face à la levée sans condition et totale de l’embargo

 

Les centrafricains de tous bords ont organisé une gigantesque marche pacifique pour demander la levée de l’embargo. Selon les manifestants, c’était leur dernier recours.

 

Les centrafricains, jeunes et adultes de tous bords se sont donnés rendez-vous tôt dans la matinée du 28 janvier 2019 pour manifester leur ras-le-bol contre le maintien de l’embargo, sanction infligée par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur les armes à la République Centrafricaine. Cette sanction vise plus particulièrement les Forces Armées Centrafricaines (FACA) mises sur le carreau depuis le déclenchement de la crise en 2014.

L’énième prorogation de cet embargo est dommageable à la sécurité de la population civile exposée aux exactions de tous genres. Voilà pourquoi les compatriotes ont pris l’initiative de mener cette action citoyenne pour rappeler à la communauté internationale qui nous appuie dans la recherche de la paix qu’il y a un calme relatif qui revient dans le pays et la reconduction de l’embargo est inopportune. Qu’il fallait prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité de la population et l’intégrité du territoire national.

Aller au conseil de sécurité…

Ils n’attendent que leur déploiement sur le terrain aux côtés des forces onusiennes de la MINUSCA pour atténuer la souffrance de leur population, clament les centrafricains.  Aussi excédés par cette impasse, les jeunes ont décidé à l’unisson de faire entendre leur voix en reconduisant d’autres marches pacifiques.

Sur le plan international, les Etats-Unis d’Amérique, la Russie, la Chine, la France, l’Union Africaine et l’Union Européenne suivent à la loupe l’évolution de la situation en République Centrafricaine. Ils souhaiteraient chacun la levée définitive de l’embargo mais apparemment chacun aurait ses visées qui ne servent pas forcément les intérêts de la Centrafrique. L’exploitation frauduleuse des ressources minières par chaque prédateur parmi lesquels certains contingents de la MINUSCA collaborent de cette traine.  Aussi, la situation actuelle offre bien des privilèges économiques. Ce n’est plus un secret de polichinelle.

Alors, dans ce cas que faut-il faire ? Marcher même pendant des jours en occupant les artères de la capitale, paralyser les activités administratives et commerciales pour se faire entendre ? Déjà, le bilan de la seule journée du 28 janvier est énorme en termes de pertes en devises pour le Trésor Public.  L’administration et les transports ont suspendu leurs activités.

Les organisateurs seraient toujours déterminés, disent-ils, à marcher. Et s’il y a lieu, ils se déporteront à New York au siège du conseil de sécurité des Nations-Unies pour leur remettre un mémorandum. Ils sont fatigués par la diplomatie qui ne porte pas de fruit afin de sortir un peuple meurtri de l’ornière. C’est le même son de cloche dans plusieurs villes de la République.

Rappelons que le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a maintenu cet embargo quoiqu’avec quelques assouplissements.                                                                

 

Ben