes admirent la mise en application des techniques de combat par les Forces Armées Centrafricaines qui, selon eux, ne baisseront jamais les bras devant l’ennemi du peuple qu’elles sont censées protéger.

Rappelons que cet accrochage est le tout premier entre les Forces Armées Centrafricaines et les éléments de l’UPC de Ali DARASSA depuis que la kyrielle de résolutions des Nations-Unies visant à maintenir l’embargo. Même partielle, cette embargo pèse encore sur les armes en destination de la République Centrafricaine dont elle prive les FACA.

Par ailleurs, cet accrochage intervient quelques jours après la frappe des casques bleus du contingent portugais contre les éléments du chef rebelle de l’UPC ayant occasionné plusieurs morts et blessés dans le rang des rebelles.

Et pour le moment, la population de la ville de Bambari vit dans la peur à cause des représailles que peuvent poser les éléments de l’UPC du chef rebelle Ali DARASSA dans cette ville pourtant déclarée sans arme selon les termes de la Minusca.

Et en ce jour, va-t-on encore dire que Bambari est une ville sans armes ? That is the question !

Cependant, le convoi de Bangassou est un vrai espoir pour le rétablissement de la paix en RCA. Il y avait un an, il était encore impossible de s’imaginer quelque chose de pareille. Les FACA avaient effectivement quitté Bangassou depuis 2014, après la prise de pouvoir par la séléka. Dans la région, les forces spéciales américaines traquaient Joseph Kony, chef de la LRA, rébellion ougandaise présente en Centrafrique, en RCA et au Sud Soudan, puis leur succèdent il y a quelques mois seulement après leur départ, des forces ougandaises positionnées dans la localité pour traquer la LRA (l’armée de résistance du Seigneur).

Rappelons qu’il y a un peu plus d’un mois, sous les auspices des leaders religieux dont le Cardinal Dieudonné Nzapalainga et l’Imam Omar Kobine Layama, musulmans et chrétiens de Bangassou avaient signé un accord de paix en demandant par mémorandum aux autorités de déployer les FACA le plus rapidement possible à Bangassou. La promesse de Touadera de répondre favorablement à cette sollicitude est finalement devenue réalité avec le succès de ce déploiement.

Voilà qui rassure quant à la vision du Chef de l’Etat qui a insisté pour que la République centrafricaine dispose désormais d’une « armée de garnison » plutôt qu’une « armée de projection » comme ce fut toujours le cas. Ce déploiement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à Bangassou intervient peu de temps après celles de Paoua et de Sibut. La Ministre de la Défense Koyara a annoncé qu’un déploiement à Bambari et Kaga Bandoro suivra très prochainement.

Ces nouveaux déploiements annoncés sont attendus avec impatience car aux dernières nouvelles, les éléments de l’UPC qui auraient pris fuite vers Kaga-Bandoro sont encore revenus à Bambari. Si certains parlent d’un repli stratégique, c’en est bien un. Le Vicaire Général du diocèse vient d’être assassiné y a deux jours.

Le Phénix et Ben