Prévu dans la loi N° 07.018 du 28 Décembre 2007, le Fonds National de l’Environnement en abrégé FNE a été créée par le décret n° 10.158 du 19 Mai 2010. Ses objectifs et missions sont entre autres d’exécuter en régie les programmes de protection, de gestion et de conservation de la diversité biologique ainsi que les contreparties nationales au financement des projets à caractère environnementaux c’est-à-dire de participer au paiement des contributions de la République Centrafricaine au budget des organisations internationales dans le domaine de l’environnement. De plus, il assure la protection, restauration des sols et la lutte contre la désertification. Il a également compétences à financer l’étude, le financement, l’éducation, la recherche, la sensibilisation de tous les aspects liés aux problèmes environnementaux, au développement durable, à la gestion des populations locales périphériques.

C’est fort de cette mission que, sous l’impulsion de son jeune directeur général, Monsieur Fleury Junior Pabandji, le FNE a achevé une visite de travail dans le Grand-ouest, notamment les Préfectures de la Lobaye, Sangha – Mbaéré et Mambéré Kadéi. Un « constat amer » a-t-il annoncé aux médias lors du retour de cette enquête ; « des mesures fortes pour arrêter l’hémorragie seront prises » a-t-il renchérit.

Dans le rapport de cette mission, il est mentionné que les sociétés minières en particulier font une exploitation sauvage et abusive. La plupart de ces sociétés se sont installées sans pour autant se conformer aux normes environnementales, violant au passage les textes règlementaires légaux en la matière en République Centrafricaine. Par exemple, il est prévu qu’une société du genre qui veut s’installer dans le pays, doit mener préalablement une étude d’impact environnemental et social qui lui permettrait d’avoir un plan de gestion environnementale. Ainsi, l’une de ses illustrations serait le cas d’une société chinoise, illégalement constituée et dont les responsables mêmes seraient en irrégularité de séjour sur le sol national. Cette société chinoise d’exploitation du bois aurait dévastée toute une forêt et transformée un village entier près de Nola en faisant dériver les cours d’eaux. Ainsi l’on constate des barrages anarchiques sur tout le long de la rivière Sangha. Les conséquences premières, c’est la disparition des espèces aquatiques et la rareté du poisson dans la localité. En outre, de grands creux et trous seraient creusés en pleine brousse (l’on ignore leur véritable usage qui seraient plus apparentés à des pratiques religieuses que traditionnels) constituant un danger pour les animaux et populations riveraines. Pire encore, ces sociétés ne paieraient aucunes taxes ni redevances à l’Etat centrafricain. Quelque 76 millions de francs CFA s’envolerait ainsi chaque année.

Qu’à cela ne tienne, le gouvernement semble enfin sorti de sa torpeur. L’heure a sonné pour les Ministères des Eaux, Forets, Chasses et Pêches ainsi que de l’Environnement (écologie) et du Développement Durable, de réfléchir sur ces différents maux. En effet, la RCA à l’instar des autres pays du monde s’est engagé à faire face aux défis liés aux changements climatiques, le FNE a donc été investi pour être avant-gardiste de ce défi !

Notons qu’en Juin dernier, 20 ONG impliquées dans la gestion de l’environnement furent sensibilisées les 18 et 19 juin à Bangui par le FNE. Ce dernier entend mener très prochainement une seconde mission d’évaluation dans les régions de la Kémo, de l’Ouham qui seraient également concernées par ce phénomène d’exploitation forestière et minière abusive et sauvage.

Kota Wali pour DRN