Centrafrique : La responsabilisation des institutions est urgente.

 

En ce 21e siècle, une des urgences est de laisser le peuple s’exprimer librement. Le Centrafrique qui cherche à se frayer un chemin mise sur ses institutions afin de donner un nouveau souffle à son peuple.

Construit avec l’aide de la Corée du Sud et inauguré le 1er janvier 1993, le Palais de l’Assemblée Nationale centrafricaine s’est fait entendre urbi et orbi ce vendredi 26 octobre 2018 par un changement à la tête de cette deuxième grande institution. En effet, cette institution parlementaire nous semblait être depuis plusieurs années une caisse de résonnance. Mais voilà, la destitution de son Président nous pousse à nous demander :

Assistons-nous à une prise de conscience et une responsabilisation accrue des institutions républicaines en Centrafrique ?  

 

L’Afrique n’a pas besoin des hommes forts mais des institutions fortes… disait le premier président américain M. Barack OBAMA devant le parlement ghanéen à Accra (Ghana), le 11 juillet 2009. Une manière pour ce grand homme politique de nous faire comprendre que la responsabilisation de nos institutions serait un grand pas vers un développement durable et une cohésion sociale totale. Le Centrafrique a cette habitude de négliger ses institutions phares dans le processus de développement. La crise répétitive centrafricaine a fait perdre à ses institutions nationales leurs valeurs intrinsèques, disent certaines voix dans les couloirs des colloques internationaux. En cette heure où tout peut s’obtenir par la force des armes au pays de BOGANDA, le retour à l’ordre constitutionnel du 30 mars 2016 appuyé par la communauté internationale a donné la chance au peuple centrafricain de penser à une responsabilisation des institutions de cette république. Les députés centrafricains ont pris leurs responsabilités devant le peuple de vouloir au su et au vu de tous, remettre une pendule à l’heure.

Pour la première fois dans les annales politiques nationales, une courageuse démocratie s’est exprimée au profit de l’intérêt général. Cet acte serait synonyme que le peuple centrafricain ne veut plus rater les occasions de faire valoir ses droits républicains. C’est donc un désir d’avoir des institutions fortes et qui défendent les intérêts nationaux. Il n’est plus à cacher que la liberté d’expression est d’actualité, écartant de plus en plus le risque quotidien d’en découdre par des conflits. En effet, l’éclatement de plusieurs colères entassées et non exprimées est la première source des tensions conduisant à une instabilité permanente du climat sociopolitique.

Ce déferlement démocratique ayant conduit au changement par le parlement centrafricain, devait être un exemple pour d’autres institutions de la république restées sous les projecteurs de critiques.

Quant à une partie de la population restée traumatisée par l’idée d’une instrumentalisation ayant à cette destitution, aux élus du peuple de témoigner du contraire et de hisser cette institution au summum de la démocratie. De nombreuses décisions restent à être prises pour faire comprendre à tous nos hommes politiques que seul le peuple est détenteur du pouvoir.

 

La justice, l’économie, l’armée, l’éducation, la communication, la diplomatie… ne doivent pas rester hors du sillage de ce désir du peuple de responsabiliser ses institutions.

En rappel, ce premier discours en tant que chef d’état du président M. Faustin TOUADERA : « (…) Je salue les Nations Unies qui ont mis l’ordre en République Centrafricaine par le biais de la MINUSCA et je félicite la Mission pour son appui constant au retour à l’ordre constitutionnel… ». C’est dire que la communauté internationale a fait déjà sa part et il reste à nous de continuer sur ce même élan afin de donner au peuple centrafricain sa raison d’exister. Que la démocratie non violente centrafricaine s’installe et que le peuple continue de faire valoir ses droits sans armes.

 

Seules nos institutions reflèteront l’état de notre nation.

 

Le Centro Rassembleur