Suite aux récentes publications polémiques concernant Moustapha Saboune, responsable de la coalition SIRIRI, Dandara Reconciliation News (DRN),a souhaité, pour une meilleure appréciation du public, recevoir également son point de vu.
L’interview conduite par son envoyé spécial William Ndjapou répond à l’exigence que s’est donnée DRN, permettre à ses lecteurs d’avoir l’information la plus complète possible, afin de mieux forger son opinion.

D.R.N a donc mené cet interview afin de rétablir les faits et permettre l’expression d’un compatriote. Ainsi, notre envoyé spécial, William Ndjapou nous rapporte les propos de notre invité du jour.

William Ndjapou (W.N) : Bonjour Monsieur Saboune et enchanté. Merci de nous recevoir en cette soirée, entre deux vols.

Moustapha Saboune (MS) : Le plaisir est mien et je remercie votre presse en ligne de me donner l’occasion de m’exprimer auprès de nos compatriotes.

WN : Prière vous présenter, votre parcours scolaire et professionnel notamment

MS : Je suis Moustapha Saboune né en 1964 à Carnot (République Centrafricaine), de père centrafricain, lui-même né en 1933 à Birao (précisément à Kara) et de mère tchadienne naturalisée centrafricaine bien avant ma naissance. Mon grand père est parent et compagnon de lutte du Sultan de Birao, Moustapha Angabo paix à leurs âmes C’est fort de ce lien de fraternité, qu’à ma naissance mon père m’a fait porter le nom du Sultan Moustapha Angabo dont je suis fier. Par solidarité à son père, le Sultan actuel de Birao Ahmat Moustapha m’appelle amicalement « Abi » (papa en langue locale). Mon placenta, comme le veut la coutume a été enterré en Centrafrique et je n’ai pas à me justifier sur ma nationalité, et s’il y en a qui veulent en faire un test d’ADN sur mon lieu de naissance, alors ils ont toutes les données.

S’agissant de mes parcours scolaires et universitaires, j’ai fait l’école maternelle à Malimaka, une partie de mes études primaires à Malimaka et à l’école sous préfectoral de Boda par la suite, je fus admis au Lycée Barthélémy Boganda de Bangui. Après le Bac j’ai eu la chance d’obtenir une bourse d’étude familiale pour le Canada. À la fin de mes études universitaires au Canada, je me suis remarié avec une canadienne avec qui nous avons eu trois enfants et conséquemment, je me suis naturalisé canadien par le biais du parrainage.

Mon cheminement professionnel, après mes études universitaires au Canada, j’ai travaillé Chez Saargummi Inc à Magog (Québec), par la suite j’ai travaillé pour le compte de la compagnie Natro-Mines Inc et chez OCDIA. En 2013, j’étais le Directeur Général de l’Agence de régulation de télécommunication (ART) de Centrafrique dont j’ai obtenu en 2014 en Corée du Sud la médaille de bronze de l’Union internationale de télécommunication (UIT) pour la RCA. Comme distinction nationale, j’ai la médaille de commandeur national dans l’ordre du mérite national centrafricain.

WN : Que pensez-vous de l’Accord de Khartoum ?

MS : L’accord signé à Khartoum a vu la participation de tous les groupes armés avec la participation des partenaires de haut rang de la RCA. C’est donc un excellent accord qu’il faut  préserver pour que la RCA retrouve definitivement la paix, et ce, quel qu’en soit le prix à payer.

WN : Que pensez-vous de l’impunité et quelle est la place des victimes des crises centrafricaines ?

MS : Ma compréhension de l’impunité est l’absence de punition pour les auteurs d’un crime quelconque. Ce qui n’est pas logique, ni juste !

La place à donner aux victimes de la crise serait de rendre justice, sous une forme ou une autre, et ce n’est pas à moi d’en déterminer la forme toutefois les centrafricains en décideront le moment venu, s’ils doivent procéder à la rwandaise c’est-à-dire se pardonner et essayer de tout oublier ou procéder autrement. Il faut aussi et dans la mesure du possible, dédommager les victimes.

WN : Plusieurs articles sur le net, ont parlé de vous comme citoyen tchadien et candidat à des élections municipales au Canada.

MS : Je confirme que j’étais candidat aux élections municipales au Canada en tant que Canadien puisqu’un étranger ne peut pas s’y présenter, ni même voter.  Dire que j’étais candidat en tant que tchadien suggère donc que les internautes qui ont rapporté ces informations telles formulées, doivent vérifier leurs sources.

De ce qui précède, vous êtes dès lors situé sur ma nationalité en lien avec ma candidature aux élections municipales au Canada.

WN : On parle de vous comme un potentiel « premier ministre » en remplacement de celui qui vient de démissionner. Avez-vous mené des démarches dans ce sens auprès du chef de l’Etat centrafricain ?

MS : Si je devais être PM en RCA, ce sera le cas en en tant centrafricain de naissance, je ne pense pas être le seul centrafricain à avoir la double nationalité dans notre pays.

Je suis fier d’entendre que mon nom ressort comme un POTENTIEL PM de RCA, et ce, plus récemment encore. Je n’y peux rien, vu que les autres m’ont déjà évalué, et qu’on ne peut se juger soi-même. Un candidat au baccalauréat  ne peut corriger sa copie soi-même, alors fions- nous au travail des évaluateurs qui ont porté ce jugement à notre connaissance. Ils ont peut-être vu les traces que j’ai laissées à l’ART et ailleurs, puisqu’il n’y a pas de fumées sans feu.

WN : Nous vous remercions pour votre temps

MS : C’est moi qui remercie Dandara Réconciliation News pour cette démarche.