Les fake news (ou fausses nouvelles au Québec) sont des informations délibérément fausses ou truquées (fake veut dire en anglais « faux, truqué ») émanant en général d’un ou de plusieurs médias, d’un organisme ou d’un individu. Elles participent à des tentatives de désinformation, que ce soit via les médias traditionnels ou via les médias sociaux, avec l’intention d’induire en erreur dans le but d’obtenir un avantage financier ou politique. Les articles de fake news emploient souvent des titres accrocheurs ou des informations entièrement fabriquées en vue d’augmenter le nombre de lecteurs et de partages en ligne. Les fils d’actualité de Facebook ont été impliqués dans la propagation de fausses nouvelles. Le fait que les rédacteurs soient anonymes rend difficile la poursuite des sources pour calomnie.

La lutte contre les fake news provoque des oppositions. Les GAFAM, des journaux et des gouvernements sont favorables à la lutte contre les fake news. À l’opposé, des mouvements politiques et des intellectuels jugent la lutte contre les fake news liberticide et dangereuse. Selon eux, ni les groupes informatiques (GAFAM), ni les gouvernements n’ont de légitimité à déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux, d’autant plus qu’ils diffusent eux-même des fake news.

Impact

Les fake news (traduction littérale : « informations fausses ou truquées ») font partie d’un phénomène mondial et leur impact est planétaire. La capacité des fausses nouvelles à induire en erreur engendre une perception erronée de la vérité et, conséquemment, à des jugements erronés relativement aux actions et aux politiques appropriées. Les fausses nouvelles sont répandues par les médias sociaux et les sites de fausses nouvelles, qui se spécialisent dans la création de contenu attirant l’attention et imitant le format de sources établies, mais aussi par des hommes politiques ou par les plus grands médias avec des visées politiques. Elles sont parfois utilisées dans l’hameçonnage par courriel, présentant du contenu sensationnaliste pour inciter les utilisateurs à cliquer sur un lien, ce qui permet à l’envoyeur d’infecter leur ordinateur avec un logiciel malveillant .

Origine

On distingue ceux qui agissent pour des motifs idéologiques et ceux qui obéissent à une logique mercantile.

Parmi les premiers, le Figaro cite InfoWars, aux États-Unis, qui a participé au Pizzagate, ou Breitbart News de Stephen Bannon. Dans l’affaire Théo, la rétention pendant un an de la vidéo d’une caméra de surveillance par les hauts responsables politiques et administratifs attise les soupçons d’instrumentalisation.

Il existe aussi des gens qui diffusent des fake news uniquement pour de l’argent. Par exemple, pendant l’élection américaine de 2016, les jeunes d’une ville de Macédoine en ont fabriqué pour s’attirer des revenus publicitaires.

Pourquoi les Fake news se développent

Les fake news ont toujours existé, mais leur résonance est amplifiée avec le développement des réseaux sociaux.

Les fake news se développent dans un contexte où la presse et les médias classiques (support papier) connaissent une crise profonde. Aux États-Unis, ce secteur a perdu en vingt-cinq ans 275 000 emplois. Elles se développent aussi sur la méfiance que nourrit la population envers les médias. Par exemple, en France seuls 24 % des français croient que les journalistes sont indépendants.

Influence sur l’opinion

Pour des chercheurs de l’université de New York ou de Stanford qui ont étudié les fake news durant la campagne présidentielle américaine de 2016, elles ont eu peu d’influence sur l’opinion et n’ont pas modifié le résultat au profit de Donald Trump.

Le 16 juin 2017, dans le contexte de l’Affaire du RussiagateRod Rosenstein (en)Procureur général adjoint des États-Unis invite les Américains à « faire preuve de prudence avant d’accorder de la crédibilité à des informations attribuées à des fonctionnaires non identifiés ». Il a ajouté que « Le ministère de la Justice a depuis longtemps adopté une politique de ne pas confirmer ou nier de telles allégations ».

Lors de la campagne présidentielle de 2017, quatre chercheurs, Oscar Barrera et Ekaterina Zhuravskaya de la Paris School of Economics et Sergei Guriev et Emeric Henry de Sciences Po Paris, établissent, à partir d’une étude menée auprès de 2 500 électeurs, que « le fact-checking échoue complètement à contrecarrer l’effet persuasif des arguments populistes fondés sur les faits alternatifs ».

Lutte contre les fake news

Par les GAFAM

First Draft et Google News Lab ont lancé le projet CrossCheck de contrôle des fake news auquel se sont associées des rédactions françaises et américaines. Claire Wardle de First Draft « établit une typologie de « fake news », qui va du mauvais journalisme à la propagande en passant par la parodie ou le contenu politique orienté ». En réalité, lutter contre les fake news est difficile car en parler, même pour démentir, c’est contribuer à les répandre.

De même, Facebook tente des mesures pour endiguer la propagation de fake news sur le réseau social, par exemple en pénalisant les médias suspectés d’en être les vecteurs.

Dans les domaines scientifiques

Les différentes formes utilisées dans les fake news posent de nombreuses difficultés à la diffusion et la reconnaissance des avancées scientifiques aujourd’hui.

La science n’est pas exempte d’erreurs et d’approximations, d’autant plus que les faits sont souvent issus d’expériences complexes. Les auteurs de fake news utilisent souvent des cas particuliers pour contredire des faits scientifiques étayés par de très nombreux travaux.

Pour lutter contre ces désinformations propagées par les réseaux sociaux, les scientifiques doivent trouver et pratiquer d’autres formes de communications.

Les questions autour des fake news

Peut-on utiliser la lutte contre les Fake News à d’autres finalités ?

Pour Pascal Froissart de l’Université Paris VIII, les fake news permettent surtout « de détourner l’attention sur un non sujet », non sujet souvent beaucoup plus propice au débat que des sujets plus sérieux sur des questions de fonds. Certains gouvernements utilisent la lutte contre les Fake News comme prétexte pour réduire au silence des forces politiques d’opposition comme au Cameroun fin 2016.

Les Fake News et la question de la vérité

L’identification des fake news soulève la question importante de qui peut objectivement déterminer ce qui est vrai de ce qui est faux. Le spécialiste américain des médias Edward Herman a ironisé en 2017 sur la façon dont The New York Times, parmi d’autres médias mainstream« ont exprimé bruyamment leur consternation face à la diffusion grandissante des « fake news » » alors même que ces journaux « diffusent régulièrement leurs propres formes de fake news, en relayant des informations fausses ou biaisées fournies par la sécurité nationale ou d’autres branches du gouvernement ». De même en France, selon Charlotte d’Ornellas journaliste à Valeurs actuelles, tous les médias « classiques » dont l’audiovisuel publique propagent des fake news comme par exemple la dénégation du risque d’infiltration de la vague migratoire liée à la guerre en Syrie par l’État islamique qui s’est révélée vraie par la suite.

La critique des courants libertaires

Pour Jacob Mchangama, un avocat danois et fondateur d’un groupe de réflexion qui défend la liberté d’expression, la lutte contre les fake news sur les réseaux sociaux est comparable à la lutte des inquisiteurs religieux qui publièrent un index des travaux interdits, mis à jour régulièrement jusqu’au vingtième siècle. L’église justifiait alors l’existence de cette liste en arguant que « la liberté de croyance » était pernicieuse à la fois pour l’individu errant et, par extension, pour la société. Selon Jacob Mchangama, la meilleure réponse au fake news est « de débattre et non de brandir une paire de menottes »

source: Wikipedia®