Lorsque certains « acteurs » enveniment et entretiennent le sentiment anti-français

L’heure est grave en République Centrafricaine, plus grave encore à Bangui ou au sein de la Diaspora dont l’accès facile à l’internet, permet l’animation et l’aggravation de la démagogie, de la diffamation, le parjure et tant d’autres vils débats, teintés d’amertume sans doute, ou alors dédain, de rancune, de haine et de jalousie.

Il y a de cela quelques mois à peine, alors que nombre de polémiques fustigeaient le chef de l’Etat et les actions gouvernementales, quelques mois à peine où la désinformation était réhaussée en une entreprise malicieuse, le Haut Conseil de la Communication avait dû prendre une décision énergique, mettant en garde tout contrevenant qui animait la haine, de sanctions pénales. C’était dans ce même courant que l’association des bloggeurs centrafricains avaient lancés le fameux mouvement anti fake news. Résultats mitigés, mais concrets qui avaient permis d’apaiser les tensions de l’époque.

Malheureusement les Centrafricains ont souvent la mémoire courte et les bonnes habitudes du moment semblent être les exceptions aux règles de « bonnes mœurs ».
C’est ainsi que depuis quelques semaines, l’on assiste de-ci de-là à une situation sans précédente en Centrafrique. Partout, l’on ne parle que de la responsabilité de la France dans le chaos centrafricain ! Les diplomates Français sont fustigés par les médias en ligne et journaux. Le pic est atteint lorsque la télévision camerounaise Vision 4, présente en Centrafrique a prit position lors d’un débat en accusant directement la France de tous les maux, mais surtout en tentant de mêler la présidence centrafricaine dans son témoignage à charge.

Ces faits auraient pu être isolés, mais non ! L’on peut voir sur les pages officiels de quelques responsables, des posts à caractère anti-français sans l’ombre de la plus élémentaire des nuances dues aux règles diplomatiques. Mais le comble est atteint quand certains ont cru bon d’introduire des propos anti-français dans le discours du Chef de l’Etat pour laisser croire qu’une crise serait déjà au plus haut niveau.

Quand cela ne tienne, disons-le très clairement, la France n’est pas exsangue de critiques dans ses relations avec la Centrafrique, mais bien plus encore, avec plusieurs pays d’Afrique. Il est donc normal que des acteurs puissent réclamer la transparence et dénoncer quand ils l’estiment nécessaire, le rôle de tel ou tel autre acteur en Centrafrique, fut-il, la France.

Donc, il ne s’agit pas ici de dire que la France est parfaite et qu’elle ne doit ni ne peut être critiquée. Au contraire.

Ce qui est ici dommageable, c’est que nous ne comprenons pas pourquoi certains acteurs ne parviennent refléter à travers leurs propos, la responsabilité, la déontologie, l’éthique diplomatique, etc., mais au contraire, semblent être munis d’une volonté d’exacerber les relations entre les deux Etats. Ceci rend t-il service au pays ? au Chef de l’Etat ?

Pour peu qu’on le sache, la France a toujours été aux cotés de la République Centrafricaine, tant militairement qu’économiquement, c’est un partenaire privilégié avec lequel la RCA partage une histoire commune, mais avec des zones d’ombres et certaines pratiques qui doivent définitivement être abandonnées. Au tant nous nous opposons à une sorte de France Bashing, autant, il est important de souligner que la République Centrafricaine a certes besoin de la France, mais ce besoin ne peut plus être exclusif et la France doit aussi davantage œuvrer pour des relations qui respectent la souveraineté du pays.

«  L’arrivée des Russes ne peut être vue comme un signe de reniement de la France, mais doit plutôt être considérée comme un plus, un ajout à la longue liste des partenaires de la RCA ».

La France a été applaudit avec l’arrivée de la Sangaris pour mettre un terme à la folie meurtrière en cours. Pour le citoyen lamda, si les Russes sont venus, c’est que la France est partie. Il ya sans doute des aigris également du côté d’une certaine France qui voient mal la présence russe et rivalisent également avec la diffusion de rumeurs accusatrices et déstabilisantes.

La Centrafrique a besoin d’une France engagée à ses côtés pour son redressement, pour faire entendre aux groupes armés, la voix de la raison, pour appuyer le pays dans ses différentes relations diplomatiques. La Centrafrique n’a point besoin d’une tension réelle ou supposée avec la France ; d’une accusation qui laisserait croire que la France manipulerait les médias internationaux, les groupes armés, certains pays limitrophes pour déstabiliser le pouvoir de Bangui.

La réussite de la réconciliation en RCA et le redressement du pays seraient immanquablement aussi bien une victoire centrafricaine, que française, que tchadienne, que gabonaise, que camerounaise, que congolaise, etc. C’est dire que la paix en Centrafrique est une richesse qui sera utilement partagée avec tous les partenaires. De même, il est tout aussi évident que si la RCA demeure ou est rendue instable, d’une façon ou d’une autre, les pays limitrophes en seront également héritiers, tout comme la France.

Aussi, s’il demeure des acteurs qui veulent développer des campagnes hostiles à l’égard de tel ou tel autre pays, que bien leur plaise. Mais chercher à mêler le chef de l’Etat centrafricain à un conflit qui n’existe pas, pourrait avoir des conséquences désastreuses dans sa politique de reconstruction du pays.

Enfin, il est très aisé de dénoncer les autres, mais ne l’oublions jamais, les tous premiers responsables de notre situation, se retrouvent dans le miroir de chaque Centrafricain.

LE PHENIX