Par décret n° 19.063 du 3 mars 2019 portant nomination ou confirmation des membres du Gouvernement, le professeur Faustin Archange Touadera, président de la République Centrafricaine et chef de l’Etat a nommé après composition par le Premier Ministre, chef du Gouvernement, Monsieur Firmin Ngrebada, un gouvernement dit d’Union Nationale qui compte 37 ministres.

Cependant depuis ce Lundi matin, 4 Mars 2019, plusieurs groupes armés ont fermement dénoncé ce gouvernement et menacé de se retirer de l’Accord de Khartoum invoquant un non-respect des clauses de l’Accord de Khartoum dont précisément l’article 21 qui mentionnait la mise en place d’un Gouvernement inclusif. Si hier en soirée, sur la route nationale numéro 1 entre les villes de Baboua et la frontière camerounaise de Garoua-Boulai, les rebelles du FDPC ont effectué plusieurs tirs de sommations pour maquer leur mécontentement, les groupes armés FPRC, MPC, MLCJ et le FDPC ont publiquement fait des communiqués dénonçant ce gouvernement et menaçant de se retirer

Plusieurs ministres, une vingtaine sont reconduits dans leur fonction, entre autres celui à la Défense nationale, aux Finances, à la Justice, à la Communication, à l’Intérieur, à l’Economie, aux Affaires Etrangères et à la Jeunesse et Sports

Six (6) des 14 groupes armés entrent au gouvernement : Maxime Mokom, l’un des chefs d’une Mouvance des milices antibalakas qui obtient le portefeuille du programme DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion/Rapatriement), Ndomate de l’aile des antibalakas Ngaissona obtient le ministère du Tourisme, de l’Art et de la Culture. Souleymane Daoua, porte-parole de l’UPC, une branche de l’ex séléka dont le chef est Ali Darassa, devient Ministre de l’Elevage, un département très important qui permettra de régler les problèmes de transhumances des pâturages et des conflits entre agriculteurs autochtones sédentaires et éleveurs peulhs nomades et pour la plupart venus des pays voisins. Enfin le FPR C obtient deux départements soit celui des Eaux, Forets, Chasses et Pêches et celui de l’Energie et de l’Hydraulique

Quelques changements importants sont à signaler, l’entrée dans le gouvernement de Maxime Balalou, un technocrate compétent réputé « homme de confiance de l’ancien Premier Ministre Simple Mathieu Sarandji et Bertin Béa, secrétaire générale du parti de l’ancien président François Bozizé du Knk

En Centrafrique les groupes armés contrôlent près de la totalité du pays, un Accord de Paix et de Réconciliation Nationale, le 8ème depuis la crise de 2013 avait enfin été trouvé en Janvier dernier à Khartoum au Soudan grâce à la médiation russe et sous initiative de l’Union Africaine, aujourd’hui beaucoup de centrafricains et centrafricaines sont en droit de se demander, de quoi sera fait l’avenir qui désormais semble incertain. Qu’en sera-t-il de ce gouvernement qualifié par nos confrères de RFI de « gouvernement de rupture dans la continuité » ?

Le Phénix