L’identité première d’un peuple passe par sa langue et son écriture. Et la survie de cette entité identitaire (la langue) passe aussi par sa réactualisation et son enrichissement lexical. Une langue doit rester vivante de manière à la valoriser le peuple à qui elle revient de droit comme richesse et distinction culturelle. 

Développée sous plusieurs angles comme faire parler, faire écrire ou faire apprendre, la langue devient un atout diplomatique et géopolitique en 21e siècle. Le contact de l’Occident avec l’Afrique a permis à tous les pays africains colonisés d’avoir comme langue officielle qui est la langue du colonisateur. Ainsi le Centrafrique parle le Français comme tant d’autres pays colonisés par la France. Voilà pourquoi, les grands écrivains centrafricains d’antan comme M. Etienne GOYEMIDE, M. Faustin NYAMOLO ou M. Pierre SAMMY MACKFOY…ont, dans leurs parcours littéraires, valorisé la langue française. Il faut aussi préciser qu’avec plus de 300 millions d’adeptes dans le monde, le français occupe la 5e place parmi les langues les plus parlées au monde après le mandarin (Chine), l’Anglais, l’Espagnole et l’Arabe

Depuis l’explosion démographique en Afrique, celle-ci favorise énormément la santé de cette langue française dans les prochaines années.

La survie de cette langue française a été prise à bras le corps par l’Académie Française, cette institution française fondée en 1634 et officialisée en 1635 par le cardinal de Richelieu, dont la fonction est de normaliser et de perfectionner cette langue populaire qui est le français. Elle s’est fait un devoir de faire évoluer cette langue en ajoutant ou en retirant certains mots susceptibles de conserver le caractère vivant de la langue française. Pour rendre cette langue immortelle et plus attrayante, l’Académie Française encadre son évolution par la suppression, l’acceptation de certains mots venus de par le monde dans un lexique comme sous l’appellation de dictionnaire. Il reste l’ouvrage de référence des mots employés en Français, ayant le droit de répertorier ces mots vivants. Le 29 juillet 1905, le monde francophone a vu la naissance du dictionnaire Petit Larousse illustré sous la direction de M. Claude AUGÉ (petit-neveu par alliance de M. Pierre Larousse). Et ce dictionnaire se réactualise à chaque temps depuis sa sortie officielle. Pour la nouvelle sortie prévue en 2020 avec plus de 150 nouveaux mots rassurant sa mise à jour formelle, le dictionnaire Petit Larousse illustré a vu des mots venus des quatre pays africains dont le Centrafrique. Parmi ces nouveaux mots entrés dans le Petit Larousse illustré  de 2020, quatre mots viennent d’Afrique à savoir : l’alphabète (Burundi, Maroc), Boucantier (Côte-d’Ivoire), taxieur (Algérie), puis enfin quinine (Centrafrique) qui désigne simplement  tout médicament en comprimé. Depuis belles lurettes, le centrafricain confond nationalement la quinine qui est un analgésique antipaludique avec tout autre médicament en comprimé et cela était un sujet de petites moqueries dans le monde linguistique de la sous-région de l’Afrique Centrale. Et l’Académie française qui est la haute autorité de régulation de la langue française lui donne valablement raison en inscrivant avec une définition plus claire de ce mot quinine dans le dictionnaire Petit Larousse illustré qui sera paru en 2020. 

Cette réactualisation de la langue française honorant le Centrafrique est une très belle occasion permettant aux centrafricains d’aimer davantage cette langue si riche en mots en parallèle avec la langue nationale le Sango.

Cet honneur prestigieux accordé par l’Académie Française permet de formuler à travers cet article une urgence ressentie depuis des années par la jeunesse centrafricaine. Celle d’avoir une bibliothèque nationale construite en collaboration avec la coopération française. Nous félicitant des efforts de la coopération culturelle française immortalisés par la réalisation des projets culturels encadrés par le service culturel de l’ambassade de la France à Bangui et l’Alliance France de Bangui(AFB) en Centrafrique, nous signalons la remise d’un bibliobus (un bus transformé en bibliothèque) ayant la capacité de 6000 ouvrages, offert le 12 juin 2019 par le projet de l’ONG Awatole Solidarité Internationale financé en grande partie par l’Agence française de développement et la mairie de Meaux en France. Ce don favorisera la lecture par la jeunesse centrafricaine des livres en français, encouragera cette dernière à se donner à la langue française et à pousser à la culture de cette langue. Le Centrafrique trouve toujours du plaisir à suivre les pas des ainés, grands auteurs français et nationaux, de sorte à mieux parler la langue française. 

 

Vive la coopération culturelle franco-centrafricaine !!!

 

Le Centro Rassembleur