Déclaration des ONG de la Société Civile à l’occasion de l’Atelier sur la Feuille de Route de l’Union Africaine pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, organisée par l’Union Africaine, la Représentation de la CEEAC et Saint Egidio à Bangui, du 09 au 10 août 2018

Les Organisations de la société civile invitées à prendre part à l’Atelier de renforcement des capacités de la Société civile à la gestion pacifique, la responsabilité citoyenne et la consolidation de la paix dans le cadre de la Feuille de Route de l’Initiative Africaine pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, organisée dans la salle 101 du Stade 20.000 Places à Bangui, du 09 au 10 août 2018, par les Représentations de l’Union Africaine et de la CEEAC à Bangui, Saint Egidio et la MINUSCA, sur financement de l’Union Européenne,

  • Remercient les organisateurs de l’opportunité qui leur a été donnée de s’informer davantage et d’échanger avec les Représentants de l’Union Africaine, de la CEEAC sur l’Initiative Africaine pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine ;
  • Prennent toutefois acte de ce que les Partis politiques et les organisations de la Société civile sont exclus du Dialogue projeté ;
  • Rappellent que depuis 2013, les groupes armées qui sévissent sur le territoire, l’écument et causent d’indicibles souffrances aux populations n’ont jamais, pour la presque totalité d’entre eux, fait preuve de la moindre bonne volonté de déposer les armes et à aller vers la paix ; qu’ils préfèrent persister dans leurs actions criminelles et de prédation des ressources financières et naturelles du Pays au détriment de l’intérêt général ;
  • Rappellent de même qu’à peine les précédents dialogues terminés et les accords de paix signés, ils les ont violés sans état d’âme dès le lendemain ;
  • Estiment que la Feuille de Route n’est qu’une manière détournée, trouvée par les Parrains externes des groupes armées, pour chercher à contourner les dispositions de la Constitution, des lois de la République, les Résolutions et Recommandations du Forum National de Bangui, prônant « l’impunité zéro » et écartant toute possibilité d’amnistie, comme de partage avec eux du pouvoir ;
  • Déplorent le peu de cas fait par la Feuille de Route de l’Union africaine au sort des victimes ;
  • Considèrent à cet égard que certaines des quatre vingt neuf (89) revendications, des groupes armés, dont douze (12) selon eux, non négociables, frisent la provocation, et constituent même une insulte à la mémoire des victimes, pour les centaines de milliers de Réfugiés, et les deux millions (2.000.0000) de déplacés, réduits aujourd’hui à la plus grande précarité ;
  • Expriment leur plus grande indignation qu’au moment où est organisé l’Atelier, se tient à Djamena (Tchad) une réunion tripartite, regroupant les représentants du Gouvernement Français, du Tchad, des Seleka et des Anti – Balakas, pour étudier les voies afin de renforcer la crise en Centrafrique et poursuivre le projet de partition ;
  • Dénoncent la France et le Tchad comme auteurs d’agression contre le Peuple Centrafricain, les pères géniteurs de la Séléka et des Anti – Balaka, dont ils contrôlent les Chefs et tirent les ficelles, les auteurs intellectuels de tous les crimes, contre l’humanité et de guerre, assassinats, pillages, destructions des maisons causés par les groupes armés en Centrafrique ;
  • Demandent instamment à la France et au Tchad d’instruire les groupes armés sous leur contrôle de déposer les armes, de cesser immédiatement les hostilités et d’aller au DDRR ;
  • Se réservent le droit d’engager des poursuites devant la Justice Internationale et devant leurs juridictions nationales à l’encontre  de ces deux Etats ;
  • Prient les Organisateurs de l’Atelier de transmettre à la Commission de l’Union Africaine et aux parties prenantes signataires de la Feuille de Route le rejet total par l’ensemble des Organisations de la société civile de l’Initiative Africaine pour la Paix et la Réconciliation, qui apparaît, dans le contexte actuel, comme une duperie de plus.

Fait à Bangui, le 10 août 2018
Maître Mathias Morouba, OSDH
Gervais Lakossa, SC Et Me Mande Djapou Fernand, SC-DH