A l’heure où la question de la sécurité continue à être traitée dans le pays, le Centrafrique se bat en collaboration avec la communauté internationale pour trouver une sortie à cette situation militaro-politique désastreuse qui perdure. Nous nous trouvons en ^plein cœur de l’Afrique. Des nombreux efforts déployés par le gouvernement pour atténuer l’intensité de cette crise, certains se butent toujours à de difficultés géopolitiques et géostratégiques.

En effet, de par sa situation géographique, la RCA est entourée de pays sortant ou vivant encore avec de séquelles visibles des années de guerre. Nous nous posons la question : la paix en Centrafrique n’est-elle pas victime aussi de cette situation géographique ?

Depuis les crises militaro-politiques éclatées en Centrafrique, des voix se font toujours entendre, accusant les chefs de factions armées de recruter des mercenaires dans les pays voisins. En 2003 la majorité des éléments qui ont accompagné BOZIZE à prendre le pouvoir à Bangui étaient de nationalité de pays limitrophes. Cette manière de recrutement des éléments extérieurs pour la former un groupe armé continue de se faire face à l’impuissance des pouvoirs successifs en Centrafrique. Il faut y mettre fin. Le Soudan et surtout le Sud-Soudan regorgent d’anciens combattants prêts à s’enrôler pour gagner leur vie avec des armes. Le Tchad aussi avait connu une guerre durant d’une vingtaine d’années, mettant beaucoup sur le chemin d’exil d’anciens combattants. Pareil pour les deux Congo.

A cause les frontières poreuses de ces dernières années, il est trop facile pour des éléments à la recherche de gains faciles, avec une histoire guerrière et de moralités douteuses, de rentrer sur le territoire centrafricain. Ces bandits annihilent toutes les tentatives de sécurisation et de rétablissement de cohésion sociale totale entre les Centrafricains. Beaucoup de langues se délient affirmant que l’histoire un peu tumultueuse des pays frontaliers de la République Centrafricaine est un frein à la réconciliation en Centrafrique. Cette crise aide beaucoup de jeunes désœuvrés recrutés dans ces pays voisins à s’enrichir illégalement en de temps record ce qui accentue la création d’autres groupes armés et leur entêtement à ne pas vouloir cesser les hostilités.

Beaucoup de centrafricains ne se reconnaissent plus dans certaines revendications faites dans les pourparlers. Il n’y a aucun intérêt national recherché et souvent la non maitrise de la langue Sango parlée sur toute l’étendue du territoire centrafricain par les représentants des factions fait penser à beaucoup de chose.

Il ressort de tout que les frontières non contrôlées deviennent la base arrière par la plupart des groupes armés. Le blanchiment d’argent, le commerce et la circulation illicites des armes favorisent un prolongement sans fin du conflit. Les richesses minières (or, diamant…), objet de convoitise, poussent certains à ignorer les appels à cessation d’hostilités lancés par la communauté internationale. Beaucoup de factions ne sont pas prêtes à laisser les armes pour le bien de la paix.

Etant aussi un pays où la forêt occupe une plus grande partie du territoire (92.500 km2 sur les 623.000km2) rendant ainsi difficile le contrôle du territoire, il est facile pour les groupes armés de trouver des gites et procéder à la formation de leurs troupes.

Aussi, un pays voisin comme le Soudan n’est pas signataire de la Cour Pénale Internationale. Sans crainte d’arrestation, les chefs de groupes armés y circulent librement, nouant des contacts pour des affaires louches. Enfin ces insécurités permanentes à nos frontières ne favorisent pas le rapprochement entre les états et les commerces bilatéraux.

Au nom de la relation de bons voisinages, nous réitérons haut et fort à travers cet article le souhait de voir nos pays voisins contrôler strictement leurs frontières et d’interdire aux persécuteurs du peuple centrafricain de circuler sur leurs territoires. Cela supprimera les bases arrières.

Et aussi nous félicitons les autorités tchadiennes pour la réouverture et le contrôle de la frontière avec le Centrafrique. Cela est bénéfique au ravitaillement en bétails vers le Centrafrique. Une bonne relation sous régionale dépendra de l’assainissement sécuritaire et douanière frontalier, vecteur de libre circulation et producteur de richesse par le biais des échanges bilatéraux.

Le Centro Rassembleur