Une arthrose « intellectuelle » a atteint le système éducatif centrafricain. En effet, depuis cette période sombre, plusieurs institutions du pays dégringolent en qualité et en probité. Cependant, le cas du système éducatif est patent. Dans certaines écoles, instituts voire à l’université, la promotion de la médiocrité supplée à celle de l’excellence. Un tel changement présente dans ces instituts, à l’université, dans les entreprises publiques et privées deux catégories diamétralement opposées d’individus : celle des diplômés et celle de ceux qui ont des « diplômes ».
L’examen du baccalauréat est généralement la période par excellence où cette distinction se matérialise.
L’une des racines meurtrières de crise centrafricaine continue d’être la mauvaise formation ayant pour conséquence la baisse des niveaux et de l’exercice de la pensée rationnelle. L’école qui devait se présenter comme la structure idoine la formation intellectuelle et professionnelle souffre de maux aggravants : la médiocrité et la tricherie. Les effets de ces défaillances se manifestent dans tous les concours et examens organisés tant au niveau national qu’international.
L’examen du baccalauréat est généralement le moment incontestable où sévissent toutes ces manies du système éducatif centrafricain. Une sorte de victoire de la médiocrité et de l’ignorance sur l’excellence et la connaissance s’y observe.
Dans l’entendement au quotidien « être diplômé ou avoir un diplôme » et « être un intellectuel » ne semble plus a posteriori avoir un même sens. On peut dire que quelqu’un est diplômé, qu’il a un tel diplôme ; mais au pied du mur de la pratique, là où il devrait faire valoir ses capacités, ses compétences, son expertise, il devient tout à fait nul. Le diplôme dont il est nanti est-il vraiment mérité ?

En Centrafrique, l’expérience ne cesse de démontrer malheureusement que nombreux sont les élèves qui ont frauduleusement le bac. De couloir en couloir, de tricherie en fraude, ils finissent par avoir un diplôme. D’autres achètent carrément ces diplômes.
Outre ces individus, la mauvaise surveillance des examens et concours, les affinités entre enseignants-élèves, les fuites de sujets, le clanisme… sont des voies par lesquelles les élèves et les étudiants moins sérieux et médiocres empruntent pour surclasser les meilleurs et finalement se prétendre des diplômés au sortir du cursus. Ce faisant, le nombre des médiocres croissent et comme de l’ivraie, ils affluent dans l’administration voire au sommet de la pyramide dans les institutions nationales.
Les institutions et les administrations finissent par régresser pour manque d’initiatives et de compétences. Il est donc temps que nous comprenions en Centrafrique que la capacité de savoir pour prévoir afin de pouvoir bien gouverner est réservé dans tous les domaines à ceux qui maitrisent et connaissent. L’ignorance, la médiocrité, l’absence ou le mauvais usage de la pensée conduisent à la guerre d’où « science sans conscience n’est que ruine de l’homme ». Notre inhumanité et notre brutalité sont caractéristiques de notre système éducatif grabataire. Peut-être faut-il mettre un accent particulier sur les matières comme Education civique pour faire prendre conscience du danger d’être malhonnête…. Pour empêcher les violations des droits humains en Centrafricain, il faut les connaitre. Sinon, analphabète, on devient animal et sanguinaire, agissant par instinct.
Les fins d’années, période des examens et concours, sont un moment idéal où l’apologie de l’excellence et du mérite doivent être valorisés. Aussi, la compétence, la connaissance est une vraie alternative pour la résolution des crises en Centrafrique. Le combat contre l’ignorance est à mener pour entreprendre et se détourner de l’oisiveté.
N’est-ce pas une meilleure voie pour sortir notre pays de l’impasse qu’il traverse : l’éducation ?

Ben