Faustin Archange Touadéra promet deux mois d’arriérées de salaire aux fonctionnaire

L’annonce solennelle a été faite par le Président de la République, Faustin Archange Touadera à l’occasion de son traditionnel message de fin d’année à la nation centrafricaine. Il a annoncé une nouvelle enivrante qui a mis du baume au cœur des fonctionnaires et agents de l’Etat qui attendaient depuis fort longtemps le paiement ou encore l’apurement des arriérés de salaire que traînaient les régimes d’alors, Kolingba et Patassé. Beaucoup de ces travailleurs sont certainement décédés et peut-être serait-ce leur héritage à leur progéniture. L’attente était si longue si bien que le désespoir a gagné tout le monde.

Ce qui fait penser que l’année 2019 sera radieuse pour tout le monde avec ces plans pour réduire en partie les inégalités sociales endémiques. A l’époque, en renversant Ange Félix Patassé en 2003, François Bozizé a gelé les arriérés de salaire cumulés par Patassé et Kolingba pour ne s’occuper que de sa gestion. Pour mettre en pratique cette stratégie, moult négociations avec les partenaires sociaux, ont réussi à obtenir un moratoire de trêve de grogne avec les centrales syndicales.

Mais cette fois-ci la décision de Touadéra n’est pas fortuite. Il est acculé depuis un certain temps par l’unique centrale syndicale dynamique, très active, le Groupement Syndical des Travailleurs de Centrafrique (GSTC) de Firmin Zoh Ponguélé  qui formule des revendications légitimes. A la veille des fêtes de fin d’année, une notification de préavis de grève de huit (8) jours est déposée sur le bureau du gouvernement. Subitement, le GSTC change le fusil d’épaule pour ordonner la grève des enseignants pour une durée de 3 jours renouvelables jusqu’ à la satisfaction générale.

 

Réchauffer le panier de la ménagère

Les syndicalistes insistent sur plusieurs points à savoir la signature du décret d’application du statut général de la fonction publique qui aura pour conséquence heureuse l’augmentation des salaires des fonctionnaires et agents de l’État de 40%. Cette réévaluation concerne également les pensions des retraités. La suppression des abattements de salaires, la création d’une caisse autonome des pensions, et enfin le paiement sans condition de tous les arriérés de salaire pour que les travailleurs poussent un ouf de soulagement après d’année de labeur et de souffrance. Pendant que les armes des groupes armés crépitent sur le terrain, les travailleurs centrafricains meurent d’inanition. Ce qui est paradoxal à la vision des autorités du pays qui peinent à traduire dans les faits la profession de foi du chef de l’État sur la base à laquelle il est élu par ses compatriotes

A titre de rappel, en 2018, le GSTC dans sa lutte inlassable pour la défense des intérêts des travailleurs, a fait baisser l’échine au gouvernement qui décida de payer les arriérés de salaire de Michel Djotodia et une partie de ceux laissés par Patassé. Ce fut une bouffée d’oxygène. Touadéra, depuis son élection, ne totalise pas d’arriérés de salaire et les factures des prestataires de l’Etat ne souffrent plus dans les tiroirs des agents véreux. Sans précision de date, nous osons croire qu’en plus du salaire de janvier 2019, les travailleurs pourront prétendre à cette promesse. Concomitamment cette nouvelle réchaufferait le panier de la ménagère.  Une victoire collective dont le triomphe revient au GSTC. Les remerciements, à en croire l’opinion publique, fusent de toutes parts.

Ben