Une journée dominicale qui commence et finie dans les coups de feux et des affrontements. Telle est la situation de la capitale centrafricaine, Bangui qui a subit un regain de violence en ce jour du Sabbat, d’abord entre 2h à 6h du matin puis de 18h à 21h du soir.

Dandara Réconciliation News (DRN) a enquêté pour vous et a recoupé les témoignages des habitants et internautes tout en se basant sur les communiques officiels. Voici en brèves, le condensé de cette tragique journée.

Tôt dans la matinée du 8 avril, Hervé Verhoosel, l’un des porte-parole de la MINUSCA a invité les populations centrafricaines sur les ondes radios nationales notamment celles du secteur du PK 5 « à ne pas sortir de chez elles » et de rester branchées sur RNL pour avoir des informations supplémentaires sur une opération conjointe lancée par les Forces de Sécurité Intérieure et la Minusca. Toujours selon ce dernier, c’est à la « demande des habitants, commerçants et officiels du 3ème arrondissement de Bangui que cette opération de désarmement a été décidée ». Le but étant de mettre fin aux agissements de certains membres des groupes criminels ou de groupes mafieux qui pratiquaient raquettes, extorsions dans le quartier tout en  semant la terreur.

Le Général Balla Keïta, Commandant de la Force de la Minusca lors de la dernière conférence de presse hebdomadaire de l’institution avait d’ailleurs déclaré :

« Il faut que ces groupes armés et criminels au KM5 soient désarmés. On ne fera plus de marche arrière, l’opération est en cours de planification avec beaucoup de professionnalisme et beaucoup de détermination ».

C’est ainsi que ce dimanche de 2h à 6h du matin, les casques bleus de la Minusca (le contingent égyptien principalement) a lancé tôt une opération de désarmement des miliciens du Km5. Les forces onusiennes se sont positionnées à tous les axes clés du secteur et ont investi la base du principal insurgent Nimery Matar, le surnommé « Force », ex séléka, proche du FPRC de Nouredine Adam. Ne l’ayant pas trouvé, ils ont toutefois procédé à plusieurs arrestations de miliciens et ont saisi un important stock d’armes de guerre et de munitions.

A 5h 15, les forces conjointes MINUSCA-FSI ont essuyé des attaques des populations du km5. Entre jets de pierres, de grenades et de tirs à balles réelles, le commandement des forces internationales a choisi de retirer ses troupes et suspendre sa mission au risque de causer des pertes en vies humaines innocentes car les assaillants étant confondus au sein de la population civile.

6h00 : la garde présidentielle et les casques bleus sont positionnés devant le siège de la Minusca sur l’avenue Boganda qui donne une vue sur le commissariat. Aussitôt après le retrait de la MINUSCA, plusieurs éléments des autodéfenses du km5 ont pille le commissariat et pos des barricades dans le quartier, paralysant les activités quotidiennes.

Dans son communiqué de la journée, le gouvernement centrafricain affirme que « l’opération de désarmement du km5 est toujours en cours et que la mission de la MINUSCA est un succès ».

La situation restera tendue mais calme toute la journée jusqu’à ce qu’aux environs de 18h 00 ou des premiers coups de feux éclatent au quartier boy-rabe puis vers la radio Ndeke Luka ou se situe la base du contingent égyptien de la Minusca. Selon les témoignages, des ex-Seleka du camp Béal ont attaqué la base des casques bleus Egyptiens derrière le camp Fidèle Obrou en face de Radio Ndeke Luka avant d’être mis en déroute. La résidence du président Touadera étant  à  moins de 300 mètres de là n’était pas la cible des dissidents malgré les alertes observés sur les réseaux sociaux et les informations relayées par la presse internationale notamment « Afrique News ». Il semblerait que les séléka avait décidé de libéré leurs frères d’armes arrêtés plutôt dans la journée par ce même contingent onusien

Il convient toutefois de se poser des questions sur la recrudescence des violences dans la capitale centrafricaine alors que l’Union Africaine négocie actuellement un accord de résolution de la crise.

Un appel est lancé à toutes et tous de ne pas sombrer dans un cycle de représailles qui n’aboutira à rien.

 

Kota Wali