Du sensationnel à l’intox : au mépris de toute déontologie…

Quelle impression donnons-nous de notre presse nationale ? Business ou professionnalisme ? Pouvoir ou déchéance ? 

Sur ces axes bipolaires, chers confrères des médias, chers lecteurs, cherchons clairement à nous identifier…

En attendant, trois buzz ouvrent déjà le bal évènementiel du mois…

Les phénoménaux réseaux sociaux nous poussent sans répit, rédacteurs et internautes, aux brèves pour assurer une bonne visibilité et/ou une stratégie promotionnelle de l’organe de la presse, du journaliste que nous sommes ou du lecteur réactif que vous êtes. 

A cet effet, narrer les éphémérides des plus banals de la quotidienneté comme des vulgaires internautes devient courant dans le monde des médias. 

A l’adresse du grand public, cela parait friand, nous déchargeant du coup de la pénibilité du travail chevronné et des difficultés du terrain que nous impose la déontologie, surtout de l’observation directe, des enquêtes, du recoupage avant publication. Qu’il en soit ainsi… Toutefois, au regard de la profession : que de légèreté, quel massacre, quels risques ? Nous sommes régulièrement enclins à toute sorte médiocrité, et surtout, de l’appât du gain facile. L’« argentolâtrie » des « argentocrates » nous épingle finalement comme griots des temps modernes, pi nous transforme en « fertiles menteurs » des fake news et des inventions sordides qui nuisent, détruisent.

Le buzz de cette semaine est sans conteste l’affaire « BAÏPO-TEMON » … Encres coulées, salives usées : mais de toutes, je n’ai, nulle part, lu d’interview quelconque de l’intéressée, ni déguster une expertise de bons recoupages des informations de manière à situer les faits, séparer le vrai de l’ivraie. Que des pipeaux, ces écrits qui défraient la chronique nationale sur ce sujet, sans en donner preuves exactes, sans investigation sérieuse ou réelle sur les images et les contenus publiés. Plaidoyers pour ou contre ont l’air comme toujours de contes de fée. Et en somme, un simple fake news dont on accuse un journaliste véreux, et qui malheureusement a porté atteinte grave à l’image publique de la Ministre des Affaires Etrangères… Quel gâchis !

Une seconde ignominie est de voir un attaché de presse politique de l’URCA du chef de fils de l’opposition, A. Georges Dologuélé, s’en prendre publiquement au Président de la République, Chef de l’Etat dans une lettre irrévérencieuse et accusatrice, d’être l’instigateur ou le commanditaire des démissions en cascade dont est victime ce parti. Merde !

Enfin, nous pouvons nous noyer dans ces moultes élucubrations et attaques orientées vers les hautes personnalités du pays, tantôt par des « livistes », tant par autres piètres pigistes des réseaux sociaux : le Directeur Général du BARC, salit ; les Ministres Henri Marie Dondra, Félix Moloua ou autres personnalités, tancés méchamment voire innocemment par des mesquins affabulateurs… 

Bref… J’en suis venu à me demander : la presse centrafricaine sert-elle encore l’information ou doit-elle être considérée comme espace de truands ventriloques ?

En effet, le droit à l’information, la liberté d’expression…, notions que beaucoup fourrent tout dans le générique de la démocratie, sont affectées de nombreuses limites que nos internautes et journalistes de seconde zone centrafricaine ne doivent pas ignorer :

  • Ne pas porter attente à la vie privée et au droit à l’image d’autrui,
  • Ne pas tenir des propos d’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, ou encore faire l’apologie de la violence, du terrorisme etc.,
  • Ne pas tenir des propos diffamatoires : accusations, atteintes à l’honneur…,
  • Ne pas tenir des propos injurieux, des expressions outrageantes, des termes de mépris ou invectives…,
  • Respecter les limites en ce qui concerne les secrets professionnels, commerciaux et d’Etat ; défense de les publier, ou divulguer…,
  • Observer avec prudence les droits de réserves en ce qui concerne l’extériorisation des opinions politiques.

L’impunité sur internet est trompeuse, les auteurs de propos répréhensibles peuvent être poursuivis. La patience de nos autorités finira aussi à avoir des limites. 

A bon entendeur, salut !

 

A nos lecteurs fidèles comme passagers, Dandara Réconciliation News renoue, une fois de plus encore ce mois-ci de septembre, notre contrat de fidélité pour une lecture fréquente et alléchante de nos divers décryptages des actualités et analyses des faits. Notre souci qui crée la différence reste et demeure de vous accompagner d’informations nationales et internationales pondérées, responsables et sans invective.

Rendez-vous est donc pris et meilleure lecture…

 

Dominique MOUNDJOUVOUKO

                                                                                                            Rédacteur en Chef de DRN