Messieurs les responsables des groupes armées… la liste de vos combattants !

L’Accord de Khartoum pour la Paix et la Réconciliation en Centrafrique signé à Bangui en février dernier est déjà vieille de plus d’un (1) mois et la célérité attendue pour sa concrétisation semble aller au ralenti. Oh !

Et pour cause, les autorités centrafricaines ont, au regard des décrets pris en nombre et en quantité entamé la réalisation de leur part notamment en intégrant dans la sphère de l’exécutif et l’équipe gouvernementale, plusieurs représentants et leaders des groupes armés.

Ces décrets ont été critiqués par certains qui estiment d’après leurs analyses que la belle part est faite aux rebelles. Entre nous, le Président TOUADERA a vraiment bien fait les choses !!!

Membres du gouvernement, conseillers à la Présidence, Conseiller à la primature, Conseiller dans les cabinets ministériels, conseillers dans le cabinet du Président de l’Assemblée Nationale, chefs militaires de zone, préfets et sous-préfets, et qui sait bien dans les corps diplomatiques et consulaires etc. Tout semble avoir été fait pour faire de l’inclusivité un véritable chapelet blanc-noir, gage d’une paix à retrouver.

Tout en comprenant la légitimité de ces critiques, DRN a néanmoins souligné comme bon d’autres analystes et observateurs avisés de la situation centrafricaine, que cet accord est bon et peut contribuer sérieusement à ramener la paix.  En tout cas, c’est l’espoir qu’il donne. Ne pas le signer voudrait dire qu’on perpétue la tension, l’occupation de 80% du territoire national par les groupes armés, avec les conséquences sociales, économiques, psychologiques, etc. ; le signer ne signifie pas des retrouvailles automatiques de la paix, mais une chance pour retrouver cette paix. Avec le temps, avec compromis, patiente et abnégation.

Il est donc préférable de demeurer dans cette hypothèse d’une chance.

Si tant est vrai que la mise en œuvre des patrouilles mixtes est attendue comme un signal probant d’une matérialisation concrète dudit accord et de la mise en œuvre du DDRR, il faudrait donc pour cela, que les groupes armés soient tenus de fournir une liste exhaustive de leurs combattants ainsi que leurs localisations. Une telle opération permettra en effet de mieux organiser les patrouilles mixtes et de procéder au temps opportun au cantonnement des combattants.

Mais, de nos investigations, il s’avère qu’à ce jour, aucun des 14 groupes armés signataires n’a encore fournit sa liste.

Sans trouver malice dans ce manquement, pour donner une réelle chance à la paix, il n’est pas pensable d’envisager que des responsables comme Nourredine ADAM du FPRC, de Maxime MOKON, Ali DARASSA etc., refusent sciemment de donner ladite liste. Ils ne peuvent pas, plus verser dans le dilatoire et dire une chose et faire son contraire.

La signature de l’accord de Khartoum et de l’entente d’Addis Abéba, les engage ; et il est certain qu’ils ne se mettront pas ou plus en marge de la légalité républicaine, ce qui peut hélas constituer un véritable manquement à la parole d’honneur donnée.

Nous espérons donc, que très très rapidement, ces différents responsables présents et représentés au sein de l’Exécutif agiront promptement pour fournir la liste de leurs combattants et enclencher la constitution des patrouilles mixtes ainsi que la concrétisation du DDRR.

​​​​​​Jacques MATA. DRNSénégal