Le TRAMADOL, un des déclencheurs de crimes odieux.

Le mardi 11 juin 2018, la douane nigériane a intercepté 35 conteneurs d’un produit prohibé appelé TRAMADOL ou TRAMOL. La saisie de ce produit qui a fait la une des journaux n’est pas la première du genre dans les ports en Afrique de l’ouest (Togo, Benin, Ghana…) ces dernières années. La consommation de ce produit dangereux est devenue un problème de santé publique de grande envergure dans nos villes africaines, s’amplifiant dans celles qui sont des zones de conflit comme les villes Centrafricaines. Si ce produit est consommé en Centrafrique par les conducteurs de taxi-moto pour ne pas se fatiguer et maximiser leurs recettes journalières ou par certains jeunes pour optimiser leurs performances sexuelles, …d’autres les utilisent pour se surpasser afin de commettre des crimes odieux. Le TRAMADOL venu principalement de la chine et de l’Inde est réputé provoquer par une ignorance un danger de santé chez certains consommateurs. Et son utilisation par les auteurs des attentats-suicides de la secte islamique Boko Haram et de certains groupes djihadistes dans le sahel et le Moyen-Orient lui a valu le célèbre nom de drogues des Kamikazes. Il ne cesse de se faire s’apprécier dans le milieu du grand banditisme.
Qu’est-ce que le TRAMADOL ou TRAMOL ? En quoi est-il dangereux dans la crise centrafricaine ?

 

Qu’est-ce que le TRAMADOL dit TRAMOL ?

Le Tramadol dit Tramol est un antidouleur, proche de la codéine et de la morphine, généralement prescrit en cas de forte douleur ou après une opération chirurgicale. Il a été développé en Allemagne par la firme Grünenthal (GmbH) qui agit sur le même type de récepteur que la morphine. Il a un pouvoir analgésique légèrement plus fort que la codéine pouvant entraîner une dépendance sévère. Ce comprimé est généralement dosé bien au-delà des milligrammes autorisés provoquant des hallucinations, de l’anxiété et a des implications en termes de comportement, des effets psychotiques. Il se vend très bien aux bords des routes car il ne coûte souvent qu’une centaine de francs CFA. Sa consommation massive et détournée de son but thérapeutique créée à terme de conséquences négatives et de terribles dégâts désolants pour la nation. Il a réussi à entrer et à se faire un nom dans le milieu juvénile et du grand banditisme. Il y a eu une explosion de sa consommation, et donc du trafic, dans beaucoup de pays africains y compris le Centrafrique.

En quoi est-il si dangereux dans la crise centrafricaine ?

Il a été très spectaculaire de constater que durant l’opération SOUKOULA au km5, d’importants stocks de la drogue ont été saisis par les forces nationales de défense appuyées par les casques bleus de la Minusca, une preuve que ces produits illicites et dangereux comme le Tramol jouent un rôle très important dans les attaques armées ayant des conséquences très néfastes sur l’entourage et aussi dans le processus de réconciliation. Ces drogues, comme le tramadol, consommées à haute dose poussent leurs sujets consommateurs à commettre des actes d’une violence extrême sans une trace de pitié et de peur. Le cas tramadom a réussi à s’implanter durement parmi les jeunes centrafricains et aussi parmi les porteurs d’armes où il est utilisé pour les manipuler les décisions et encourager à des actes téméraires au dépend de la vie. Il n’est pas à cacher que la dépendance à ce produit, consommé au-delà de la dose de 50 milligrammes autorisée, provoque des troubles de la personnalité, des hallucinations, des désillusions ou des crises d’épilepsie….

Si certains centrafricains se permettent d’égorger leurs semblables sans pitié ou oser consommer la chair de leurs victimes, cela ne peut qu’être que l’action de la consommation excessive de la drogue ou des produits illicites comme le Tramadol. Dans la liste des drogues consommées, il se trouve partout aux coins des rues et ne coûte que quelques centaines de franc CFA donc à la portée de tout le monde. Poussant ces consommateurs à refuser toute négociation ou à prendre des décisions à la va-vite, sous le coup de la colère, détruisant toutes les bases des pourparlers, le tramadol peut être établi comme un fléau en zone de conflit. Sous l’effet hallucinogène, les sujets se prennent pour des héros et commettent des actions violentes de la pire espèce, allant jusqu’au refus de toutes règles de bonne conduite à suivre pour apaiser les tensions. L’utilisation des armes de guerres à des fins personnelles comme le règlement violent des petites querelles du quartier est aussi à la solde de la consommation du Tramadol.

En Centrafrique, nous sommes à une période très sensible où un moindre geste non contrôlé peut faire tomber comme un château de carte toutes ces négociations sérieuses entamées. Toutes les factions militaires en conflit dans la crise centrafricaine ont intérêt à surveiller, à contrôler, à maitriser leurs éléments et à désintoxiquer ceux qui sont sous l’emprise de ces produits dangereux. Ceci afin d’obtenir leur bonne conduite dans la résolution pacifique de cette crise fâcheuse.

Le gouvernement centrafricain à travers les forces de sécurité et la douane doivent augmenter de vigilance lors des contrôles frontaliers afin de réduire au maximum l’entrée de ces produits sur notre territoire. Il faut également accentuer les contrôles aux frontières et tout faire pour démanteler les filières qui font entrer ce produit sur le territoire centrafricain. Il relève du devoir du gouvernement centrafricain et des chefs des factions militaires d’être très stricts pour la consommation de ces produits.

En attendant de voir la suite des consultations engagées dans le cadre de la feuille de route de l’Union Africaine de 17 juillet 2017, toute vigilance sur les troupes est de mise afin de ne pas troubler l’ordre poursuivi de donner une chance à ces négociations de réussir. Un élément armé consommant dangereusement ces produits dangereux oublient facilement son devoir, son objectif, son rôle pour se constituer en un homme à gâchette facile.

« Un homme armé sans éducation civique est un criminel en puissance » aimait dire le capitaine Thomas SANKARA

Le Centro Rassembleur