Centrafrique : La France s’appuie sur le Tchad pour une réussite de la feuille de route de l’Union Africaine.

 

Durablement frappé par une crise fratricide, le Centrafrique ne cesse d’être à la première page des journaux. De la France à l’Organisation des Nations Unies en passant par l’Union Africaine, des propositions de sortie de crises se succèdent. Beaucoup de pays, de par le monde, se manifestent pour apporter leurs aides multiformes. C’est dans cette optique que selon une résolution des Nations Unies, la Russie se retrouve militairement en Centrafrique. Se trouvant à un tournant de son histoire, il est impératif pour le Centrafrique de trouver une solution à sa maladie guerrière. L’Union Africaine a jugé mieux de s’impliquer en initiant sa feuille de route pour une sortie de crise. Au début de ce mois d’octobre, nous avons assisté à un soutien sans égal de la France à cette feuille de route se faisant appuyer par Tchad. Allons-nous revivre un retour en force du Tchad dans la résolution de la crise centrafricaine?

 

Quand la maison du voisin brûle il faut l’aider à l’éteindre pour éviter d’être à son tour touché, dit-on en Afrique. Le Tchad s’est toujours impliqué dans les crises centrafricaines et leurs résolutions ont paru éphémères. Partageant une longiligne frontière avec le Centrafrique, le Tchad ne reste jamais en arrière quand une crise militaire sévit dans ce pays. L’homme fort de N’Djamena craint toujours d’être envahi ou contaminé par ce qui détruit le Centrafrique. C’est pour cette raison que les majeures parties des combats militaires ébranlants les pouvoirs de Bangui parviennent d’une très forte participation du Tchad. Une crise s’est installée après le départ de BOZIZE. Comme cette crise perdure malgré les tentatives de résolution, l’Union Africaine a initié un certain nombre de propositions inscrites dans une feuille de route à suivre depuis juin 2017 en parallèle des négociations entamées par les russes. La Russie avait organisé une rencontre entre les protagonistes à Khartoum (Soudan) dans l’espoir de les voir s’entendre, un moyen d’essuyer les larmes tant coulées du centrafricain.  Cette rencontre a été peu suivie par les protagonistes et le gouvernement centrafricain. Certaines langues se délient dans les rues de Bangui pour affirmer que la France est passée par le Tchad pour pousser certains groupes à boycotter cette rencontre. A l’heure où la résolution de la crise centrafricaine se trouve au cœur de certaines rencontres internationales, la France se préoccupe de son influence dans le pays du cœur d’Afrique, une de ses anciennes colonies. Elle n’est pas prête, semble-t-il, de voir la Russie réussir ce qu’elle n’a pas pu faire depuis des années. Elle a choisi de suivre l’Union Africaine.  Et pour faire réussir son approche, il faut l’implication des pays voisins du Centrafrique. Le 18 avril 2018, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Afrique centrale M. François LOCENY FALL a été reçu par son excellence  M. Idriss DEBY à N’Djamena (Tchad) pour solliciter son aide dans le respect de cette feuille de route. Il est à rappeler que l’implication du Tchad en Centrafrique a été toujours mal perçue par les centrafricains et a été toujours à l’origine de beaucoup de remous. La France a réitéré par la voix de son ministre des affaires étrangères  M. Jean-Yves le Drian son soutien à la feuille de route de l’Union Africaine au détriment des négociations de la Russie. Ce ministre français a fait plusieurs déplacements dans la capitale tchadienne et aussi congolaise pour rencontrer les Présidents M. Idriss Deby Itno et M. Sassou N’GUESSOU. Des pressions sont exercées.

Nous souhaitons tous que l’initiative de l’Union Africaine continue son chemin pour atteindre ses objectifs mais que cela ne soit pas la source d’empêchement et de géostratégie impérialiste, un nouveau ring de combat géopolitique franco-russe en quelque sorte.

 

Le Centro Rassembleur