Une crise post-électorale ?

Voilà près de deux semaines que les congolais connaissent le résultat des élections présidentielles. Publié depuis le 30 Décembre 2019 par la commission électorale nationale indépendante (CENI), il donne Félix Tshisekedi victorieux, devant l’opposant Martin Fayulu et Emmanuel Shadary, candidat du pouvoir. Automatiquement, des rédactions négatives tant nationales qu’internationales se sont fait suivre :

– Martin Fayulu a dénoncé les résultats et a évoqué un « hold-up » électoral et a saisi la Cour Constitutionnelle.

– La France par la voix de son 1 er diplomate, Jean-Yves Le Drian a mis en doute le résultat de cette élection.

– enfin la Conférence des Evêques de la RDC (CENCO) a affirmé que les résultats ne correspondaient pas à leurs observations.

Ces réactions ont laissé place pendant quelques jours à des manifestations de plusieurs partisans de l’opposant Martin Fayulu dans plusieurs villes du pays. L’AFP a dénombré quelques morts et plusieurs blessés.

Ce mardi 15 Janvier, le Conseil de sécurité de l’ONU, sur demande française, a adopté un communiqué relatif à ces élections. Elle a salué le bon déroulement de ces élections et a appelé les parties prenantes à respecter l’issue du scrutin tout en rappelant que les litiges devront être traitées par des « sages » (sous-entendu, légalement par la Cour Constitutionnelle). La Chine et l’Afrique du Sud, membres du Conseil de sécurité, s’en satisfont et ont donc accepté une déclaration qui salue le bon dérouler du scrutin sur le fond et prend note des résultats annoncés la semaine passée. Sur la forme, le Conseil reconnaît les challenges techniques, sécuritaires et logistiques qui ont entouré la tenue de ces élections, et souligne la nécessité pour toutes les parties de réaffirmer l’intégrité du processus électoral, de respecter les résultats du scrutin, de défendre la démocratie et de préserver la paix dans le pays.

Alors que le pays retient son souffle dans la publication prochaine des résultats définitifs après avoir évacués tous les recours, l’on est en droit de se demander s’il y aura crise politique ou contestations violentes après la publication prochaine des résultats définitifs ? Bien que tous les ingrédients semblent assemblés, l’on ne peut que jeter un regard d’espoir à la RDC et appeler les congolais à éviter le spectre d’une crise post-électorale.

Le Phénix de DRN