L’année 2019 s’annonce décisive pour le retour de la paix en République Centrafricaine  grâce aux efforts déployés par le gouvernement appuyés par la communauté internationale. Cet élan de solidarité et de compassion est venu tout naturellement de la part des Etats membres de l’Union Africaine (UA) qui ont prouvé ce dont ils sont capables en de pareilles occasions de crise. Promptement, ils interviennent pour éteindre le feu qui embrasait la case Centrafrique. L’histoire de cette solidarité inouïe remonte aux années 1990 où le pays faisait face à une série de mutineries d’une partie de l’Armée nationale.

Puis s’ensuivaient des tentatives de coups d’Etat, des coups d’Etat et des rébellions dévastatrices qui ont mis la RCA sens dessus sens dessous la  réduisant à néant. Une situation dramatique qui ne laisse pas indifférente la communauté internationale et les organisations humanitaires internationales qui ont volé au secours d’un peuple sinistré.

Dans cet imbroglio, l’UA s’est mise au devant de la scène pour chercher les voies et moyens d’un règlement pacifique de la crise en proposant sa médiation. Elle a organisé le sommet historique de Khartoum entre le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés. L’aboutissement heureux s’est soldé par la signature d’un accord de paix entre les belligérants. Puis, ceux-ci se sont retrouvés à Addis Abeba en Ethiopie, siège de cette organisation continentale pour aplanir certaines divergences qui ont surgi au lendemain de la composition du nouveau gouvernement que dirige Firmin Ngrébada.

Par ailleurs, il convient de rappeler qu’à l’époque, l’UA et les Nations-Unies  avaient déployé en Centrafrique des forces d’interposition MISAB, MINURCA, BONUCA, FOMAC etc. pour être remplacées par la MINUSCA forte de 12 mille hommes, militaires et civils de plusieurs nationalités. A l’issue de l’accord de Khartoum, un calme relatif semble revenu dans le pays en vue de permettre à la population de vaquer librement à ses occupations quotidiennes.

Le seul couac est que les gouvernants peinent à rétablir l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national ; les écoles et hôpitaux en province manquent cruellement de personnels qualifiés. Ce qui compromet dangereusement l’avenir du pays. Les enfants risquent de perdre leur année scolaire et par manque de soins adéquats, le taux de décès est élevé à ce jour. En outre, il existe dans certaines zones, il y a encore des poches de résistance des rebelles incrédules à l’accord scellé. Ils brillent par des attaques sporadiques meurtrières contre les civils. Pis encore, les éleveurs et agriculteurs ne peuvent vaquer librement à leurs occupations quotidiennes à tel point que la production est en baisse constante. Et le pays est menacé par une éventuelle crise alimentaire.

Les Centrafricains se sont résolus à ne consommer les produits congelés importés de qualité douteuse. Car, nous ne connaissons pas la provenance de ces volailles, poisson, viandes, légumes au prix largement abordable etc.  Bref ! Il faut revenir absolument à une vie normale après la tempête.

L’embargo et les FACA

En 2013, au plus fort de la rébellion, le conseil de sécurité des Nations-Unies s’est réuni et a infligé à la République Centrafricaine un embargo sur la vente d’armes comme il est de coutume en de pareilles occasions. Du coup, l’armée nationale est sur le carreau laissant le champ libre aux groupes armés de sévir en toute impunité. Les conséquences immédiates sont les pertes en vies humaines, le calvaire des réfugiés et des déplacés internes qui vivent dans des conditions déplorables manquant d’un minimum vital.

Aujourd’hui, les compatriotes espèrent vivre une nouvelle ère mais qui, malheureusement, est moins rassurante. ils espèrent bien entendu avec Khartoum retrouve la quiétude d’antan se basant sur la levée totale de l’embargo afin de donner les coudées franches aux FACA d’être opérationnelles pour assurer leur sécurité aux côtés des troupes Onusiennes de la MINUSCA. Les compatriotes estiment que les FACA peuvent ramener la confiance et la paix parce qu’ils maîtrisent les recoins du pays et peuvent débusquer facilement l’ennemi dans sa planque.

Ceci étant dit, le président de la République, Faustin Archange Touadéra a mené une offensive diplomatique pour obtenir la levée totale de cette sanction Onusienne. Il s’est rendu récemment à New York et à Washington pour plaider le dossier. Ses partenaires sont sensibles à sa demande et lui promettent une réponse au mois de juillet prochain. En RDC et en Côte d’Ivoire, ces deux pays africains ont connu la guerre mais jamais leur armée n’est mise à l’écart. Alors, pourquoi seulement la Centrafrique ? S’opposer à la levée de l’embargo équivaut à une volonté manifeste de perdurer la crise dans ce pays. Rien d’autre.

Ben