CHANGEONS !

Pour transformer son pays, un changement de comportement est exigé… de tous !

Dans chaque démocratie, le citoyen se doit d’observer quelques limites. Critiquer le pouvoir en place est un droit, un exercice démocratique. Mais il y’a aussi l’autre versant du droit qu’est le devoir. Le devoir de respecter les règles démocratiques qui régissent la liberté d’exercice du droit par tous. Dans les deux cas, il y’a de la part du citoyen, la nécessité  de prendre de la hauteur, faute de quoi, le désordre et la confusion s’installent !

Retour sur quelques éléments de factuels.

Les habitants de Bangui se sont plaints du manque d’eau (bidons jaunes). Cette plainte légitime a malheureusement été aussi l’occasion de quelques tentatives d’instrumentalisations. D’aucuns dirons, c’est la politique et ils ont raison ;  et pourtant le même problème durait depuis des dizaines d’années, même s’il s’est accentué cette année du fait d’une très faible pluviométrie qui a vu le niveau du fleuve Oubangui baissé, rendant difficile le tirage de l’eau.

La réponse du gouvernement ne s’est pas fait attendre. Aussitôt a été lancé le projet d’installation de forage un peu partout. Une solution de gestion durable de la crise d’eau dans Bangui qui n’a pas échappé aux habitants de Bangui. Pour finir, les populations sont contentes des travaux en cours et des solutions concrètes aux problèmes d’eau entreprises. Nous constatons depuis lors que les plaintes des habitants ont disparu, car les solutions sont là et en cours. Il faut se satisfaire tous que cette crise ait pu être réglée enfin et pour très longtemps.

Le peuple s’est ensuite plaint du manque d’énergie. Pareillement, il faut noter que ce problème datait depuis plusieurs régimes. Etant dans ses droits de se plaindre et de demander aux autorités des réponses immédiates, celles-ci ont pris le problème à bras le corps avec plusieurs projets énergétiques qui feront que d’ici un an et demi, la RCA aura même de l’énergie à vendre. En effet, l’ensemble des projets actuellement initiés par le Pouvoir amènera la RCA à avoir une capacité énergétique de 65 méga watts, alors que ses besoins énergétiques sont évalués à 35 méga watts.

Mais en attendant, des solutions temporaires quoique insatisfaisantes, sont trouvées.

Pour revenir sur l’accord de Khartoum, il est clair que pour aller à la paix, il faut oser. L’accord de Khartoum est destiné à apporter la paix, voilà pourquoi il est mis en l’œuvre. Mais de temps à autre, des violations sont constatées, menées par certains groupes armés. Il est compréhensible que le peuple appelle à la prise de certaines mesures. Et le gouvernement les exécute mais conformément aux dispositions de cet accord qui a prévu à juste titre toutes les dispositions à prendre en cas de non-respect par l’une ou l’autre des parties.

Toutefois à Bangui, l’une des anciennes pratiques politiques est d’exiger sa participation au pouvoir, sans avoir été élu, sinon ce sont des critiques à n’en finir. L’on crée des menaces et chemin faisant, l’autorité en place finit par faire appel aux auteurs des critiques. Cela a toujours ainsi fonctionné.

Malheureusement ou heureusement, cela semble n’être plus le cas aujourd’hui sous le régime Touadéra. Alors, l’on guette les occasions pour vociférer attendant d’être appelé. Ce type de sport national bien connu est malheureusement pratiqué par des acteurs, des intellectuels, des politiques, etc. qui finissent par biaiser leur raisonnement et se focaliser sur une critique quasi dogmatique au lieu de participer sainement à la vie de la nation.

Toutefois, nous notons qu’un parallèle peut être fait avec la présence des groupes armés dans l’actuel Exécutif, sauf que nous sommes dans le cadre d’une dynamique de sortie de crise, avec notamment l’application de l’accord de paix conclut à Karthoum et signé à Bangui

Le changement des mentalités passe par un travail sur soi. Le contexte de tension actuelle préoccupe et absorbe une bonne partie des énergies positives utiles à l’apaisement.

Nous avons clairement choisi le chemin de la paix. Ce dernier n’est pas linéaire. Il faut, bien évidemment des améliorations ici et là au niveau du gouvernement de certains mécanismes et de certaines pratiques.

Voilà pourquoi, toute raison gardée, il faut éviter de provoquer le chaos pour la simple raison de penser que l’on fera mieux ou que l’on souhaite être associé à l’exercice du pouvoir.

La réussite du relèvement de la RCA est de la responsabilité de tous. Pouvoir, Opposition, Société Civile, Organisations religieuses, etc.

Un vent de tempérance et de responsabilité doit à nouveau souffler sur le pays afin que la normalité des choses prenne le dessus.

Notre pays est encore fragile, très fragile. C’est donc avec une tempérance, un équilibre intelligent et responsable, une modération, une responsabilité individuelle et collective, que nous parviendrons à son  relèvement.

Guira W.