Que veut Mondafrique ?

Oui, elle répond au nom de « Mondafrique », cette presse en ligne qui distille souvent ces derniers temps sans la moindre investigation sérieuse des intox immondes contre des régimes africains. L’on est tenté de se demander pourquoi ?
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Pour son « grand intérêt » inavoué ces temps-ci pour le Centrafrique, ses récurrentes « analyses » erronées des actualités de ce pays, Mondafrique aurait pu simplement être appelée, le « MondeTouadéra » ou au pire des cas, le « Mondecentrafrique ». Que ses fondateurs veuillent bien m’en excuser, c’est un constat.
Tel est, en effet, ce qui découle de l’observation attentive de n’importe quel lecteur de cette presse. Le clair de leur temps, ses rédacteurs alignent des articles bien orientés, produits spécifiquement pour ternir quelques sommités centrafricaines, les personnalisant ou les insultant impudiquement, attisant la haine et le mépris contre le régime de Bangui…
Pourquoi un tel acharnement contre l’action de ces Autorités ciblées et fréquemment diabolisées ? Est-ce dans un but tout aussi personnel d’annihiler leur rayonnement, pour en favoriser d’autres ?
J’aurais voulu fermer mes caquets en disant : c’est une guerre de dénonciation poursuivie par ce média. Mais seulement, suivez-moi de vos regards, deux titres publiés à la queue-leu-leu inquiètent. Le premier était titré « Cela chauffe entre Paris et Bangui » et le dernier article, évocateur d’« une autocratie kleptomane ». Loin d’être machiavélique, Mondeafrique est simplement cynique.

« La Centrafrique, une autocratie kleptomane ».
Eh bien ! Qu’il s’agisse de la forme ou du fond de cet article, dans tous les cas, permettez que je m’insurge.
Mais, bien avant de rentrer dans le vif du sujet, souffrez que DANDARANEWS rappelle à tous et à chacun pourquoi notre organe s’intéresse-t-il à de telles publications apocryphes :
« Ici, il n’y a ni d’invectives, ni de dénigrements, ni de faussetés, ni d’attaques gratuites ! Nous nous efforçons de donner des informations argumentées et documentées, justes et éthiques, avec une responsabilité citoyenne affirmée ». C’est le crédo de nos fondateurs.
DANDARANEWS se veut un média de la réconciliation nationale en Centrafrique. A ce titre, elle prône la justice, la vérité et la paix d’où son engagement dans la lutte contre toute forme de désinformation d’où qu’elle vienne, cette science occulte au service des malins pour falsifier la réalité, stigmatiser des personnes et faire propagande pour d’autres.

Venons-en à l’article en question.
Tout d’abord grammaticalement, que Molière renaisse de ces cendres pour arbitrer la défense de sa langue :
Le titre de cet article est une bombe de révolte à la fois par la monstruosité de sa forme et les parjures que la compréhension de cette phrase nominale véhicule. L’auteur a bel et bien utilisé une forme emphatique : « La Centrafrique, une autocratie kleptomane ». Et donc, Mesdames et Messieurs, l’emphase ici est mise sur « La Centrafrique ». Non pas par exemple sur : « Touadéra, un autocrate kleptomane » ou encore « Le Gouvernement centrafricain, une autocratie kleptomane ». C’est clair qu’il peut s’agir d’une attaque contre la souveraineté nationale, ou encore contre la forme de l’état centrafricain…

Ai-je bien compris ? « La Centrafrique, une autocratie kleptomane ». A quelle fin obscure l’auteur voue-t-il tout l’effort consenti de démocratie, réacquise de haute lutte en 2015, dans un pays jadis au bord de l’éclatement ? Le remplacement de ce retour à l’Etat de droit par une « autocratie kleptomane » est infâme et insultant quel qu’en soit l’intérêt inavoué.
Aussi, j’aurais bien voulu faire économie du fond de l’article si Mondafrique acceptait humblement de s’être trompé dans la formulation de son titre : « La Centrafrique, en proie à une autocratie kleptomane ». Mais je m’en doute fort.
Pourtant, dans ma lecture de l’article, son contenu semble à postériori chercher à me le prouver, sauf que les informations apportées et défendues sont erronées et truffées d’attaques personnelles, d’accusations sans fondement.

« La Centrafrique, est-elle en proie avec une autocratie kleptomane ?»
Là, peut commencer le véritable débat.
En effet, tandis de l’Etat centrafricain s’attelle à la reconstitution de ses institutions, du délabrement de l’Etat de droit, de son économie, de ses infrastructures etc., cela déplait-il mystérieusement à Mondafrique. Cette presse s’est enfermée hermétiquement dans son carcan, ce qui m’étonne de leur part, des personnes et des soupçons. Elle fouille dans l’ombre, déterre des putréfactions, tout ce qui peut discréditer le régime et l’étaler au grand public pour souiller les avancées. C’est inqualifiable.
En résumé, l’article produit est tout le contraire de ce que penserait la majorité des centrafricains et de tous les amis qui sont déterminés à leur porter secours. Je ne saurais donc dire exactement pourquoi la rédaction de Mondafrique affabule, désinforme.
Cependant, je voudrais bien poser une question à l’auteur. A qui veut-il que le Centrafrique accorde ses marchés ?
En effet, l’ambiguïté qu’affiche l’article ne permet guère d’imaginer à qui (la France est pointée d’un doigt accusateur comme un soutien au régime), et comment (les procédures d’attribution des marchés supposées de gré à gré peuvent-elles être plus étayées d’exemples ou juste qu’il s’agit des histoires de dénigrement).
L’on a commencé cet article en accusant la France et la Russie parce qu’elles n’interviennent pas (contre … ?) et cautionnent (qui … ?). Pourtant, dans un précédent article, la même presse jubilait faussement, publiant que ça chauffait entre Bangui et Paris, à cause de la Russie. Puis, dans la progression du développement, l’on s’en tient à traiter la Russie de rusé négociant en Centrafrique, de receleur du domaine impérial. Aucune information sur la France cautionneuse : il transparait plutôt, pousser la France à agir en défaveur du régime de Bangui. Et donc dans ce méli-mélo d’amphibologies propre à la stratégie de déstabilisation observée chez certains occidentaux (au Rwanda, en Irak, en Lybie, en Syrie), le Mondafrique n’est pas loin de dire une chose et son contraire, grossir à la loupe les événements qui arrangent l’opposition, matraquer l’opinion publique de fausses nouvelles etc.
Quand la France travaille avec la Russie pour trouver une issue à la Centrafrique, on traite les deux nations de complices du gouvernement. Et quand il y a des divergences, on les oppose arguant qu’il s’agit d’ingratitude du gouvernement envers la France (Sangaris), ou qu’il s’agit d’une conquête dans le précarré français de la part de la Russie, ainsi de suite… L’une est semblable à un conquistador, l’autre devrait être un gendarme de l’Afrique.
Par ailleurs, l’argument selon lequel le gouvernement, accusé par Mondafrique d’être constitué d’éléments de l’époque boziziste, de trafiquants d’armes, de signataires de contrats fantaisistes et de concussionnaires…, est très oppositif. Ce sont de vulgaires arguments de pompiers pyromanes.
Bref, si l’auteur était centrafricain, je l’aurai cru ardent défenseur des groupes armés, voire un des leurs et cela m’aurait épargné la hargne d’en découdre intellectuellement avec lui. Ou serait-il soudoyé pour le faire ? Dommage, évoluant sous avatar ou pseudo, il se cache bien derrière ses plumes pour polluer le ciel des bonnes relations entre les partenaires du Centrafrique et pour vilipender les actions du gouvernement qu’il lutte de ternir avec des mensonges puérils.
Soyons sérieux…, tout porte à croire en lisant cet article que si le Centrafrique sourit, cela fait pleurer Mondafrique. La flagrance de ce constat mérite d’être prise en compte.
En définitive, DANDARANEWS en appelle au sens d’éthique journalistique de Mondeafrique, pour le traitement plus équitable des informations sensibles sur le Centrafrique. La ventilation de rumeurs, des intox et de la désinformation permanente empêche ce pays de prendre son élan.
Quant aux attaques personnalisées, citant nommément telle ou telle autre autorité de l’Etat, j’avoue ma stupeur face à une telle bassesse de la part d’une presse à ambition africaine et mondiale mais qui fouille, refouille ses actualités privilégiées dans des familles. Incroyable !

Si Mondafrique entend critiquer les autorités de la République centrafricaine, c’est parfaitement dans son droit. Mais il convient de rester éthiquement convenable et d’éviter surtout de diffuser des informations erronées sans le début ni d’une vérification, ni d’une démonstration sérieuse.
La liberté de presse a ses limites. Sans prophétiser, la persistance de telles affabulations, désinformations et autres, qui sont une atteinte grave à la déontologie, et qui jettent la suspicion et l’opprobre sur d’autres presses qui aspirent à travailler dans le respect des règles journalistiques, risque d’ouvrir à termes, d’autres foyers de conflits dont le Centrafrique n’a vraiment pas besoin.

Dominique MOUNDJOUVOKO