Par Kota Wali

La paix est un chemin long et sinueux, ardu et semé d’embuches. Elle nécessite une bonne volonté, de la patience et du temps. C’est exactement ce dont ont besoin les centrafricains et leurs leaders : faire preuve de patience, de tolérance mais surtout d’une bonne volonté pour la paix.

Depuis plusieurs jours en effet, l’actualité nationale est marquée par la crise de Kaga-Bandoro. Tout a commencé par une réunion organisée par les autorités préfectorales centrafricaines et la force onusienne dans l’ex Fort-Crampel avec les principaux groupes armés opérant dans la région, en ce début de mai, afin de leur annoncer l’arrivée prochaine des forces armées centrafricaines (FACA). La réunion s’était soldée sur une bonne entente. Le dimanche 6 mai dansl’après-midi, un convoi des soldats FACA, escortés par les soldats burundais de la Minusca, ont fait leur entrée dans la ville de Kaga-Bandoro. Mais contre toute attente, ils ont quitté la ville quelques heures plus tard. Si leur arrivée dans la ville a été saluée par la population locale, les soldats FACA, déployés à Kaga-Bandoro suite à l’accord de Khartoum, ont malheureusement rebroussé chemin quelques heures plus tard sans raison apparente. Selon des informations de sources militaires, les FACA se sont repliés dans la ville de Dékoa à la demande du chef du gouvernement Firmin NGRÉBADA.

 Le 12 mai, par la voix de son Coordonnateur Général, le Conseil National de Défense et de Sécurité (CNDS) du Front Patriotique pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), signataire de l’Accord de Khartoum condamne ce qu’il appelle l’« incursion » des FACA en zone sous leur contrôle en flagrante violation de l’Accord de Paix de Khartoum. Selon ce dernier, le Gouvernement centrafricain a violé l’article 16 dudit Accord de Paix qui dispose qu’un « arrangement sécuritaire recommandant la mise en place des unités spéciales mixtes composées en majorité des membres des ex-groupes armés, des FSI et des Forces de défense dirigées par un Etat-major de cette force, qui solliciteront si nécessaire l’appui technique de la MINUSCA ». Ainsi, le FPRC ademandé au Gouvernement de mettre en œuvre cette disposition d’un arrangement sécuritaire temporaire et le déploiement des unités mixtes et non un déploiementunilatéral des FACA.

Le lendemain, un communiqué du MPC autre mouvement signataire de l’Accord de Khartoum a confirmé les déclarations du FPRC et déployé ses éléments aux abords des entrées de la ville afin de contraindre si besoin est, par la force, une nouvelle incursion des FACA.

Enfin, un autre mouvement opérant dans la région, la Séléka Rénovée pour la Justice et la Paix a fait savoir par l’entremise de son principal allié le Mouvement National des ex Libérateurs, non signataire de l’Accord de Khartoum qu’il s’oppose à tout déploiement des FACE tant que ses représentants ne seront pas intégrés au sein de l’Exécutif centrafricain comme cela a été prévu par l’Accord de Khartoum et appliqué à certains groupes armés.

Ce mercredi 15 mai 2019, une délégation est attendue à Kaga-Bandoro afin de décanter la situation. Elle est composée de plusieurs ministres du Gouvernement dont ceux issus des groupes armés. Elle a pour mission de lever les incompréhensions et permettre le déploiement des FACA dans la localité. D’ores et déjà, les groupes armés affirment avoir établi leur liste pour les brigades mixtes de sécurité et préparés des revendications.

L’Accord de Khartoum qui semblait être mis à mal à chaque avancée, tient petit à petit le coup de par la volonté et l’ouverture au dialogue du chef de l’Etat centrafricain, le professeur Faustin Archange TOUADERA, qui ne ménage aucun effort pour le retour à la paix durable en République Centrafricaine.

Tout est bien qui finit bien. Le samedi 18 mai, après la première tentative avortée du 05, le FACA sont enfin de retour à Kaga-Bandoro. La négociation et la patience a triomphé de la guerre et la violence aveugle.

Bon vent à l’accord de Khartoum.

Pam