Des groupes armés qui se démantèlent, des réfugiés qui rentrent au pays, des combattants qui rejoignent les forces armées régulières ou encore le retour de l’autorité de l’Etat dans des régions jadis abandonnées … décidément l’Accord de Khartoum semble produire de bons fruits murs aux centrafricains. La justice n’en est pas du reste ! DRN a mené son investigation …

La Cour Pénale Spéciale, instituée par décret présidentiel en 2015 et bénéficiant de l’appui de la communauté internationale, précisément de l’ONU, la Cour Pénale Internationale (C.P.I) et de l’Union Européenne, est une juridiction hybride centrafricaine, chargée de juger les crimes graves de droit international humanitaire et de droits de l’Homme commis en République Centrafricaine depuis 2003. En outre, elle est composée de juges nationaux et internationaux sélectionnés sur des critères stricts de compétences, d’expériences et de moralité.

Depuis le 20 Juin dernier, elle a lancé sa phase officielle d’instruction de plusieurs dossiers « sensibles » ayant traits aux crises centrafricaines. Ainsi, huit (8) mois après son inauguration, elle a annoncé à Bangui, au cours d’une conférence, par la voix de son président, Monsieur Michelle Louanga avoir instruit plusieurs dossiers qui pourraient déboucher d’ici l’an prochain à la tenue de procès. Selon le procureur de cette juridiction, Monsieur Toussaint Muntazini, quatre (4) autres dossiers font l’objet d’une enquête préliminaire et vingt-sept plaintes ont été déposées.

Le Ministre centrafricain de la Justice, Monsieur Flavien Mbata a indiqué qu’aucune identité des personnes visées par cette enquête, qu’ils s’agissent de présumés coupables ou de témoins à charge n’a été indiqué au public car ; « étant donné le caractère sensible de ces investigations, de même que l’état instable de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, un niveau élevé de confidentialité est exigé afin d’éviter une dangereuse exposition des différents intervenants dans ces procédures ». Dès lors, l’on peut également comprendre que le mot d’ordre prôné par le Gouvernement centrafricain sous l’impulsion du Premier Ministre, Son Excellence Firmin Ngrebada devient une évidence : « Ceux qui ont commis des crimes de sang devront répondre devant la justice nationale ou internationale, l’accord de Khartoum ne limitant pas les compétences de la CPS ». 

Malgré les déboires de l’opposition démocratique et de la société civile condamnant l’Accord pour la paix et la réconciliation négocié à Khartoum et signé à Bangui en février dernier, le centrafricain lambda comprendra aisément que petit à petit les choses se mettent en place pour la reconstruction et la réconciliation de notre pays ; car tout comme le chef de l’Etat, le professeur Faustin Archange Touadera l’avait répété à plusieurs reprises : « il n’y aura pas d’impunité ! ». Cette mise en branle de la CPS intervient quelques jours après le lancement des consultations pour la mise en place des comités Vérité, Justice, Paix et Réconciliation, prévus par l’Accord de Khartoum

 

Le Phénix de DRN