EDITORIAL

L’AN 2019…

Sous nos cieux et nos yeux, la nuit de la Saint Sylvestre 2018 a accouché, dans les brouhahas des feux d’artifices et des pétards ou dans le silence de l’incognito et du cogito, l’an 2019.

L’habituelle euphorie annuelle que crée toujours ce passage a été vécue en liesse et grande pompe dans les familles, les lieux de cultes et des lieux de joie. Souhaits, promesses ont inondé des lèvres de certains, tandis pour d’autres pensifs, espoirs et courages rappellent que « si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie » et qu’il faut batailler, s’y s’accrocher pour relever les innombrables défis humains qui se résument depuis la perte du jardin d’Eden à « tu mangeras à la sueur de ton front ».

Ne pouvant se dérober à la tradition, DRN vous arbore ici, en ces termes, ses vœux de l’année 2019.

Revenons au cher Centrafrique, pays des paradoxes et de la convoitise !

Loin de quelques fastes mondains, une large proportion de la population végète, scrutant une fin possible du drame qui s’impose durablement à elle. Le Chef de l’Etat, le Professeur Faustin Archange TOUADERA, en cette occasion, à travers son discours à la nation, consolateur et compatissant, leur a parlé très franchement.

A l’entame de son discours, la présentation des vœux du Chef de l’état s’est d’abord adressée aux couches vulnérables de la société centrafricaine, aux forces armées et de sécurité. Santé et bonheur, paix et prospérité sont souhaités.

Ensuite un récapitulatif des émois et deuils dont sont frappés le peuple en 2018, à différents moments et lieux de la République, sont rappelés en mémoire des victimes et leurs familles. Le Premier Centrafricain promet à cet effet de faire de 2019 « un tournant dans l’exécution effective et efficace du rétablissement de la paix, de la stabilité et de la sécurité sur l’ensemble du territoire », nonobstant le contexte nationale d’occupation et de pillage, et celui international d’embargo. En pesant de tout son poids, et comptant sur l’effort des pays amis, de la MINUSCA, des FACA et la feuille de route de l’Union africaine, la fin du cauchemar sera une certitude en accord avec la constitution, la justice et les recommandations du forum de Bangui.

Par ailleurs, se réjouissant des avancées notables enregistrées au courant de l’année échue, et se fondant sur les progrès économique et financier réalisés, le Président Touadéra, après avoir étalé quelques chiffres justifiant ses propos, annonce aux fonctionnaires quelques promesses de payement d’arriérées de salaires, aux chômeurs diplômés des emplois et à toute la société des projets générateurs de revenus et de lutte contre la pauvreté.  

L’électricité, l’éducation, la remise en selle de l’agriculture ont été évoquées de même que la santé et la communication.

A vrai dire et en somme, il a été convaincant et pragmatique à bien des égards, et donc pour la population dans sa diversité, l’espoir est permis en 2019, malgré que l’avènement de paix et la sécurité titille, prisonnier de la géopolitique et de la géostratégie impérialiste.

Mais c’est aussi souligner le travail important qu’il faut encore fournir pour rendre effectif le changement dans tous les secteurs de la vie. Car il faut également le souligner, l’année 2018 a eu son lot de critiques à l’égard de l’Exécutif : mauvaise gouvernance, inefficacité de certaines équipes, lenteur dans le retour de la sécurité, indélicatesse de certains responsables, crises politiques, etc.

Il y’a d’un côté les jeux politiques parfois politiciens ; et il y’a de l’autre, le sentiment du Centrafricain lambda qui, par-delà les critiques expriment son impatience de voir sa situation changée.

Que les critiques soient fondées ou pas, elles révèlent une chose : la normalité n’est pas encore une réalité. L’Exécutif doit pour cela, et malgré les contraintes, redoubler d’efforts et de vigilance et surtout optimiser et améliorer certaines de ses pratiques.

2019, peut être posée comme l’année du dialogue, mais pas seulement ; l’année d’accélération des transformations attendues :

  • Une meilleure efficacité dans la mise en œuvre du Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en République Centrafricaine (RCPCA)
  • La levée totale de l’embargo sur les armes.

Sur ce plan, la communauté internationale doit avoir conscience que sans une armée formée et équipée, le dialogue en cours ne servira à rien. En effet, pour réussir le dialogue et donc le désarmement des groupes armés et la libération des territoires occupés, il faut activer trois leviers simultanément : le dialogue, l’équipement des FACA et l’activation des activités de la CPI et de la cours spéciale de Bangui. Faute de cela, les rendez-vous du prochain dialogue ne seront rien de plus qu’un temps perdu.

Enfin, et cela a toujours été notre crédo, le changement en Centrafrique est et doit être l’affaire de nous tous. Pas seulement de l’Exécutif, mais de nous tous. Malheureusement, nombreux sont encore ceux qui pensent que le changement doit venir exclusivement du pouvoir. Cette conscience doit être élevée en chacun de nous, car c’est vraiment ensemble que nous pouvons réussir à libérer notre pays de sa servitude involontaire, consciente et inconsciente.

Serviteur de l’information sans parti-pris, Dandara Réconciliation News restera, en vos compagnies, un flotteur attentif aux actualités nationales et internationales de 2019.

Bonne Année 2019 à nous tous et que la paix revienne totalement sur la terre de nos aïeux.

 

Dominique MOUNDJOUVOUKO

      Rédacteur en Chef de DRN