La littérature dans sa définition la plus simple est l’ensemble des productions littéraires d’une nation, d’un pays, d’une époque. Elle est une arme très puissante utilisée pour faire perdurer une histoire, une culture, pour dénoncer, pour expliquer, revendiquer des changements voulus à une époque. En effet, elle s’est toujours préoccupée à laisser des traces écrites des grands évènements de l’histoire à disposition de la génération future. Une fois d’accord sur ce principe, le Centrafrique est rempli d’intellectuels du monde littéraire qui vivent l’une de ces périodes les plus dures de notre histoire. Où sont-ils, que font-ils ? La situation très dramatique est dénoncée par le monde entier et fait l’objet de plusieurs réunions internationales dans le but de trouver une approche de solution. Mais nous constatons un silence littéraire centrafricain qui ne favorise pas l’accompagnement de ces étapes institutionnelles évolutives dans la recherche de la paix.  

Cela engendre une question : la littérature centrafricaine se soucie-t-elle de la paix ?

 

La littérature constitue un moyen d’expression à la portée de tous pour éclaircir une situation à caractère communautaire. Nous nous rappelons encore de l’importance de la littérature dans ces grands combats idéologiques de droits humains menés dans le monde. La littérature sud-africaine s’était positionnée à la première ligne dans la lutte contre l’apartheid, celle des noirs américains dans la reconnaissance de leurs droits de vivre comme des humains sur le territoire américain. Aussi, la revendication de la culture noire a été portée par les grands littéraires africains ou d’origine africaine.  Le travail de mémoire incombe aux hommes de lettres et aux artistes. Son manque, son inexistence ou son irrégularité constatés en Centrafrique me semble assez unique. En effet, si les crises ivoiriennes, tchadiennes, congolaise ont inspiré beaucoup d’œuvres littéraires et artistiques dans le sillage de la réconciliation et de la paix, celle de Centrafrique fait un peu défaut. Depuis des années, le peuple centrafricain et ses amis vivent une situation très difficile provoquée par des incompréhensions politico-sociales qui ont conduit à des meurtres inutiles. Et des voix littéraires ou politiques se sont soulevées de par le monde pour provoquer des débats sérieux pouvant permettre ou pousser les belligérants à cesser de prendre le peuple en otage. Il est loin de trouver une multitude des œuvres littéraires traitant les méfaits, les dangers et les réalités de la crise centrafricaine.  Pourtant, une littérature se développe quand la condition sociale, politique, militaire ou culturelle est entaillé d’incompréhensions et d’angoisse. Il devrait être normal que cette littérature s’y intéresse. Voilà pourquoi nous encourageons à travers cet article tous les artistes et hommes lettres qui font déjà des efforts certes, d’œuvrer en ce sens, à l’exemple de M. Didier KASSAï  avec son œuvre en bande dessinée Tempête sur Bangui relatant les faits meurtriers passées à une époque donnée à Bangui (Centrafrique), de M. Sébastien Noël pour son œuvre Dans l’impasse du conflit centrafricain , de M. Clotaire Saulet SURUNGBA pour son œuvre la centrafricanité, antidote de la crise et de M. Charles Lasserre Yakite pour le désarmement des groupes armés en Centrafrique…  

 

Les paroles s’envolent mais les écrits restent dit-on. Les deux guerres mondiales ont fait couler beaucoup d’encres. Les causes, les conséquences et les faits de cette bévue humaine sont consignés grâce à des hommes de lettres pour leur génération. Nous déplorons ce désintéressement de la littérature centrafricaine face à la recherche d’un retour de la paix en Centrafrique. Sur quoi la génération future se basera-elle pour tirer des leçons afin de faire des efforts pour vivre en harmonie dans le futur ?

Nous rappelons fortement que cet article n’a aucun intérêt de dénigrement pour le monde littéraire centrafricain mais d’attirer l’attention et de booster leur rôle majeur dans le processus de réconciliation. Il est très capital que tous ceux ou toutes celles qui ont un penchant vers l’écriture de s’y intéresser pour léguer un très bon témoignage littéraire de cette calamité qu’a connue le Centrafrique du 21e siècle.

 

« Un peuple sans histoire est un monde sans âme ».

 

Le Centro Rassembleur