Le fonds monétaire international (FMI) a annoncé via un Communiqué ce mardi 3 Juillet 2018 que la République centrafricaine bénéficiera d’une tranche de prêt de 32,1 millions $ au titre d’une facilité élargie de crédit (FEC). Christine Lagarde a également ajouté que la « RCA respectait ses engagements vis-à-vis de l’institution financière d’où cette mesure exceptionnelle ». Il s’agit notamment des résultats du programme des réformes engagées par Bangui, dans le cadre de l’accord FEC signé en 2016 lors du retour à la légalité constitutionnelle par l’élection du Président de la République, le professeur Faustin Archange Touadera, pour un montant global de près de 189 millions $. Le FMI a précisé que cette première tranche sera très rapidement débloquée à l’Etat centrafricain malgré un contexte économique et sécuritaire difficile.

Si l’annonce de cette somme est une bouffée d’oxygène pour la RCA, force est de constater qu’elle n’est pas venue sitôt. Aussi, l’on est en droit de s’inquiéter qu’aucune date officielle pour l’arrivée de cette manne financière n’ait été publiée. En effet, la bureaucratie des bailleurs et toutes ces institutions internationales ont cultivé des lourdeurs administratives trop attentistes. Entre les intentions, les signatures et le déblocage, rien est sûr que la réjouissance nationale et gouvernementale autour de la nouvelle va se transformer en fait et réalité sous peu.

Les autorités, quant à eux, continuent de mettre en œuvre des réformes budgétaires structurelles qui ont contribué à renforcer le compte unique du Trésor, améliorant la transparence budgétaire et la traçabilité des recettes intérieures, qui leur ont valu le bénéfice de ce déblocage. Ce bon état d’avancement de la politique budgétaire, a indiqué le Directeur général adjoint de l’institution, traduit la volonté du Gouvernement d’assainir les finances publiques et les recettes de l’état. Cependant, ce responsable a également souligné le risque élevé de surendettement que court le pays, couplé à un faible niveau des recettes intérieures capables de soutenir une augmentation prévue des dépenses.

Pour sa part le Ministre des Finances et du Budget, Monsieur Henri Dondra, s’est félicité de cette annonce et a en outre précisé que le gouvernement centrafricain mettrait tous les moyens en œuvre pour assainir ses finances publiques et relancer les activités économiques.

Toutefois, malheureusement malgré cette annonce, l’on continue entre autre de s’inquiéter sur l’avenir de la République Centrafricaine. Ces fonds annoncés, destinés à financer des projets de développement et la relance économique, ne pourraient véritablement se faire que dans un climat sécuritaire apaisé. Depuis 2013 en effet, année de la prise du pouvoir par la séléka, une bonne partie du territoire national est toujours contrôlée par des bandes armées et des seigneurs de guerre. L’économie ne font jamais bon ménage avec l’instabilité, l’insécurité et la guerre.

Espérons que les initiatives prises par l’Union Afrique pour la mise en place d’une feuille de route aboutissent enfin, malgré les réticences des quelques acteurs de la vie sociale et politique centrafricaine, à la résolution de cette crise militaro-politique persistante en RCA.

Le Phénix