Des signes d’un traumatisme encore vivace après le 1er Décembre.

Ce que relève la mini crise en Centrafrique autour de la commémoration de la date du 1er décembre, semble beaucoup plus profond que cela n’a l’air.

D’une part, un peuple qui a connu la guerre, une guerre imposée, une guerre incomprise, un peuple toujours martyrisé par des groupes armés qui se jouent de lui tout en feignant d’aller à la table de la négociation. Ces groupes armés continuent de sévir en occupant la majeure partie du territoire dont ils exploitent illégalement les richesses.

D’autre part, nous avons affaire à un pays sans armé, un pays en reconstruction, un pays où différents acteurs : les politiques, les religieux, les chefs coutumiers, les acteurs de la société civile, les journalistes, les membres de la diaspora, se sont engagés résolument pour que la paix revienne.

En effet, malgré le retour de l’ordre constitutionnel, les efforts du gouvernement, même s’ils sont loin de satisfaire les Centrafricains, commencent tout doucement à porter ses fruits.

Tout le monde attend le fameux énième dialogue entre le gouvernement et les groupes armés pour espérer la matérialisation de la paix. Les équipes gouvernementales sont prêtes, les groupes armés aussi se disent prêts. Reste la date à fixer par l’Union Africaine, ce qui ne devrait plus tarder. Mais, est-ce vrai ?

Les majorettes

Et comme si cela ne suffisait pas, voici qu’aujourd’hui le peuple se divise encore autour de la question de la célébration de l’anniversaire de la proclamation de la République?

Pour ou contre la position de l’épiscopat centrafricain, d’autres événements, contestations, setting etc. s’y greffent.

Nul ne peut nier le rôle du Cardinal NZAPALAINGA dans ses multiples efforts de ramener la paix en RCA. C’est d’ailleurs dans cette optique, qu’en parfaite articulation avec le gouvernement, il s’est rendu à Alindao.

Que s’est- il donc passé après son retour ?  Une déclaration de la Conférence des Evêques Centrafricains, suivie d’une conférence de presse… ont tristement déchiré les populations au lieu de les réunir. Alors que le gouvernement, après avoir décrété trois jours de deuil et envoyé des aides aux populations d’Alindao, entendait maintenir la cérémonie du 1er décembre, tandis que l’épiscopat, rejoint par certains hommes politiques centrafricains, appellent à ne pas s’associer à cette journée.

Du coup, dans des familles, dans les cercles amicaux, dans les rangs politiques, dans les communautés religieuses, au sein de la société civile, etc. cette célébration a divisé.

Qu’il s’agisse du gouvernement ou de l’épiscopat, le vrai sacerdoce serait de poursuivre les bonnes œuvres auprès des populations. La tâche est toujours difficile, mais c’est certainement en se réconciliant en premier qu’ils auront donner bon témoignage au peuple et produire des résultats concrets qui tairont l’incident.

En définitive, nos autorités civiles et religieuses doivent rester au-dessus de la mêlée pour un retour rapide de la paix. Un appel conjoint par exemple à l’apaisement grandira les deux parties.

Ousmane DAN FARIMA,

Correspondant DRN Cameroun