L’art qui se définit approximativement comme une activité humaine autonome par la faculté de création d’œuvres faisant appel aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect, a été toujours utilisée dans la dénonciation ou l’appréciation des faits sociaux et de la nature. Il sert aussi de moyens dans la résolution de grands différents surgis dans les sociétés, privilégiant l’entente et la cohésion sociale. Cela lui donne la capacité de rester un facteur non négligeable dans le processus de la paix et du partage dans une nation.
Prenons le cas de la musique, un composant de l’art dans son entier, n’ayant pas de frontières. Le rôle joué par de grands griots africains à réunir différentes familles est reconnue dans nos coutumes en Afrique. La musique adoucit les mœurs dit –on mais elle a encore une autre très grande puissance qui est de faire rapprocher deux bords en conflit. Lors de la crise ivoirienne, les artistes de la chanson nous avaient montré la puissance de l’arme musicale, apportant de la joie, du rire et de la réconciliation qu’ils détenaient à leur nation.
Ce phénomène prend de l’ampleur, s’incrustant progressivement dans les thématiques des artistes musiciens, comme un facteur réconciliant dans la crise que connait le Centrafrique.

Sous nos projecteurs, cet élogieux et patriotique exemple de l’artiste Jean Paul MBELE, connu sous le sobriquet de OZAGUIN.
Le jeune artiste musicien centrafricain Ozaguin fait partie des musiciens les plus écoutés des Centrafricains. En effet, ses sons, parole, genre, rythme et instrumental, influent dans la prise de conscience collective en faveur de la paix.
Son parcours est riche en expérience artistique. Ayant passé du temps à Brazzaville (Congo) d’où sa maitrise de la langue Lingala, l’artiste- musicien Ozaguin dit OZ intègre le groupe Lakouanga Musica en 2008 comme chanteur avant de créer son propre groupe musical ‘’Nouvelle Ecriture’’. Il a le secret de faire danser la nation centrafricaine avec ses chansons dont les thèmes traitent de faits quotidiens vécus par le centrafricain.
Le soir du samedi 11 novembre 2017, une attaque à la grenade a eu lieu lors d’un de ses concerts, dans un café de Bangui, faisant trois morts et une vingtaine de blessés. Mais au-delà de ces épisodes dangereux qu’il risque, OZ continue de faire chanter et danser les populations centrafricaines, celles de l’intérieur comme de la diaspora, avec courage et sans peur, voire au dépend de sa vie.
Le chantre de la Rumba centrafricaine Ozaguin a affirmé un jour que l’arme de l’artiste, ce sont les messages qu’il transmet. Son devoir, c’est de prôner la paix et l’amour.
La jeunesse centrafricaine le suit de près dans son évolution artistique. Cet effet positif constaté lui a permis le soutien de la Mission multidimensionnelle Intégrée de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), pour une tournée de concerts de la paix dans quatorze (14) villes centrafricaines, dénommée ’’Poupou ti siri’’ (vent de la paix) du 31 mars au 22 avril 2018. Cette tournée avait commencé par la ville de Damara, puis Sibut, Bambari, Grimari, Berberati, Baoro et bien d’autres.
Lors de la conférence de presse organisée à l’orée de cette tournée, le mardi 27 mars 2018 au centre culturel Samba Panza de Bangui et avec pour thème : ‘’l’importance de la culture et du sport dans la réconciliation nationale et la cohésion sociale’’, le Directeur de la division de la communication stratégique et de l’information publique de la MINUSCA, M. Herve VERHOOSEL avait souligné que : depuis deux ans, la MINUSCA a accentué son support aux initiatives venant directement des jeunes.
En partant de la logique qui impose que, la valeur d’une œuvre d’art ne se mesure qu’en sa capacité à contribuer à l’avènement d’un monde d’amour et de paix, les artistes musiciens centrafricains sont les seuls à utiliser leurs arts pour aborder tous les sujets afin d’apaiser des cœurs meurtris. Autant la guerre peut faire de dégâts pour diviser, autant les paroles douces émanant des musiciens produiraient sur la conscience collective un même effet pour la réconciliation. La musique reste de ce fait l’une des puissantes Armes de Réconciliation Massive (ARM).
Il n’est pas à cacher que ces artistes œuvrant pour la paix ont besoin d’un minimum de moyens financiers et techniques de production pour de bien conduire leurs œuvres artistiques. Aussi faudrait-il fédérer ces artistes, de toutes les générations, de plusieurs genres (chanson traditionnelle ou moderne), de diverses langues locales sans discrimination pour une action plus élargie et de portée nationale. La quasi-totalité de ces artistes, à travers les paroles chantées, peuvent contribuer à la conscientisation des populations sur leurs devoirs envers leur pays et leurs concitoyens.
Le gouvernement à travers les deux ministères (Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme et le Ministère de la Promotion de la Jeunesse et des Sports) et ses partenaires internationaux sont prêts à soutenir l’art centrafricain dans sa globalité. Il s’en porte garant si cette action peut voler au secours de la paix et de la réconciliation. Aux artistes de veiller au contrôle des paroles véhiculées dans leurs chansons car, en aucun cas le gouvernement promeut une musique d’incitation à la haine ou qui attise des rancœurs.
Il est à noter que l’artiste OZ est présent sur YouTube. Plusieurs de ces feat avec Musicien de renom : l’artiste congolais de Brazzaville ROGA- ROGA, l’artiste sénégalais Youssou N’DOUR, l’artiste centrafricaine Idylle MAMBA, méritent d’être savourés.

Bon vent à tous les artistes centrafricains qui utilisent l’Arme de Réconciliation Massive (ARM) pour contribuer à la paix au pays de BOGANDA !!!

Le Centro Rassembleur