Si l’on n’y prend garde, ce qui se passe chaque soir et pire les week-ends au sein du stade 20.000 places s’amplifiera. Plus grave qu’une rébellion, un phénomène se développe dans la cité : la dépravation des mœurs.

Les jeunes garçons et filles dont certains n’ont pas atteint l’âge de maturité envahissent les maquis, restaurants de fortune pour étrangler la faim matinale et étancher leur soif. Ils s’offrent des escapades à travers la ville pour lécher les vitrines et rendre des visites inopinées à des connaissances pendant leurs heures de travail, juste pour leur soutirer quelques jetons. Il s’avère que la majeure partie de ces jeunes fréquentent des établissements scolaires ; malheureusement,ils se moquent éperdument des examens de fin d’année qui s’annoncent à pas de géant.

Ils sont affables et ont la facilité d’aborder les gens avec une humilité légendaire. Ils appartiendraient à la même catégorie que celle des escrocs ou « kitandaires ». Ils savent dépouiller les gens avec des paroles mielleuses. Dans la journée donc, leur seul objectif est de se faire de l’argent nécessaire pour la soirée.

Il s’agit là d’une jeunesse moins soucieuse de son avenir. Elle s’enferme dans la délinquance, la prostitution, et fréquente les lieux obscènes à la merci des vices. Pour exemple, leur fréquentation assidue des bars, restaurants et buvettes du Complexe Sportif Barthelemy Boganda (20 000 mille places). Ils prennent d’assaut les lieux à partir de 19 heures. En quittant la maison, les filles sont munies de deux tenues dans leurs sacs à main. Elles se changent et se mettent dans les robes de soirée dignes des boites de nuit après les cours. Elles s’habillent sexy pour attirer la clientèle et, les garçons se mettent aussi dans des tenues indécentes.

Et la soirée peut démarrer dans une forêt de bouteilles de bière d’origine étrangère, onéreuse. Ils adorent le whisky et les liqueurs de qualité supérieure. Les salamalecs noyés dans des causeries mondaines. Ils finissent la soirée étant hics comme une éponge.  

Les revers…

Les risques sont multiples pour cette jeunesse qui se perd dans l’alcool et dans des pratiques perverses. Sans le vouloir, ils développent la prostitution et l’homosexualité, constituent l’appât des proxénètes qui tapissent dans l’ombre. C’est un danger pour notre société qui, apparemment, va à vau-l’eau aujourd’hui. Ils finissent leur soirée toujours par des bagarres et la consommation de la drogue n’est pas à exclure.

Quelles sont les sources de revenus de ces jeunes qui vivent au-dessus de leurs moyens ? S’interroge l’homme de la rue. Certaines familles nanties encouragent leurs enfants sur cette voie pernicieuse en leur remettant au quotidien une somme d’argent faramineuse pour la détente. D’autres volent leurs parents pour se mettre au même diapason que leurs amis. C’est le « mas-tu vu ».

Sur ce point, la responsabilité des parents amorphes et laxistes est suffisamment engagée. Aussi, la police de mœurs devraitorganiser plus des patrouilles de routine pour démanteler ce réseau et mettre en garde les tenanciers des débits de boisson réservés à des personnes d’un certain âge.  

Ironie du sort, à l’époque, les prostituées occupaient les abords de l’Avenue des Martyrs jusqu’au niveau de SOCATEL en face justement du stade 20 mille places. Toutefois, grâce à saperspicacité, la police des mœurs enraye petit à petit le phénomène. Malgré tout, il ressurgit sous une autre forme juvénile. Les jeunes ont choisi cet endroit huppé à dessein parce qu’il est fréquenté par des hommes bien friqués, qui peuvent dépenser de gros sous en une soirée sans regret.

De tout ce qui précède, le gouvernement et les autorités de la République doivent savoir qu’il faut soigner le mal par la racine sinon l’histoire en gardera de mauvais souvenir.

Si aujourd’hui, les rebelles donnent du fil à retordre dans les provinces, sachez que d’autres formes de rébellions se préparent ainsi : la jeunesse qui est censée se verser dans les livres, les études, préfère et adore l’alcool. D’ici demain l’on dira qu’il y a moins des intellectuels en Centrafrique, que le taux d’analphabétisme trop élevé ainsi que le chômage.

Bref, pour appréhender ce mal de loin, une solution préventive doit être trouvée ! Tous les partenaires de l’éducation : parents, professeurs, l’Etat et les églises doivent s’unir pour juguler ce nouveau fléau de la jeunesse.

Ben