Centrafrique : Un réveillon ensanglanté à Bakouma

Il ne passe plus un jour en Centrafrique sans que la voix des armes ou celles de victimes ne fassent écho dans les médias. Alors que le monde se préparait au réveillon de la Saint-Sylvestre, au pays de Boganda, les bourreaux du peuple centrafricain lançait une vaste offensive sur la ville de Bakouma, riche en uranium et dont le géant français en la matière, la groupe AREVA détient des permis de prospection et d’exploitation.

Située au sud-est de la République Centrafricaine, la ville minière de Bakouma, très connue pour ses importants gisements d’uranium est un axe stratégique pour quiconque veut déstabiliser la RCA. Elle relie la grande cité de Bangassou, chef-lieu de la préfecture, située à 100 km et le site minier de Nzacko, localité où l’exploitation de diamant est florissant.

C’est dans la nuit du lundi 31 Décembre 2018 au 1 Janvier 2019 que des affrontements mettent aux prises d’une part deux groupes armés issus de l’ex coalitions séléka– la coalition qui avait pris Bangui en 2013 à savoir le FPRC dirigé par Noureddine Adam et Abdoulaye Hissein, de sinistre mémoire et l’UPC du sulfureux Ali Darassa, sujet nigérien ; et d’autre part des miliciens antibalaka et l’armée centrafricaine. L’attaque surprise a bien été coordonné. Les rebelles ont coupé la ligne téléphonique et surpris les soldats centrafricains très peu nombreux et peu armés. Ces derniers se sont repliés à 10 km de la sortie de la ville avant d’être rejoint par les soldats de la mission onusienne qui ont entamé des négociations avec les insurgés.

« On a dégagé les Faca qui sont au niveau de Bakouma », a affirmé à l’AFP à un membre de l’état-major du groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC).

Le FPRC a indiqué son intention d’établir une base permanente à Bangassou pour nettoyer la zone des éléments antibalaka et des FACA.

Le bilan est lourd selon les sources officielles. Au moins une dizaine de personnes ont été tuées dans les combats à Bakouma. La zone autour de Bangassou est fréquemment théâtre de violents conflits entre les groupes armés qui veulent la contrôler. Depuis 2017, la ville est sous la coupe de milices antibalaka qui malgré le retrait des Faca, continuent encore la guérilla dans quelques quartiers de la ville. La MINUSCA a affirmé contrôler la situation alors que le gouvernement centrafricain condamne ces attaques qui entravent le processus de paix.

Notre rédaction suivra de près l’évolution de cette nouvelle situation.

Le Phénix