Un gouvernement remis en cause

Alors que hier encore, mon précédent article, annonçait une remise en cause du Gouvernement par quelques groupes armés tels que le FPRC, le MPC, le FDPC et le MLCJ, l’on apprend encore une amplification des réactions hostiles au nouveau gouvernement centrafricain, dirigé par le Premier Ministre Firmin Ngrebada, un homme de confiance du président.

Ainsi l’UPC de Ali Darassa, la Séléka Rénovée pour la Justice et la Paix et ses alliés dont le Mouvement National des Ex Libérateurs Centrafricains (MNLC), groupe armé non reconnu parmi les 14 officiels, commandé par le Général Adoum Rakis ont également fait défection. A cela s’ajoute d’autres acteurs politiques tels que le parti URCA mais également le parti Kwa Na Kwa de l’ex président François Bozizé dont le Secrétaire Général, l’honorable député Bertin Béa avait été également nommé au sein du Gouvernement. Enfin, la société civile, par une réflexion sur la crise en Centrafrique signée du sieur Béninga, a indiqué d’un ton sceptique qu’elle réagirait par le biais d’une conférence de presse sur sa position relative à ce nouveau gouvernement formé et contesté.

Dans un communiqué vidéo circulant sur les réseaux sociaux, le Premier Ministre Firmin Ngrebada a appelé l’ensemble des groupes armés à se calmer et à venir aux négociations. Employant le terme de « mouvement d’humeurs de nos frères », il a expliqué que la compréhension de l’Accord de Khartoum par les groupes armés était ambiguë, surtout sur la question de l’article 34 qui parle de la mise en place d’un Gouvernement inclusif. Les groupes armés quant à eux reprochent au chef de l’Etat la désignation d’un Premier Ministre non consensuel et l’absence de représentativité des 14 groupes armés au sein du Gouvernement.

Si tant est vrai que la Communauté Internationale notamment l’Union Africaine et la Médiation russe se sont impliqués dans la résolution de la crise centrafricaine par l’organisation des Pourparlers au Soudan, elle ne s’est pas encore prononcée jusqu’alors sur la réaction des uns et des autres, face au nouveau gouvernement. Il faut noter toutefois que l’Accord de Khartoum prévoit en son sein des mécanismes de gestion de crises ou incompréhensions qui pourraient survenir entre les groupes armés et l’exécutif centrafricain. Dans l’espoir qu’une solution pacifique sera trouvée dans les prochains jours, nous espérons que les différentes parties engagées au processus de paix sauront placer les intérêts supérieurs de notre pays au-dessus du désir irrésistible de pouvoir.

Le Phénix de DRN