Depuis son accession au pouvoir, le Président de la République le Professeur Faustin Archange TOUADERA a privilégié la voie du dialogue pour une sortie de crise définitive et durable. A cet effet, il a signé le 06 février dernier un accord de paix et de la réconciliation avec les représentants des 14 groupes armés qui contrôlaient 80% du territoire national. Cet accord de paix, quoique loin de gagner l’adhésion de tous, posant encore quelques problèmes dans sa mise en œuvre effective, oblige la population à observer une patience combien ô salutaire.

 

                        Critiques autours de l’accord

L’accord de paix et de la réconciliation négocié à Khartoum et signé à Bangui a essuyé quelques critiques dès les lendemains de sa signature. La plus virulente concerne la nomination des chefs rebelles à des postes de responsabilité. Pourtant, les termes de l’article 21 de cet accord dit : « le Président de la République, Chef de l’Etat, s’engage à mettre en place immédiatement après la signature du présent accord un gouvernement inclusif ». En application de ces dispositions, un gouvernement a été mis en place, accordant de nombreux portefeuilles ministériels aux représentants des chefs rebelles. Vent en poupe contre ces nominations, une partie de la société civile et certains partis politiques réunis dans la plate-forme E ZINGO BIANI se mettent à qualifier l’accord d’insulte à l’égard des victimes de la crise qui a secoué le pays. Nombreuses également sont les critiques qui portent sur l’hypocrisie des groupes rebelles qui, se déclarant favorables pour un retour de paix, continuent sur le terrain de tuer, de piller et d’extorquer la population via les barrières érigées dans les zones sous leur contrôle.

       Mise en œuvre timide mais convaincante de l’accord de paix

En dépit de ces critiques, l’accord de paix et de la réconciliation fait ses preuves lentement. Les opérations de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) lancées officiellement en décembre 2018 par le Président de la République ont débuté de manière effective sur le terrain ces derniers mois. Ces opérations ont permis la démobilisation de 34 combattants du groupe des 3R de SIDIKI Abass ; 44 combattants du groupe FDPC de Abdoulaye MISKINE et 20 combattants armés du groupe des anti-balakas de UFR fondamentale. Le gouvernement centrafricain a également annoncé dans le mois de juillet le début des opérations de levée des barrières anarchiques et restitution des bâtiments publics. 

A en croire le rapport à mi-parcours de la mission onusienne en Centrafrique, la violation des droits de l’homme a sensiblement diminué dans le pays. Cette mission onusienne a recensé pour les six premiers mois de l’année qui coïncident avec la mise en place de l’accord de Khartoum, 565 abus ou violations des droits de l’homme et du droit humanitaire international, contre 1674 rien que pour le premier trimestre de 2018. On peut dire que Khartoum a permis sans conteste une baisse sensible des exactions diverses en RCA. 

Selon nos confrères de RFI : « la mise en place de l’accord de paix a sans doute permis de créer un environnement propice au dialogue limitant les combats et les attaques ». 

 

                                             Patience oblige

Ce que veulent les centrafricains aujourd’hui, c’est la paix et la sécurité. Celles-ci ne se feront qu’avec le désarmement entrepris par le gouvernement sur la base de l’accord de paix de Khartoum. Même si le désarmement est souvent une opération délicate qui prend nécessairement du temps, chaque centrafricain devrait prendre son mal en patience et permettre la mise en œuvre totale et progressive de cet accord. 

L’accord de paix et de la réconciliation du 06 février 2019 à toute sa chance de réussir, seulement le peuple centrafricain doit faire preuve de patience. Cette patience exige l’adoption d’un comportement responsable afin de ne pas créer des anicroches qui entraveraient le processus de paix en cours. Car comme disait un auteur ici anonymé : « « la paix n’est pas un vain mot, mais c’est un comportement ».

 

                                                                                                                                                                   MOUGLI