Chaque société célèbre ses héros, ses martyrs. Ils se sont en effet sacrifiés ou se sont battus pour que leur nouvelle génération puisse gouter à une vie meilleure. Le monde, plus particulièrement l’Afrique, regorge de ces figures de luttes. Au contact de l’Occident, l’Afrique est entrée dans le cycle de dominations diverses. De l’esclavage à la colonisation beaucoup des actes inhumains ont été causés. Beaucoup de luttes guerrières, politiques, intellectuelles, d’insurrections ont vu jour : des héros en sont assortis…

En Centrafrique, un homme s’est illustré, portant le flambeau de la lutte non violente, donnant l’occasion à ses frères et sœurs de se faire entendre et se faire respecter. Il s’agit de Feu Barthelemy BOGANDA grand homme politique centrafricain, considéré comme le Fondateur de la République et qui, malheureusement a rendu l’âme suite à un accident tragique d’avion le 29 mars 1959.

Cette journée est demeurée commémorative de sa disparition et célébrée chaque année par le peuple centrafricain dans son ensemble.

Barthelemy-Boganda-président fondateur de-la République Centrafricaine-à gauche du gcénéral De-Gaulle
Barthelemy Boganda, président fondateur de la République Centrafricaine à gauche du général De-Gaulle

Qui est-il ? Que nous apprend sa vie ? Quelle importance donnons-nous à la commémoration du 29 Mars ?

Qui est vraiment Barthelemy BOGANDA ?

BOGANDA, né vers avril 1910 à Bobangui, est issu de l’ethnie Gbaka qui occupe la préfecture de la Lobaye. Son nom vient du mot GBOGANDA qui signifie : je suis ailleurs, je ne suis nulle part. Avec cette appellation plein de sens prophétique, ce digne fils du pays a su faire un nom dans la lutte de l’émancipation de son peuple. Passant par plusieurs étapes dont celle de prêtre de l’église catholique, l’abbé Barthelemy BOGANDA fut le premier bachelier autochtone, premier prêtre ordonné de son pays, premier député à l’assemblée française bref, premier homme politique centrafricain. Témoin de la souffrance de son peuple sous les maltraitances coloniales, il a abandonné sa soutane pour se consacrer à la lutte émancipatrice de ce peuple.

En Oubangui-Chari (actuel Centrafrique), il créa son propre parti en 1949, le MESAN (Mouvement de l’Evolution Sociale de l’Afrique Noire) ayant pour base les cinq verbes salvateurs de sa ligne politique : nourrir, vêtir, guérir, instruire, loger. En nouvelle qualité de leader indépendantiste et panafricaniste, BOGANDA était porteur d’un projet d’unification des pays des grands lacs en une seule nation.  Il monta le projet des États-Unis de l’Afrique latine, au-delà de l’Afrique Equatoriale Française (AEF), incluant l’Angola ou le Congo Belge (actuel République Démocratique du Congo). En dépit de tout ce combat si fort et décisif, il mourut soudainement dans un accident d’avion un 29 mars 1959, en pleine campagne électorale, dans la savane arborée de la Lobaye, avec neuf de ses collaborateurs. Il reste unanimement le père Fondateur de ce pays au cœur de l’Afrique dont il a doté d’un drapeau, d’une devise et d’un hymne national.

Que pouvons-nous apprendre de sa vie ?

La mémoire des grands hommes a été toujours célébrée en Afrique et de par le monde.  Certaines figures emblématiques panafricanistes comme : Patrice LUMUMBA, Kwame N’KRUMAH, Barthélemy BOGANDA sont de cet acabit

Etant lui aussi panafricaniste, partisan de la non-violence et défenseur des droits des nègres pendant la colonisation, B. BOGANDA, un fils de paysans centrafricains, a porté sur ses épaules le lourd fardeau des indépendances. Il se retournerait dans sa tombe de voir aujourd’hui les enfants de son Centrafrique tomber dans les travers de la violence aveugle et fratricide. Son sacrifice serait-il vain ?

Homme franc, clair dans ses idées, il avait eu en son temps plusieurs déboires en défendant les droits de ses pairs qui vivaient dans les conditions coloniales déplorables. Il avait supporté des sanctions, des insultes, des remontrances, la prison…, laissé sa carrière de cléricale pour se consacrer en plein temps aux luttes indépendantistes et à la politique, aux bonnes causes par certaines prises de positions courageuses. Son sang, coulé le jour fatidique du 29 mars 1959, symbolise son héroïsme national.

Société civile, classe politique, groupes armés… devrions avoir une vision proche de cet homme, vision qui se résume par la tolérance, le pardon et le soutien à son peuple. Nous avons encore cette obligation d’agir de manière patriote pour l’intérêt général en ayant à l’esprit les cinq verbes du MESAN : nourrir, vêtir, guérir, instruire, loger comme cheval de bataille nationale, en ayant dans toutes nos conduites citoyennes l’unité, la dignité et en accomplissant le devoir national par le biais d’un travail consciencieux. Ceci, afin de rendre hommage à cet héroïque homme qui a fondé la nation centrafricaine et l’a tant aimée jusqu’à en nourrir….

Quelle importance donnons-nous à la commémoration de sa mort ?

L’évènement du 29 mars 1959 est un évènement de mémoire nationale, vécu par le citoyen centrafricain avec respect et amour de la patrie comme symbolisme fort légué par le président Fondateur. Cet accident tragique du 29 Mars 1959 traduit encore la lutte contre l’hégémonie néocoloniale : chaque citoyen se doit de combattre activement afin de libérer le Centrafrique retombé dans la servitude. L’histoire de la lutte indépendance devait aiguillonner les concitoyens de BOGANDA à sortir du carcan de la division et à préserver la nation de la guerre civile.

Seulement voilà… Le constat amer est que la nouvelle classe politique Centrafricaine foule largement de plein pied l’héritage de BOGANDA, de même que ses cinq verbes principaux. La ville de Bangui jadis appelée Bangui la coquette s’est transformée humoristiquement en Bangui la roquette. Des épisodes meurtrières et malheureuses ont émaillé le quotidien de notre chère nation, lui valant effectivement ce sobriquet de Bangui la roquette. BOGANDA serait donc très mécontent dans sa tombe de voir ce pays qu’il avait trop défendu, être pris en otage pendant plusieurs années, que ses petits-fils s’entretuent sans laisser une possible une porte de sortie de sa crise.

Depuis la venue du Président TOUADERA à la commande, l’important en commémorant cette journée est de nous mobiliser pour tracer des pistes de sortie de crise, seul chemin de paix voulue et léguée par BOGANDA.

En ce autre 29 mars 2018, articles, émissions radiotélévisées doivent concourir à sensibiliser les centrafricains à la paix afin de pousser notre génération à se rendre compte de ses erreurs et à rebrousser chemin vers l’entente, la tranquillité, l’Unité, la Dignité et le Travail.

Toute l’équipe de Dandara Reconciliation News se joigne au gouvernement centrafricain pour souhaiter une très bonne commémoration du 29 mars 2018.

Que musulmans, chrétiens, animistes, hommes politiques, opérateurs économiques, groupes armés, amis de Centrafrique prennent conscience du désagrément que nous causons tous à notre pays. Partout où nous nous trouvons, pensons à faire flotter les cinq couleurs définies et choisies par BOGANDA, notre drapeau.

 L’occasion nous est donnée ici d’adresser nos vives félicitations et remerciements à l’endroit du gouvernement centrafricain pour la réhabilitation du musée national Barthelemy BOGANDA qui en avait grandement besoin afin d’être mis en valeur car étant le seul pour le moment.

Bonne journée commémorative !!!!!!!!!!!

 

 

 

Le Centro Rassembleur