Par Pam KOTA WALI de @DRN

Phénomène mondial qui frappe l’Occident, l’Asie et l’Afrique, les pluies diluviennes qui s’abattent actuellement dans le monde ont causé d’importants dégâts matériels et des pertes en vie humaine non négligeables.

La République Centrafricaine n’a pas été épargnée par ces aléas météorologiques. En effet, les intenses pluies qui tombent depuis près de deux (2) semaines ont provoqué la crue de la rivière Oubangui, ce qui a eu pour conséquences, des inondations exceptionnelles dans ce pays déjà en proie à une crise humanitaire d’envergure. 

Ces deux semaines sont éprouvantes pour le peuple centrafricain et les réactions du Gouvernement centrafricain ne se sont pas faites attendre.

La conjonction de pluies exceptionnelles et incessantes depuis une semaine et de la crue décennale de l’Oubangui et ses affluents a provoqué des inondations inédites en Centrafrique. Au moins 28 000 personnes se sont retrouvées sans abri dans ce pays extrêmement pauvre d’Afrique centrale.

« Il y a beaucoup de maisons détruites et de quartiers sous l’eau », a assuré à l’AFP le pasteur Antoine Mbaobogo, président de la Croix-Rouge centrafricaine, au micro de la radio Ndeke Luka.

Dans la capitale, Bangui, qui compte environ un million d’habitants, des quartiers entiers se sont transformés en véritables marécages, témoigne toujours un journaliste de l’AFP. Des maisons en terre ont littéralement fondu sous les eaux et les taxis ont fait place aux pirogues pour transporter les gens à certains endroits. Ainsi les quartiers aux abords de l’Oubangui ainsi que ceux au sud de la capitale ont été particulièrement touchés ; il s’agit des quartiers de Ngaragba, Ouango, Bimbo, Kpetene, Kolongo, etc

Des inondations et leurs conséquences ont également été enregistrée à l’intérieur du pays comme à Bambari et à Mobaye où les principaux cours d’eaux sont sortis de leur lit.

Il faut le rappeler que c’est quasiment presque tous les dix ans que l’Oubangui, la principale rivière du pays, connaît une crue majeure. En 1999, les inondations avaient déjà provoqué d’importants dégâts. Aujourd’hui, le phénomène a été encore aggravé par des précipitations exceptionnelles pour cette saison, en durée comme en ampleur.

Si les grandes pluies ont cessé, le niveau de l’eau continue de monter. L’eau est souillée par les déchets plastiques et solides, ce qui devient source d’inquiétude, notamment pour les enfants exposés à des maladies comme le paludisme. De plus, l’eau potable manque. Il y a des problèmes de latrines, de moustiques, de froid et des risques d’épidémie telles que le choléra, avait déclaré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui à la télévision nationale centrafricaine, la TVCA.

Le 30 Octobre, le Premier Ministre de la RCA, Firmin NGREBADA avait lancé un appel à solidarité nationale et internationale et déclaré le pays en situation de catastrophe. Le Gouvernement a très rapidement évacué les femmes et enfants sinistrés et les a logés au complexe Omnisport de Bangui ou le Ministère de l’Action Humanitaire dirigé par Mme Virginie MBAIKOUA a rapidement pris en charge les déplacés. Le Ministère de l’Urbanisme et la Direction de la protection civile ont par ailleurs lancé les travaux de réhabilitation des résidences détruites et d’assainissement des quartiers. Des partis politiques tels que le MOUNI et le MLPC ont apporté d’important vivres aux sinistrés, ils furent suivis par la Douane centrafricaine et plusieurs ONG internationales.

A l’intérieur du pays, les ministres résidents ont effectué des déplacements au nom du Gouvernement afin de venir en secours aux personnes affectées. Ce fut le cas du Général Henri WANZET, Ministre de la Sécurité Publique qui a porté assistance aux sinistrés de la rivière Ouaka à Bambari la semaine dernière.

Ainsi d’une crise humanitaire à une catastrophe naturelle, le peuple centrafricain ne semble pas épargné, mais sa résilience semble prouver au monde qu’il est fort et déterminé pour continuer d’aller de l’avant.