Effondrements de ponts, éboulements de terrains, débordements de caniveaux, embouteillages, insalubrité, promiscuité, banditisme, délinquance, absence des infrastructures routières, occupations anarchiques des espaces de la ville et constructions anarchiques des maisons d’habitation et nous en passons …

Ces problèmes que connaissent les grandes villes africaines et du monde en général, Bangui, capitale de la République Centrafricaine en particulier, ne sont plus à dissimuler. En effet, si tant est vrai que « la coquette » a su autrefois attirer moults touristes et susciter l’émoi, il n’en demeure pas moins que Bangui n’est plus ce qu’elle était. Une ville devenue beaucoup trop petite pour une population dont l’exode rural à entrainer une forte augmentation d’habitants (la capitale selon les estimations de Janvier 2018 de la Mairie et de ses 2 communes à savoir Bimbo et Begoua, dépasserait légèrement les un million.

Cette situation a alerté les autorités centrafricaines. Plusieurs experts nationaux et internationaux réfléchissent depuis lundi et ce, pendant 10 jours, sur un plan d’urbanisation de la ville de Bangui.

A l’ouverture des travaux, des experts du ministère de l’urbanisme parlent d’un projet qui s’inscrit dans une perspective globale de reconstruction du tissu urbain et social de la ville de Bangui. Cette initiative qui est promue et accompagnée par le Projet de Réhabilitation Economique et Sociale en Milieu Urbain (PRESU) a été financée à hauteur de dix milliards quarante-huit millions de FCFA par l’Union Européenne à travers le Fonds Bekou.
Madame Samuela ISOPI, Ambassadrice de l’Union Européenne, souligne à propos de ce projet : « l’objectif est de redonner vie et dignité à la vie des quartiers et à leurs populations à travers le réaménagement des espaces de la vie publique, et la restauration des services sociaux de base, pour améliorer l’accès à l’éducation et à la santé ».
Les travaux des Ateliers Cergy permettront ces experts centrafricains et internationaux d’imaginer la « Bangui de demain ». Depuis plusieurs décennies l’Union Européenne accompagne le plan de développement en Centrafrique grâce au pilier de relèvement du Fonds Européen de Développement (FED). Il faut en outre compter sur les jeunes urbanistes centrafricains formés à l’étranger. Presque 10 nouveaux urbanistes sortent chaque année de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU) à Lomé au Togo, dont la RCA est partie prenante à la Convention et au conseil d’administration.

« Bangui la Coquette » devra se trouver une nouvelle parure et faire fit de sa période grise où conflits et guerre ont entaché sa réputation. Elle devra tenir compte d’une répartition équilibrée des espaces en mélangeant les ethnies et les cultures afin d’éviter ce que nous voyons aujourd’hui à savoir des quartiers musulmans d’une part ou chrétiens d’autres parts. La capitale centrafricaine de demain devra également tenir compte des attentes de la jeunesse qui exigent de plus en plus de lieux de loisirs et de détente. Seuls existent 3 parcs et 2 terrains de sports pour des jeunes qui représentent près de 92 pour cent des habitants de cette cité.

Kota Wali pour DRN