Après les festivités des fêtes de fin d’année, la nativité et le nouvel an, les Centrafricains s’attendent à vivre une nouvelle ère. Les signes convaincants sont perceptibles selon le calendrier politique du gouvernement.  Déjà en décembre 2018, le chef de l’État, Faustin Archange Touadéra a lancé officiellement le processus DDRR à Paoua dans l’Ouham-Pendé en présence de la population locale et de certains chefs des groupes armés. La fin de la crise devrait se profiler au bout de cette activité.

Le gouvernement a choisi cette ville à dessein. Elle est le symbole du désarmement. Elle fut le bastion du mouvement rebelle APRD que dirigea Jean -Jacques Démafouth qui avait déposé les armes pour renoncer à la guerre. Cependant, le groupe RJ d’Armel Sayo Ningatoloum continue de sévir. Il est dit que ceux qui ne se mettront pas dans la logique du processus DDRR tel que conçu pour satisfaire tout le monde, le dernier recours sera le désarmement par la force. Pourquoi ?

En janvier 2019, les membres du conseil de sécurité des nations-unies vont se réunir en assemblée générale pour décider de la levée totale de l’embargo qui frappe les Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cette session, selon certains milieux diplomatiques, ne sera qu’une formalité pour la République Centrafricaine qui a tant souffert à cause de cette crise. Toutes les conditions sont réunies pour obtenir la levée de cette sanction préjudiciable à la population civile.

Normalement, si les groupes rebelles issus des deux communautés-chrétienne et musulmane- acceptent de déposer les armes et de fumer le calumet de la paix ; ceci démontrerait une volonté de vivre ensemble comme auparavant. Déposer les armes signifie cessation définitive des hostilités. Le nœud gordien de ce processus sera inévitablement la tenue très prochaine du dialogue politique qui permettra de jeter les bases solides d’une réconciliation nationale et de la pacification de la République Centrafricaine.

Aussi, les partisans de la balkanisation de la Centrafrique vont rengainer leur kalachnikov et privilégier le développement du pays. Car, le secteur de l’agriculture et de l’élevage est tombé bas ; les paysans ne peuvent plus vaquer librement à leurs activités quotidiennes ; les rebelles affamés les poursuivent jusqu’aux champs pour les racketter. Seule la paix est la solution à cette situation dramatique.

2019, une année charnière

Si la majorité des centrafricains souhaitent vivement le retour de la paix, il faut encore compter avec certaines réticences qui risquent de saborder le processus surtout du côté des chefs de guerre, criminels recherchés par les juridictions nationale ou internationale. Vu l’étendue des crimes commis, ils ne peuvent se livrer à la justice préférant se confiner dans leurs planques.  Encore faut-il qu’ils remettent l’ensemble de leur arsenal de guerre lors du DDRR.

En outre, les enjeux de l’année 2019 sont de taille : avec le désarmement, les humanitaires auront les coudées franches de mener leurs activités d’assistance aux personnes affectées ; le gouvernement centrafricain pourrait enfin prétendre au décaissement total de l’aide de 1300 milliards de francs CFA consentie par la Communauté internationale lors de la Table Ronde de Bruxelles en Belgique.

Autre aspect, il faut remettre les femmes et les jeunes au travail en mettant un accent particulier sur les activités commerciales, agropastorales et celles génératrices de revenus. La survie des centrafricains dépend d’un tel programme qui contribue à la relance de l’économie nationale en dehors du bois et des mines. Nous osons croire que 2019 est une année charnière de développement sur tout le plan. 

Ben