Rhombot (Rambo) et la CPI

Depuis son arrestation, le député « pistolero » centrafricain Alfred Yekatom Rhombot a été conduit à la Cour Pénale Internationale. Qu’en est-il de la procédure en cours et que lui reproche-t-on ?  

Les chefs d’accusation portés à son encontre sont multiples : crimes de guerre, crimes contre l’Humanité, détention illégale d’armes de guerre, association de malfaiteurs, tortures, enterrement de personnes vivantes, rançonnages de camionneurs, de commerçants, terrorisme dans le sud-ouest de Bangui. Bien que la plupart des accusations portées contre lui existaient depuis 2014 au niveau national, la CPI ne le jugera que pour deux raisons, les crimes de guerre et contre l’Humanité pour lesquelles elle est compétente. Force est toutefois de rappeler que c’est en vertu d’un accord existant entre la Cour Pénale Spéciale de Bangui et la CPI que cette dernière s’est saisie de l’affaire du député récidiviste et a demandé aux autorités centrafricaines, notamment parlementaires de levée son immunité et d’autoriser son extradition à La Haye. Par cet acte, la justice internationale et les autorités centrafricaines montrent aux yeux du monde que l’impunité n’existera plus désormais en République Centrafricaine.

La représentation nationale de la CPI à Bangui, à l’instar de la Fédération internationale des Droits de l’Homme, a fait savoir à toutes les victimes de contribuer à la documentation suffisante afin que Rhombot réponde de tous ses actes.

L’opinion nationale a reçu cette nouvelle avec beaucoup d’appréhensions, car si tant est vrai que l’une des recommandations du forum de Bangui sur la justice et l’impunité zéro semble respectée, il est étonnant qu’elle ne s’applique que pour l’heure aux leaders et chefs associés aux antibalakas, qui il faut l’avouer, bénéficient d’une large congratulation de la part des populations et perçus comme des héros de la résistance face aux envahisseurs séléka. Par ailleurs, comment comprendre que des chefs de guerre sélékas ou des autodéfenses du km5, ne soient pas inquiétés ni arrêtés malgré l’existence de mandats nationaux et internationaux délivrés contre eux ?

Enfin se pose un problème juridique des plus intéressants pour les pédagogues du droit, la CPI pourra-t-elle accuser le député Rhombot de certains crimes alors que la Cour Constitutionnelle de Transition (la plus haute juridiction nationale centrafricain) de l’époque a déclaré sa candidature aux élections législatives recevables et légales malgré les accusations portées contre lui ? La CPI reviendra-t-elle sur un verdict déjà rendue ? Qui du droit national et internationale est prépondérant en terme de justice ?

A savoir ! Le cas centrafricain offre des retournements de situations et des paradoxes déconcertants. L’avenir nous le dira

Kota Wali de DRN