Si vis pacem, para bellum (qui veut la paix, prépare la guerre) est une locution latine utilisée par beaucoup pour justifier la course aux armements, soit pour de visées guerrières et expansionnistes mettant en danger l’équilibre du monde, soit pour se protéger des envahisseurs. 

Cette locution semble être utilisée ces derniers temps en Centrafrique pour exiger de la communauté internationale et des Nations Unies, le réarmement des Forces Armées CentrAfricaines. Face militairement aux groupes armés pour imposer la paix. Aussi vrai que le centrafricain se soucie tellement de la paix, et qu’il essaie tous les moyens qui l’y dirige, aussi vrai pour être porté vers de la tranquillité et l’accalmie, il faut éviter de nouvelles violences. La population est sortie plusieurs fois dans les rues de Bangui pour exiger le réarmement de l’armée centrafricaine seule possibilité pour une paix durable selon elle. 

Mais le Centrafrique aura-t-il sa paix que par le réarmement de l’armée centrafricaine ? 

L’entrée très sanglante de la Seleka couronnée par leur prise de pouvoir à Bangui en 2013 a mis en évidence la difficulté de l’armée centrafricaine à jouer son rôle indispensable pour la protection d’un peuple (manque de discipline, d’équipements, d’organisation …). Et dans l’exercice du pouvoir du nouvel homme fort de Bangui à l’époque M. Michel DJOTODIA, la non maitrise de la situation sécuritaire et l’évidence d’une réplique par quelques éléments des Forces Armées CentrAfricaines a poussé l’ONU à décréter en 2013 un embargo sur les armes en Centrafrique, dans l’optique de prévenir ou d’arrêter des massacres massifs. 

Cette prévention de couper le ravitaillement en armes des factions militaires en conflit dans l’espoir de voir la crise s’atténuer était acclamée par beaucoup à travers le monde. Néanmoins cela n’a pas empêché un embrassement de la situation, engendrant des conséquences très dommageables pour le peuple centrafricain jusqu’au départ de DJOTODIA. Nous connaissons tous la suite avec la réaction à connotation de vengeance meurtrière des antibalakas. 

Ainsi les deux factions en présence ont rendu la vie très difficile aux populations centrafricaines de différentes localités. Et il fallait à tout prix sauver le peuple centrafricain de leurs griffes. Toutes ces actualités ont compliqué la tâche des experts qui se sont toujours penchés sur cette crise centrafricaine afin de trouver une approche de solution. 

Au retour à l’ordre constitutionnel depuis 2016 par l’élection du président M. Faustin TOUADERA, la communauté internationale dans son apport de la recherche des solutions appropriées à cette crise sanglante a redonné confiance à la reconstitution d’une armée républicaine et pluriethnique. Ces efforts toujours déployés en commun accord avec le gouvernement centrafricain et certains groupes armés œuvrant aussi pour la paix ont permis de mettre en place des jalons de la paix. 

Après plusieurs consultations, cela a payé par la signature le 06 février 2019 de l’accord de Khartoum. Et cet accord continue de faire son petit chemin pour le bien du centrafricain malgré quelques difficultés rencontrées ou érigées par ceux qui ne veulent pas que cette crise finisse. De bonnes perspectives pour l’armée centrafricaines sont en vue : comme sa formation, son équipement et son redéploiement dans les zones occupées par les groupes armés. 

Il est à rappeler que la France et la Russie jouissent d’une exception sur cet embargo des armes vers le Centrafrique, ce qui a permis un minimum de ravitaillement en équipement militaire pour l’armée centrafricaine et la formation de quelques corps habillés formant cette armée. La Russie et la France se sont vraiment investies pour l’élaboration de bons plans pour rendre efficace cette armée. Un travail de fond très professionnel continue de se faire dans l’intérêt de tous les protagonistes de la crise centrafricaine dont le plus grand bénéficiaire serait le peuple centrafricain. Les forces onusiennes sont mandatées d’imposer le calme mais dans le calme, suivant les avis des uns et des autres et non par la violence.

Les sorties médiatiques floues et répétitives de certains politiques, égrenant sans répit des arguments égoïstes et politiques contre l’accord de Khartoum, entrainent des incompréhensions et confusions. En effet, depuis la feuille de route de l’Union Africaine jusqu’en ce jour, certains nous font croire que seule la guerre facilitera le retour de la paix en Centrafrique. Pour d’autres, il faut un soulèvement des voix contre l’embargo ce qui permettrait aux militaires centrafricains d’être réarmés, formés et équipés pour un possible positionnement afin de reprendre des villes occupées par les groupes armés.     

Une enquête des nations unies indique que l’idée d’enlever l’embargo sur les armes en Centrafrique pousse les groupes armés à se réarmer de plus sur le marché noir pour se préparer à des attaques surprises des forces armées centrafricaines. Cette manière de faire est inquiétante et relance l’idée d’un embrasement. Nous encourageons tous la mise en place des Unités Spéciales Mixtes de Sécurité (USMS) lancée dans la ville de Bouar et regroupant les forces armées centrafricaines et les éléments de certains groupes armés pour travailler ensemble dans les zones encore sous contrôle jadis spécifique des groupes armés. Ces initiatives favorisent énormément l’entente et la cohésion, seuls chemins de la paix souhaitée de tous. 

Le plus beau combat est un duel qui se transforme en duo… Tant qu’il n’y aura pas un climat calme, la levée de l’embargo sur les armes en Centrafrique entrainera une course au réarmement de tous les protagonistes mettant en danger la réalisation complète des accords signés. Elle nous exposera tous à une méfiance de l’autre et un moindre geste incompris serait fatal pour la paix en Centrafrique. Le chemin de la paix n’est jamais long et cela doit passer par certaines étapes très indispensables pour une mise en place des stratégies pour garantir sa conservation. 

Nous avons l’obligation de respecter nos engagements pris en face de la communauté internationale et du peuple centrafricain à ne chercher que la paix.  Que l’idée de la paix soit primée par rapport à celle du réarmement qui fait planer un doute sur des engagements pris et pousse les uns et les autres à se positionner pour des éventuelles hostilités. L’armée centrafricaine doit prendre du temps pour sa reconstruction. Patiemment et dans la quête d’unité, de performance, d’efficacité, de discipline, d’équipement, elle finira par jouer pleinement son rôle de protection du peuple centrafricain et du territoire centrafricain.  Il est hors de question de se précipiter pour une chute libre fatale pour le peuple.

Chaque guerre retrouve toujours sa paix respective…

Le Centro rassembleur