Ecrire, rien que pour diffamer…

(Une riposte à l’article du Mondafrique, paru le 25 Septembre 2018 et intitulé : « Double jeu du président Touadéra entre la Russie et l’Union africaine »).

Pittoresque pour certains, frisson et colère pour d’autres. Le tableau de Touadéra que peint Mondafrique, est, une fois encore, tiré d’un logiciel « Photoshop ». C’est-à-dire que tout le décor est traficoté, et que l’image présentée du premier Centrafricain est celle qu’on veut et non celle qui était, est ou sera. Que c’est terrible…

Habituellement, c’est parler pour ne rien dire, que j’entends : car en effet, écrire, c’est réfléchir, raisonner, adopter une démarche responsable par rapport à l’oral qui s’envole. Mais chez Monsieur Aza Boukhris du Mondafrique, l’acharnement contre le Président centrafricain semble bien le posséder, le dépossédant de la logique. Il y traine un manque d’objectivité patent, une partisannerie journalistique que, sans nul doute, une cause occulte pousse sans cesse et éperdument à l’assaut…

Généralement j’aime bien lire pour apprendre, m’informer et me former. Mais quel imbroglio, cet article ? La position virevoltante de l’auteur à la fois informateur et désinformateur m’a embrouillé dans ma progression jusqu’à ce que, enfin, se prenant dans son propre piège de détracteur, il finit par apprécier l’intelligence et le talent d’homme d’Etat de celui qu’il voulait fustiger. En somme, Monsieur Boukhris qui, de manière abracadabrantesque s’entêtait d’opiner qu’il n’est peut-être pas permis au Président d’un pays souverain de fréquenter un autre, le traitant à partir de cette accointance de « rouleur », termine son article en l’élevant au rang de stratège politique. Son étonnante conclusion, quoique qu’elle pourrait faire penser à de l’ironie, me rappelle le titre de ce film de Chaplin « l’arroseur arrosé ». « Le président Touadera réussit le tour de force d’obtenir le soutien dans le même temps de Poutine, Trump, Macron, Gutterres, Xi Jinping, Omar el-Bechir, Junker, Netanyahu et de nombreuses associations humanitaires. Quel talent ! » finit-il par reconnaitre.
L’on ne cache donc pas le soleil avec sa main ». Mais au juste, que voulait reprocher Boukhris à Touadéra ?

De manière prudentielle, j’ose croire que c’est bien ce qu’il a tenté de libeller dans sa phrase suivante et dont mon surlignage met en relief les mots « russe » et « Moscou ». Lisez : « Ayant embarqué à Berengo, désormais base russe à 80 km de Bangui, dans un aéronef russe et accueilli à Khartoum par des officiels russes venus de Moscou, le président Touadera a tenu à remercier chaleureusement ses partenaires russes pour cette « Déclaration d’entente » et le président Omar El-Bechir pour son implication au processus de paix ». (Une phrase qui comprend quatre fois le même mot.)

Eh bien oui ! tout semble être là : la problématique russe en Centrafrique. Pour ce journaliste, il n’est pas du tout d’accord du rapprochement de la RCA auprès de la Russie.

Voici des pays et des individus qu’il cite pour appuyer sa thèse du rapprochement « désastreux » : « les anciens candidats à la présidentielle qui avaient ensuite soutenu Faustin-Archange Touadera, les Chinois avec leurs déboires actuels de leurs sociétés minières, les Rwandais et leur retrait de la garde présidentielle, la France avec la campagne d’une rare hostilité de certains médias, évidemment financée et téléguidée par les proches de Touadera, les électeurs centrafricains bernés par le slogan « la rupture avec le passe », les  responsables onusiens et du FMI qui ne cessent, malgré tout, de louer les améliorations de la gestion financière  et  les avancées démocratiques de ce pays – ce qui laisse pantois les citoyens de l’arrière-pays-… ». Pourtant sa conclusion donnée et citée un peu plus haut est formellement en contradiction avec ce plaidoyer.

Boukhris enfonce ses clous de dénigrements à travers ces passages :
« Le président Touadera est-il devenu un digne successeur de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, dans l’art de rouler dans la farine aussi bien ses partenaires que ses adversaires ? ». (Synopsis de son article).
« (…) reconnaître l’exceptionnel savoir-faire de l’ancien professeur des universités pour adapter son langage en fonction de son auditoire et surtout de ses intérêts personnels ».

Au regard de tout le contenu de son article, de tout ce qu’il reproche, n’est-ce pas qu’il oublie que c’est de la politique dont il parle ? Où et avec qui se trouve l’intérêt du peuple centrafricain ? Le connait-il ? N’est-il pas permis à un président de faire les choix de sa coopération, de sa diplomatie, de ses amis et tutti quanti… ? Quel président au monde ne fera pas pareil ?

Et donc, au sortir de ma lecture de cet article intitulé : « Double jeu du président Touadéra entre la Russie et l’Union africaine », il apparait que la duplicité qu’il inflige au Président Centrafricain est plutôt une qualité d’homme politique. Ce dernier est bien assis dans son rôle et seul l’avenir dira.

Sacré Touadéra, comment faites-vous pour vous faire aimer par vos ennemis, faisant même faire écrire à Boukhris le contraire de ce qu’il pensait exprimer ? Le tour est bien joué !
« Un pays n’a pas d’amis, il n’a que ses intérêts », cher collègue Boukhris. Apprend-le à tes dépens que chaque pays que tu as cité aime le Centrafrique pour ses intérêts et non pour les beaux yeux de Touadéra. La diversification des rapports de coopération et des partenaires ne devraient pas être un problème, bien au contraire…

Dominique MOUNDJOUVOUKO