Panafricanistes, réveillons-nous !

 

Quels bals des experts ? Quels sommets de Chefs d’Etats ? Quelles négociations en apartheid avec la France ? De tout, de tous, disons catégoriquement non au complot des coulisses qui ne dit pas exactement son nom, mais qui se prépare en sourdine entre palais pour la reconduction déguisée du franc CFA !

En effet, 14 pays furent emprisonnés 74 ans par la France sous un régime monétaire mafieux dit « CFA » (depuis le 26 Décembre 1945). Ce Franc, franc des Colonies Françaises fut transformé de convenance avec nos pères des nations en Franc de Communauté Financière Africaine en Afrique de l’ouest (pour l’UEMOA), puis en Franc de la Coopération Financière Africaine centrale (pour la CEMAC). 

Aujourd’hui, loin de nos yeux et de nos oreilles d’incultes, d’habitués aliénés, quelques initiés aux faux combats du pouvoir dans des états unitaires dépendants sont entrain de marchander l’espoir continental de libération du joug du CFA, tandis que s’estompent paradoxalement les cris des Panafricanistes. 

En bien, en mal, laisser faire cependant aux seules mains de traitres dirigeants ou desdits « experts » corrompus des institutions serait fatal pour plusieurs décennies encore. Car, en effet, la question de la monnaie, étant directement liée à la souveraineté, devrait retenir à jamais nos regards plus que toutes autres luttes en vogue actuelles sur le continent. 

Mais, c’est au grand dam des peuples africains concernés et loin de tout soupçon, que la sentence contre 14 pays d’Afrique se fomente lentement et surement, en coulisse avec des valets complices aux sommets de certains de nos Etats et de nos institutions.

 

Sommes-nous en 1945 ou encore dans les années 58-60 ? Même à ces époques, De Gaulle a joué vicieusement à la démocratie avant d’y opposer la FrançAfrique pour reprendre la main.

Aussi récemment, pour adhérer à l’EURO par exemple, chaque pays européen, sans imposition et pression aucune, en toute souveraineté d’abord nationale, a fait recours à sa population, à son parlement national, à ses institutions, à ses experts : rien n’était caché sous le soleil. Et ce n’est qu’après que leurs décisions se sont faites enrichies, confrontées avec celles des experts pour rendre pratique la volonté populaire affirmée des peuples de plusieurs pays d’Europe à jouir d’une monnaie commune et unique.

Mais en Afrique, bastion de l’exploitation impérialiste, plusieurs luttes en ce moment y sont de vrais faux combats, paravents dressés pour détourner des combats d’émancipation. Dans mon village, il est dit : « c’est dans la fumée du feu de brousse que la perdrix se fait aisément chasser ». En effet, nos élites sont encensées par une démocratie utopique qui exacerbe les luttes et divisions internes: l’on nous gargarise de groupes armés et d’armes pour créer l’anarchie, le meurtre et le pillage deviennent des préoccupations tactiques oligarques. Aussi, des groupes religieux sont positionnés en chienlit de chapelles… Dans tous les cas, tout est bien organisé pour que l’africain se batte contre d’autres compatriotes ou d’autres africains. Emmêlés dans ces tournures, mode de démembrement pour la fragilisation de nos nations, les appâts occidentaux (le multipartisme, la démocratie, l’intégrisme religieux, et l’attrait pour le capitalisme oligarque), nous font fait donc de faux combats à la con, insufflés par le système d’exploitation impérialiste pour détourner de la marche libératrice des états du continent, la dialectique hégélienne de l’histoire. 

Un des exemples patents est celui du franc CFA. Ni les collectifs contre ce franc, ni les rares intellectuels africains qui soutiennent son abandon, ont eu de l’audience nécessaire pour changer la donne et pousser à la création d’une nouvelle monnaie africaine. 

Si tant est salvateur pour nos pays ce franc CFA, pourquoi vouloir nous l’imposer coûte que coûte ? Pourquoi vouloir en parler aujourd’hui qu’en catimini ?

Bernés par quelques membres extravertis de l’intelligentsia ou quelques chefs d’Etat, la question du FCA n’agrée guère d’unanimité au sein des intellectuels, des experts et des chefs d’État eux-mêmes. L’origine de cette monnaie est « nazie », copiée-collée par De Gaulle et appliquée aux colonies pour l’effort de guerre, puis dans quelques ex-colonies françaises d’Afrique et les Comores pour une mainmise sur la souveraineté.

Des présidents se sont faits tuer (OLYMPIO du Togo par exemple), d’autres diabolisés (SEKOU TOURE de la Guinée Conakry) ou évincés du pouvoir (Modibo KEITA du Mali). 

Est-ce une affaire de coulisses de palais ou des réunions de Chef d’Etat que de parler de la souveraineté monétaire du franc CFA ? En effet, ceux qui en souffrent ne sont certainement pas ces traites présidents et experts qui sont entrain de nous l’imposer et de replonger nos États dans la même servitude monétaire ad vitam aeternam alors que plusieurs voix, depuis les années 60, crient ras-le-bol pour quitter l’emprise nazie du CFA et qu’en ce moment, l’heure est venue !

Aussi, autant nous reconnaissons les mécanismes de soudoiement du vote par les élus dans nos assemblées nationales africaines, autant les fraudes référendaires sont prolifiques dans nos pays. Que faire donc ?

Ma proposition : le référendum, un moindre mal. 

A ce niveau, comme à l’ère de nos « indépendances », les peuples africains pourraient s’édifier sans tabou sur le parcours avec le CFA et voter avec « conscience ». Par ailleurs, avoir une monnaie coloniale n’est pas un véritable problème si celle-ci sert normalement les intérêts des Etats. Le souci majeur ici est que la politique de cette monnaie des CFA, à l’instar du Gouvernement de Vichy de l’époque avec le compte d’opération, a complètement inféodé nos Etats et constitue depuis lors une menace permanente pour nos économies, pour nos politiques et pour nos développements. La stratégie de la FrançAfrique a vraiment été l’assommoir faisant de cette monnaie fasciste : voilà pourquoi l’Afrique la combat. 

Dans un plausible débat de campagne contre un oui ou un non, tout bénéfice reviendra enfin aux peuples africains et français de s’informer, de connaitre tout ce que la France oligarque y gagne au détriment de nos états et de la France, avant de proposer toute éventuelle reconduction. La France serait-elle folle de perdurer dans ce « nazisme monétaire » dès lors où avec un vote, elle courait un gros risque du NON à la reconduction ? Ne ferait-elle pas de meilleures propositions de parité ? 

En définitive, avec un débat ouvert et contradictoire, nous partirions chacun pour sa part gagnant-gagnant et pour une nouvelle aventure monétaire quelle qu’en soit la nouvelle dénomination. 

Réalisme oblige, la France n’aspirera pas laisser filer les 14 Etats qui la nourrissent si bien, de peur de dégringoler du rang des nations les plus huppées. C’est clair.

Déjà, voyez-vous, je suis stupéfait car de moins en moins la voix des Panafricanistes résonnent : Ont-ils la bouche pleine ? That’s the question !!!!! 

Insurgeons-nous à tout prix contre les coulisses de la reconduction du franc CFA et demandons un référendum afin de décider.

 

La Pierre Angulaire