Se protéger contre les attaques extérieures, assurer la sécurité des personnes et des biens, a toujours fait l’objet de grandes réflexions et nourri les inventions dans l’histoire de l’humanité.

Dans l’antiquité, la construction de grandes murailles pour protéger les peuples contre les envahisseurs était de rigueur et suivie très minutieusement par les grands rois de l’époque car cela leur donnait le moyen d’asseoir leurs autorités sur le territoire. L’on dépensait plein d’énergies, de ressources et de fortunes colossales pour une solide fondation des armées.

 

En ce 21e siècle le Centrafrique a fait des efforts en démocratie pourtant sa situation sécuritaire demeure chaotique sans son armée. Créée à l’orée de l’indépendance en 1960, l’armée centrafricaine souffre dans sa refondation post-crise et dépend depuis un certain temps du concours des casques bleus. Sa décadence a commencé depuis le 18 avril 1996 date de la première mutinerie puis des successions d’enrôlements basés sur le régionalisme jusqu’à sa dissolution en 2015. Elle n’est plus à mesure d’assurer la sécurité nationale afin de matérialiser l’autorité de l’Etat centrafricain sur les 623.000 km2 du territoire.

 

Circonstance aggravante, le 5 décembre 2013, la résolution 2127 du conseil de sécurité des Nations Unies décide d’un embargo sur toute livraison et financement d’armes en direction de Centrafrique, asphyxiant son armée mal équipée, indisciplinée et désorganisée. Et en février dernier, évoquant la situation sécuritaire toujours instable, le Conseil de sécurité a encore décidé de proroger l’embargo jusqu’au 31 janvier 2019. Cependant l’efficacité d’une armée à protéger sa population, à se défendre s’évalue que par son arsenal et son professionnalisme. Cet interdit formel du conseil de sécurité a donc beaucoup contribué à l’échec de la sécurisation de la population. Ces dernières années, le centrafricain n’est plus défendu dignement et cela fait planer un peu de doute sur l’impartialité des forces d’interposition des Nations Unies à protéger la population centrafricaine.

Beaucoup de marches ont été organisées par la société civile ayant pour but de dénoncer l’inefficacité des forces onusiennes à protéger les victimes des barbaries, demander si possible leur départ du territoire centrafricain et aussi le réarmement de l’armée centrafricaine. Ces marches sont une preuve du désir de la population centrafricaine à vouloir être protégée que par sa propre armée nationale. Cela aurait eu des échos puisqu’une mission militaire de l’Union Européenne lancée en juillet 2016 du nom de l’EUTM-RCA est destinée à tracer une ligne directive des réformes nécessaires pour la transformation de nos militaires en une armée professionnelle, démocratiquement contrôlée, représentative de toutes les ethnies composantes du Centrafrique et également de créer les conditions d’un programme de formation. La communauté internationale en plus de certains pays frères et amis se sont portés volontaires pour nous aider à rehausser le niveau technique de notre armée.

La confiance faite à Mme Marie Noëlle KOYARA au ministère de la défense a fait naitre une lueur de changement ces derniers jours-ci à la tête de l’armée centrafricaine, montre du désir que le chef de l’Etat, Son Excellence Faustin Archange TOUADERA est à la hauteur du travail de structuration de l’armée. Une répartition progressive de nos forces pour assurer la sécurité et la protection du centrafricain est déployée. Les gestes, les discours, les rencontres se convergent vers une cohésion sociale et nous montrent à quel point la sécurité et la protection du peuple centrafricain tiennent à cœur les autorités du pays.

L’entrée en scène de la Russie en ce début d’année 2018 auprès des autorités centrafricaines a beaucoup favorisé cette réorganisation de cette armée. La décision du conseil de sécurité considérée comme une jurisprudence à l’embargo sur les armes et autorisant la Russie a apporté un nouveau souffle à l’armée centrafricaine est saluée par la population. Cette coopération se poursuit avec l’inauguration du forum militaire Armée 2018 à Koubinka à Moscou (Russie), en présence du ministre russe de la Défense M. Sergueï CHOÏGOU et de son homologue centrafricaine M. Marie-Noëlle KOYARA. Les deux pays ont même signé un contrat interministériel destiné à renforcer leurs liens militaires le mardi 21 Août dernier. Nous continuons assister au redéploiement des militaires centrafricains dans beaucoup de villes. Et chaque convoi des militaires centrafricains est appuyé par les forces internationales, qui quittent Bangui pour sécuriser les provinces, acclamées au passage par la population éprise d’une fierté nationale.

Souhaitons simplement que la présence de cette armée dans ces villes ne soit pas interprétée comme une déclaration de guerre par certaines factions militaires. Que cette priorité de se protéger ne nous fasse pas tomber dans la peur, dans la méfiance dans l’autre camps. Et que cela se passe dans le respect des directives de la communauté internationale et surtout dans la protection des minorités sans exclusion d’une partie. Que la sécurité du centrafricain sans distinction soit au centre de toutes les discussions visant à trouver une porte de sortie de crise.

La formation, la structuration, la réhabilitation et le redéploiement de l’armée centrafricaine sur toute l’étendue du territoire centrafricain marquera l’affirmation de l’autorité de l’Etat foulée au pied depuis plusieurs années.  Le plus difficile à réussir par les autorités compétentes centrafricaines est de protéger les populations souffrantes des villes occupées sans des dommages collatéraux. Longue vie à l’autorité de l’Etat centrafricain affirmée si loyalement par ces forces de défenses décidées à protéger le peuple centrafricain !!!

N’est-ce pas que défaillance des globules blancs défendant l’organisme humain expose le sujet à beaucoup de maladies qui peuvent lui assurer une mort probable… ? Comme des globules blancs du corps humain, telle est la mission d’une armée.

 

Le Centro Rassembleur