Depuis le 1er Mai, jour de la fête internationale du travail, tragiquement vécu à Bangui qui a renoué avec la violence meurtrière dans l’église de Notre Dame de Fatima, Facebook, Twitter, et même Whatsapp sont devenus des vecteurs d’incitation à la haine, à la vengeance et à l’expression démesurée d’émotions. Ces événements ont boosté les apprentis journalistes, les bloggeurs et lanceurs d’alerte qui y trouvent sujets à commérages et aux mensonges de tout genre.
Pour preuve, des rumeurs sur un probable décès soudain du président de l’Assemblée Nationale en France démenties par ses proches collaborateurs, ou encore la fausse alerte sur la destruction de l’Eglise Sainte-Trinité de Castors et voire même pire, la mort par lynchage d’un compatriote étudiant au Sénégal en représailles aux évènements du km 5 à Bangui. Ces Fake News ont plongé nombre de personnes dans l’inquiétude et la psychose.
Pareil, des images et vidéos publiées ont choqué les esprits, véritable guerre entre l’information et la désinformation.
Plus récent, dans la soirée du vendredi 04, des publications inondaient les réseaux sociaux pour annoncer le pillage du Centre Artisanal alors qu’il n’en ait aucunement lieu.
Ces actes ont été condamnés par les autorités publiques dont particulièrement les ministères de la sécurité intérieure et de la Communication ainsi que l’institution républicaine en charge de la régulation et du contrôle de l’audiovisuel et de la communication.
Ces images, vidéos, discours haineux et fake news continuent malheureusement d’empester les réseaux sociaux, surtout Facebook. Certains postent des photos de tuerie comme scoop et en font du sensationnel. Relayée et amplifiée par des communautés dont notamment la diaspora, l’aisance de la génération de l’internet à falsifier, à retransmettre en un clic dans le monde handicape le secteur professionnel des médias traditionnels.
Serions-nous en train d’aliéner les atouts de l’information numérique au détriment du sensationnel erroné ?
Dénonçant ces agitations dévoyées sur les réseaux sociaux ce 04 mai, le Gouvernement a envoyé aux citoyens des sms d’alerte via les opérateurs de téléphonie mobile et un communiqué de mis en garde :
« C’est le moment d’attirer l’attention de tous sur le fait que des personnes mal intentionnées lancent des fausses informations par message et/ou sur les réseaux sociaux sans avoir les bonnes informations et dans le but de créer la frayeur », a prévenu le Ministre Maxime Kazagui, porte-parole du Gouvernement.
Au Haut Conseil de la Communication de renchérir pour sa part à travers un communiqué écrit et radio pour faire constater avec regret que les messages incitant à la haine et à la violence se multipliaient dangereusement sur les réseaux sociaux et qu’ils devaient cesser immédiatement, car ils compromettaient les efforts de cohésion sociale et de paix.
Même son de cloche des blogueurs centrafricains qui dans une déclaration du 03 mai « prient aussi les utilisateurs des réseaux sociaux à la retenue et à s’abstenir de toute publication à caractère haineux ou à la diffusion d’images qui peuvent inciter à la haine. Tout contrevenant s’exposant à des poursuites judiciaires ».
On note une volonté de recadrage du pouvoir et autres institutions à lutter contre ce comportement délictuel.
Outre ces mises en garde, le porte-parole du gouvernement et les différents départements ministériels ainsi que la Minusca ont clairement défini des corridors pour des informations crédibles et vraies sur les réseaux sociaux : le compte Facebook « Minsecu », pour le Ministère de la Sécurité, le « Bureau de Presse » pour le Gouvernement et enfin le « ComMin » pour la MINUSCA. Bien évidemment ces canaux ne sont pas exhaustifs mais permettront aux compatriotes d’obtenir des informations crédibles.
Nous pouvons également citer Dandara Réconciliation News, notre organe de presse qui observe une démarche méthodologique de vérifications des sources, d’analyses et recoupages des informations avant toutes publications.
Au regard de ce qui précède l’édiction d’une loi de presse encadrant et régulant les médias en ligne serait la bienvenue. Celle-ci permettra de rattraper ce retard constater sans porter atteinte à la liberté d’expression.

Le Phénix