L’insécurité bat son plein en Centrafrique depuis le début de la crise militaro-politique de 2013. Ces derniers temps, malgré les efforts entrepris par les autorités actuelles, elle s’est accentuée. Cette situation qui devait interpeler chaque fils et fille de Centrafrique, est analysée dernièrement par le Président de République, Faustin Archange Touadéra, lors de sa rencontre avec les forces vives de la nation au Palais de la Renaissance. Les propos du Président se résument à : – ne pas céder à la peur, – doubler de vigilance face aux fossoyeurs de la paix.

 

En partant de la définition de la peur comme une émotion pénible produite par l’idée ou la vue d’un danger, le discours du Président pédagogue se voulait d’abord sémantique. Quant à la vigilance, il le définit comme une attention que l’on porte avec diligence sur quelque chose ou sur quelqu’un. Et surtout dans l’optique de se mettre à l’abri des dangers et rumeurs, des manipulations de tout genre.

Et si l’on essaie de replacer cette approche définitionnelle dans la quotidienneté des Centrafricains, il y a de quoi à féliciter le Président dans le choix de ces mots. Tous les esprits convergent vers pour une possible et rapide sortie de crise ; mais c’est en chassant la peur et en s’armant de vigilance qu’on pourra y arriver.

Quoi de plus normal d’avoir peur lorsqu’on est en position de faiblesse ? Mais ce qu’il faut noter c’est que, cette peur doit constituer une prise de position pour affronter le danger qui est en face et non comme un signe de faiblesse. De mieux en mieux ce courage d’affronter le danger en face s’installe dans la société Centrafricaine. Voilà pourquoi tout porte à croire que ce sens du patriotisme triomphera de la peur et qu’en place l’unité nationale renaitra.

Longtemps, bon nombre de Centrafricains ont peur de tout ce qui se passe et de l’insécurité qui prévaut dans le pays. D’autres commencent à comprendre qu’il est temps de franchir le cap de la peur vers celui de la vigilance en gardant sa sérénité.

Dans ce message aux forces vives de la nation, le Président de la République appelle les Centrafricains à la vigilance et à ne pas se laisser entrainer par la vague des rumeurs qui émanent des profiteurs de la crise.  Nous le lisons dans ces propres termes : « je demande à toute la population Centrafricaine de garder son calme, de vaquer à ses occupations, de ne pas écouter les rumeurs qui circulent, alimentées par des personnes de mauvaises de foi. »

 

Spécifiant l’opération qui a débuté au km5, le Président affirme qu’elle continuera son cours jusqu’à atteinte de son objectif qui est celui de libérer les populations civiles prises en otage par certains groupes de bandits qui se réclament des groupes d’autodéfenses dans le troisième arrondissement.

 

Eu égard au sens de ce message présidentiel, il n’est plus question depuis de politique politicienne à Bangui mais plutôt de l’émergence d’un patriotisme qui se nourrit par. le courage et la détermination dans la ville de Bangui d’en finir avec ceux qui nuisent à la paix et la reconstruction nationale. Plus de peur, mais place au courage et à la vigilance. Aucun centrafricain souhaite revivre les évènements de la séléka de 2013. Plus de coup de force mais place à la force de l’unité nationale pour le développement de ce pays.

C’est ce qui ressort clairement de ce discours du Chef de l’Etat en ce début de week-end du 20 avril 2018.

On peut affirmer sans risque de se tromper que le Président a reconquis le cœur des Centrafricains dans leur majorité et leur a promis de tout mettre en œuvre pour que plus jamais des évènements tels qu’ils ont vécu en 2013, n’arrivent. Il veut désormais tout en restant ferme, faire aboutir le processus de paix et la tranquillité dans un esprit de dialogue et non de guerre :

« On ne peut pas diriger un pays contre la volonté du peuple.

Le peuple veut la paix !

Le peuple veut le développement !

Entendons-nous, dialoguons, trouvons la paix entre nous !

Éloignons-nous de la guerre !

La guerre ne construit pas un pays, mais le détruit.

Comprenons cela une fois pour toute. »

Ben