LETTRE OUVERTE
Nécessité du recadrage des faits, meilleure compréhension oblige…

Monsieur Johnny Yannick NALIMO, Journaliste de formation, Manager du site d’informations en ligne Kangbi-Ndara et chef de service en matière de Communication au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, en date du 23 Octobre 2019 a publié un article sur son site d’information, dans la rubrique ‘’ actualité ’’, intitulé « Trahison diplomatique : Johnny Yannick Nalimo saisit de nouveau le président Touadera ».
Monsieur aurait souhaité, dans cet article, informer le chef de l’Etat sur un prétendu fait de trahison. Mais dans sa forme et fond, cet article a directement ciblé le Premier Ministre, chef du Gouvernement, Son Excellence Firmin NGREBADA et le Ministre en Charge du Secrétaire Général du Gouvernement, Son Excellence Maxime BALALOU, comme agissant dans le dos du président de la République et comme complices, toujours selon l’article, d’une préparation de mise à dos de la communauté internationale du fait d’une probable signature pour une reconnaissance de l’Abkhazie en Géorgie.

Je me permets donc de relever, en tant qu’observateur de la vie politique centrafricaine et citoyen engagé d’une part et analyste politique d’autre part, l’amalgame faite dans cet article, tendant surtout à fragiliser l’unicité des actions gouvernementales et la solidarité entre les importants membres de l’Exécutif actuel.
Monsieur Johnny Yannick NALIMO,
Au regard de la réalité des faits, votre correspondance est entachée de soupçon sans preuves et sans investigations suffisantes. La teneur de votre message porte de graves allégations à l’encontre des Hautes Personnalités de la République.
Tout d’abord, dois-je nous rappeler qu’après sa prise de fonction au Ministère en Charge du Secrétariat Général du Gouvernement, le Ministre Maxime BALALOU avait aussitôt établi une Note Circulaire à l’attention des membres du Gouvernement, en date du 13 mars 2019, qui avait pour objet : « Délivrance des ordres de mission et des autorisations de sortie » ?
Eh bien, il apparait que, depuis 10 mois déjà, ce digne Ministre que vous soupçonnez, avait pris des mesures bien coercitives pour un meilleur contrôle de l’octroi des ordres de missions aux ministres de la République, notamment en imposant comme condition préalable à l’octroi, l’approbation du Premier Ministre, chef du Gouvernement. Une procédure est donc fixée…
Cela veut dire aussi que, des dispositions administratives existantes jadis fluides, autres nouvelles sont venues renforcées, encadrant la délivrance de tous ordres de missions aux Ministres de la République.
Je concèderais avec toi donc que ces conditions de l’acceptation au préalable par le Premier Ministre, chef du Gouvernement avant toute mission est indubitablement une marque suprême de la solide confiance du Président de la République à son Premier Ministre et au Ministre en Chargé du Secrétariat du Gouvernement.
Mais dans le cas présent, à savoir des missionnaires qui changent insidieusement de trajectoire de destination à leur mission, il faut faire montre de discernement avant la situation des responsabilités… ce que votre article n’y a pas fait mention…
Peut-être ne maitriseriez-vous pas assez tous les arcanes de l’administration publique sur lesquels vous vous prononcez publiquement. Les moyens de contrôler les missionnaires lors d’une mission par exemple… De plus, sur ces faits énoncés par vous et dont les médias s’en sont donnés à cœur joie, n’établissent aucune preuve d’une mission commandée par le premier Ministre ordonnant mandat de signature. J’ai à ma disposition en ma qualité de cadre au Ministère en Charge du Secrétariat Général du Gouvernement la version suivante qui m’autorise à avancer que pour le PM, il s’agirait d’une mission en Suisse.
Messieurs Dominique Désiré ERENON et Vivien Sylvestre GORO respectivement Ministre Directeur de Cabinet du Premier Ministre, chef du Gouvernement et Chef de Cabinet ont tous deux, après avoir rempli les conditions de forme et de fond pour leur délivrance d’un ordre de mission (avec l’approbation du Premier Ministre, chef du Gouvernement) et l’ont obtenu pour dix (10) jours, signé par le Ministre Maxime BALALOU en charge du Secrétariat Général du Gouvernement, pour se rendre à Genève dans le cadre d’une invitation de l’ONG « Religions Unies ». Ayant dévié la trajectoire initiale de leur mission, que faut-il faire ? Vous en avez non plus signalé la gravité les concernant.
En chemin effectivement, ils semblerait qu’ils aient été rejoints par un compatriote présenté comme « homme d’affaire » par les médias, le sieur Elie Allard NAMTOLI qui, je le rappelle, est déjà connu sur la scène du scandale dans une affaire d’arnaque sur un sujet congolais, relativement à une affaire de panneau publicitaire. Cela concernerait-il le premier Ministre ?
La suite, on la sait, nos trois compatriotes se sont retrouvés dans la République autonome d’Abkhazie en Géorgie. Une « aventure diplomatique », reprise à tort et travers par les médias et les bloggeurs centrafricains et internationaux par la suite dont je tairais l’épisode.
Pour garder l’objectivité, disons que cet ordre de mission pour deux proches collaborateurs du Premier Ministre, chef du Gouvernement ayant pour destination la Suisse, pour la participation à une activité d’une ONG avec une période limitée dans le temps, a servi aux bénéficiaires de se rendre en Abkhazie. Ni le Premier Ministre, ni le Ministre en Charge du Secrétariat Général du Gouvernement n’aurait pu prévenir cette déviation de la trajectoire hors zone de mission.
Par la suite, les deux hauts Agents de l’Etat mêlés à cette vilaine affaire n’ont-ils pas payé par leur limogeage leurs attitudes irresponsables ? Comment vouloir coûte que coûte en faire porter le chapeau aux Ministres ? La copie de l’ordre de mission est disponible au Secrétariat Général du Gouvernement pour votre enseigne et fait foi de preuve.
Cher compatriote Johnny Yannick NALIMO, j’ose croire que votre missive adressée au chef de l’Etat, Président de la République Centrafricaine, le Professeur Faustin Archange TOUADERA n’est pas seulement à dessein de salir l’image du Premier Ministre, chef du Gouvernement ou du Ministre en Charge du Secrétariat Général du Gouvernement, mais d’attirer son attention sur tous faux collaborateurs. Mais un néophyte lambda la comprendrait-il ainsi en effet en lisant votre Lettre Ouverte?
Vous affirmez par ailleurs soutenir la politique du chef de l’Etat. Eh bien, le Premier Ministre et le Ministre en Charge du Secrétariat Général du Gouvernement font pareil depuis longtemps. Vous manquez simplement, cher compatriote, de vraies informations et vous n’avez daigné vous rapprocher des bonnes sources.
J’en appelle donc à votre professionnalisme d’homme des médias, à votre sens du discernement et de la recherche à l’avenir afin de déceler tout vrai de l’ivraie. Des écrits à sensation et sans fondements pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires pour diffamation, vous savez.
J’ose également croire Monsieur NALIMO que la jeunesse responsable que vous incarnez, saura faire fit de ces critiques infondées et accusatoires venant de vous. Je vois en vous le mérite d’être des plus proches collaborateurs du chef de l’Etat, président de la République tout comme le Premier Ministre et le Ministre Chargé du Secrétariat du Gouvernement.
Fraternellement

Bangui (RCA), le 23 Octobre 2019
Doctorant William NDJAPOU, blogueur et analyste politique