Voilà près d’un mois que les combats font rage dans le Nord de la République Centrafricaine entre deux factions rebelles de l’ex coalition séléka, le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), dirigé par Nourredine Adam et sa branche armée, le Comité National de Défense et de Sécurité (CNDS) commandé par Abdoulaye Hissein, contre le Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice de Toumou Deya.

Tout a commencé à Birao où, voulant lutter contre l’influence grandissante du MLCJ dans cette localité, le FPRC s’est saisi de plusieurs armes de son adversaire, arguant la violation de l’accord de paix et le recrutement massif des combattants soudanais par le MLCJ. Quelques jours plus tard, un malheureux incident entre deux patrouilles MLCJ et FPRC relatif aux gains d’une barrière illégale mettra le feu à la poudre. Pendant près de 3 jours, les deux forces s’affronteront dans Birao, causant un déplacement forcé des populations civiles et alertant les ONGs des droits de l’Homme. Le gouvernement centrafricain dépêchera dans la foulée les forces régulières dans ladite ville afin de protéger les civils et de contrer tout débordement. Le Ministère des Actions Humanitaires déplorera par la voix de son ministre ; « un cataclysme humanitaire » et l’urgence de réaction.

Après Birao, puis Pissi, deux villes de la préfecture de Vakaga dans l’extrême nord-est du pays, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique de Nourredine Adam a été chassé hier lundi matin de la petite localité de Am-Dafock, située à la frontière avec le Soudan, à une soixantaine de kilomètres de Birao.

Le FPRC a cédé à la suite d’une offensive lancée par le MLCJ. L’offensive du MLCJ a débuté vers 4h30 du matin et a duré près de trois heures. Environ 3 000 habitants de Am-Dafock avaient été prévenus de l’imminence de cette attaque, et ont fui dès dimanche vers le Soudan voisin.

Pour le porte-parole du FPRC, Siddick Ali, leurs combattants qui tenaient la ville ont été attaqués par une coalition regroupant des combattants du MLCJ, ceux d’un nouveau groupe armé le PRNC créé récemment, ainsi que « des Djandjawides soudanais et des rebelles tchadiens ». « Ils ont été attaqués sur deux fronts et ont dû battre en retraite », a expliqué Siddick Ali.

« Faux ! » a réagi de son côté le chef du MLCJ et ministre en charge des Groupes armés. Il parle d’une « offensive de ses combattants et de jeunes membres de la communauté Kara ».

Gilbert Toumou Déa a assuré que « la situation dans les trois villes de Birao, Pissi et Am-Dasock était sous contrôle » et a appellé le gouvernement centrafricain à redéployer « des forces de défense et de sécurité dans l’immédiat pour sécuriser définitivement ces zones récupérées par ses forces ».

Le FPRC de son côté a lancé un avertissement après ce qu’il qualifie de « nouvelle violation de l’accord de paix de Khartoum, sans que ses garants ne réagissent ». « Nous ne serons pas responsables des conséquences que cela va entraîner », a menacé son porte-parole Siddick Ali.

La Minusca ne veut pas réagir pour l’instant, mais elle annonce avoir renforcé les patrouilles à Birao et avoir survolé la zone de Am-Dafock.

Pour @DRN, Le Phénix