Le Centrafricain dit NON aux déstabilisateurs.

Pourquoi Mondafrique joue à l’intox ?

 

L’on a suffisamment tablé autour de la désinformation et ses conséquences. Mais malgré tout, le phénomène s’amplifie, et la plume des rédacteurs en écrit tellement, au point de la rationnaliser comme système pour agir, interagir et faire réagir.

Jusqu’à quand, la juxtaposition de quelques faits, le ramassis de quelques actualités, l’évocation de quelques rencontres falsifiées en guise de nouvelles, de travaux journalistiques cessera-t-elle de polluer la vie socio-politique, diplomatique des nations, voire provoquer des frictions ?

Le Mondafrique vient de publier un article intitulé : « Cela chauffe entre Paris et Bangui », paru ce 31 mai 2018. Dans son synopsis, l’auteur affirme sans la moindre vergogne : « Alors que la Russie continue son offensive diplomatique et militaire en Centrafrique, les relations entre le président Touadéra et la France se détériorent de plus en plus ».

Pour se justifier de ses élucubrations, le rédacteur a aligné deux faits tirés des cheveux :

– Une sauterie à Bérengo où Touadéra « courtise ouvertement Moscou » et à laquelle l’Ambassadeur français n’aurait pas pris part ;

– Une interview, la dernière du Président Centrafricain sur France 24, où il aurait cité deux Français impliqués dans une manœuvre de déstabilisation.

Et cela suffit d’épiloguer sur une brouille des relations de ce dernier avec la France.

Une telle légèreté d’analyse des faits laisse entrevoir une volonté manifeste de l’auteur d’officier une série d’attaques personnalisées contre le Président Touadéra et de les envelopper sous forme d’un décryptage professionnel des actualités en Centrafrique.

Soyons sérieux et auscultons ces propos.

Tout d’abord dans leur forme : si Bérengo que l’auteur a d’abord choisi avec humour et accusation des mots pour qualifier « ancienne cour impériale de Bokassa » ensuite « lieu de mémoire », puis plus loin comme « une enclave russe », n’est même pas une caserne militaire, mais puisqu’il héberge des corps habillés taxés (toujours selon ses propos) des « instructeurs et des mercenaires » …, peut-on laisser y passer comme une lettre à la poste journalistes et quidam ?

Rien qu’à ce niveau du choix des vocabulaires tel que mentionnés, apostrophés dans le précédent paragraphe, d’un point de vue de la forme argumentaire, l’on perçoit très aisément que l’auteur de l’article cherche à tout prix à s’opposer au Président et à diaboliser la relation bilatérale entre le Centrafrique et la Russie. Et ceci, en réalité n’est ni pour défendre une France cocufiée qu’il incite à la « révolte » contre Touadéra et les Russes, ni pour encourager ou défendre le retour fragile à une paix difficile en Centrafrique.

Par ailleurs, sur le fond, d’emblée une question mériterait de lui être posée. A part donc l’absence décriée du chef de la mission diplomatique française, tous les autres Ambassadeurs étaient-ils présents à la « sauterie » ? Qu’à cela ne tienne, a-t-il pu interroger l’Ambassadeur de France pour savoir s’il est invité réellement à une telle cérémonie et qu’il aurait décliné ? Etait-il représenté ? …

Nous n’avons hélas rien sur une investigation qui aurait marqué le caractère rigoureux de l’auteur. A ce titre, il ne s’agirait ni plus, ni moins que d’un procès d’intention contre le Président Touadéra. Ceci se traduit d’ailleurs dans les expressions suivantes, à la limite de l’irrévérence : – « sans cesse le Président Touadéra dénonce les manipulations étrangères, en se cachant à peine de viser la France », – « une amnésie totale de l’aide de l’armée française », « hostilité à l’égard de la France lors de sa dernière interview ».

Tout porte à croire que cet analyste sera dans les secrets de Dieu. Ces affirmations, somme toute gratuites, ne changeront rien en la qualité de l’excellence des relations d’amitié franco-centrafricaine, très récemment renouvelée par la visite d’un groupe parlementaire français en Centrafrique. La RCA partage plusieurs intérêts avec la France qu’un président, quelles que soient ses orientations politiques, diplomatiques…, ne peut, d’un bâton magique, faire changer du jour au lendemain. Il n’empêche que les relations entre la France et le Centrafrique ont connu des hauts et des bas qu’il ne convient pas de cacher non plus. L’image de la France en Centrafrique n’est pas belle à tous les niveaux et c’est un fait. Toutefois, dans le cas actuel, les relations entre la France et le Centrafrique sont au beau fixe.

Cependant, dans la diversification de ses relations bilatérales avec les autres pays développés, émergents ou d’Afrique, le Centrafrique ne pourra aucunement être perçu comme hostile à la France. Il est temps que cette vision réductrice ou cette manière manichéenne de percevoir la réalité des amitiés entre la France et ses ex-colonies change aussi dans l’esprit de certains journalistes français.

L’évocation d’une tentative de déstabilisation de l’Etat, dans l’interview du Président de la République à France24 par deux personnes de nationalité française en intelligence criminelle avec quelques Centrafricains, n’est nullement une attaque dirigée contre la France, qui elle-même dénonce ces agissements. Ces messieurs en question ont incité des groupes rebelles à marcher sur Bangui. Nos investigations montrent l’existence d’enregistrements qui justifient cette accusation. A tout moment, ces enregistrements pourront être diffusés. Il est temps que de tels acteurs arrêtent, car les terres africaines ne sont pas leur terrain de jeu. De plus, ceux qui jouent à ce jeu dangereux savent qu’avec les enregistrements qui constituent une preuve matérielle de leurs implications, le Procureur de la République pourra lancer à tout une procédure contre eux.

Les commentaires qu’un de ces mis en cause, le nommé Christophe Raineteau a osé poster sa page facebook, dont nous avons la capture d’écran, montre à dessein la suffisance et le mépris affichés. Pour quelles raisons, pour le compte de qui est-il en contact régulier avec les groupes armés, certains acteurs politiques ? Mais surtout, au nom de quoi incite t-il les groupes armés à descendre sur Bangui ?

La République doit se faire respecter et sur la base des preuves existantes, il conviendrait que la justice centrafricaine fasse droit.

Le Centrafrique est sur a voie du relèvement. Le chemin est dur et parsemé d’embûches ; mais c’est par la voie de la légalité que la victoire est possible. Que nous soyons des partisans, des opposants ou sans parti pris au regard de l’action du Président de la République, nous avons une obligation de soutenir la légalité républicaine et condamner avec clarté les oiseaux de mauvais augure qui tapis dans l’ombre veulent, oser refuser au soleil de se lever et de rayonner sur le Centrafrique.

Dominique MOUNDOUVOUKO

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