Beaucoup de réactions, beaucoup d’émotions,encore, pis encore… ces temps-ci en Centrafrique !Réactions, émotions peut-être bien légitimes pour certains car allant dans le sens anticonstitutionnel ou contre la justice. Mais tout ce qui est légitime ne peut-il souffrir d’exception ?

A quoi correspondraient l’interpellation puis la gardeà vue de BENINGA CRESCENT, porte-parole du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC) ?

De quels éléments disposent la Police et donc le Procureur pour déclencher et mener cette opération aujourd’hui contestée par plusieurs ?

Approche de l’événement

Tout pouvoir, y compris celui du Professeur TOUADERA, peut et doit être critiqué. C’est normal et c’est d’ailleurs l’un des fondements de la démocratie : la liberté de parole.

Jusqu’à preuve de contraire, des compatriotes critiquent et continuent de critiquer l’Exécutif centrafricain, certainsallant jusqu’à écrire des livres critiques. Jusque-là, nuln’a jamais été inquiété. Alors pour quelles raisons, ce qui est permis à certains du fait de cette même liberté d’expression serait refusé à Beninga CRESCENT?

En effet, Monsieur Beninga CRESCENT n’est pas le seul à avoir critiqué la nomination des membres des groupes armés récemment dans le gouvernement. Iln’est pas non plus le seul à évoquer le problème d’eau dont souffre Bangui depuis des années.

De ce qui précède, si Beninga CRESCENT n’est pas le seul, pourquoi serait-ce seulement lui qui est inquiété par la justice ?

Tentative de réponse

Ce questionnement (qui ne le rend ni coupable, ni innocent) pourrait utilement nous amener à beaucoup de tempérance dans nos réactions et nos émotions exprimées ici et là. Peut-être que ceci n’est pas possible pour tous les acteurs concernés, mais au regard des histoires individuels ou d’une manière particulière, letraumatisme dans lequel nous y ont plongé ces certains depuis de longues années de conflits violents prennent le pas sur le bon sens. Ce faisant, l’arrestation de Beninga CRESCENT ne doit peut-être pas être vuesous l’angle d’une privation de liberté d’expression.

Avec toute sincérité, il y aurait sûrement des raisons qui fondent l’action du Procureur, des raisons que nous ignorons ou pour lesquelles, nous ne sommes pas très disposés à entendre. Nous nous laissons aller souvent à certaines comparaisons. Mais comparaisons, n’est pas raison !

Il faut donc que la justice puisse vite se prononcer sur les faits afin de nous situer.

Ce qui est certain, c’est lle triomphe de la vérité, la nécessité de vite régler la situation afin d’éviter que des interprétations autres ne puissent se développer sans vérification et que, surtout, le calme revienne.

La sagesse nous recommande donc cette exigence :attendre connaître les raisons et le dénouement rapide de la situation avant d’en juger. Elle nous recommande aussi beaucoup de modération et de la retenue dans l’exposé des décisions trop hâtives.

La rédaction